Castle Frank

Castle Frank était une concession de terre dans la ville coloniale de York, achetée par John Graves Simcoe au nom de son fils Francis en 1793. Une maison en rondins construite sur le site a également porté ce nom. Aujourd’hui, Castle Frank est encore le nom d’une rue, un ruisseau et une station du métro de Toronto.

Francis Simcoe

À l’origine, Castle Frank est la résidence d’été du premier lieutenant gouverneur du Haut-Canada, John Graves Simcoe, qui l’a baptisée en l’honneur de son fils, Francis Gwillim Simcoe. Celui-ci est né le 6 juin 1791 près de Honiton, Grande-Bretagne, peu de temps avant que son père soit commissionné lieutenant-gouverneur et qu’il parte pour le Canada avec sa famille. Francis est le premier fils du couple, Elizabeth Simcoe ayant déjà donné naissance à cinq filles.

En 1793, John et Elizabeth, avec Francis et deux de leurs filles, s’installent à York, où ils vivent sous des tentes.

Construction de Castle Frank

John Simcoe veut une résidence d’été au nord de la ville. Il obtient une concession de 200 acres à l’extrémité ouest de la vallée de la rivière Don, au sud de l’actuelle rue Bloor. La concession de terre gratuite est inscrite au nom de son fils, Francis.

Lieutenant-gouverneur John Graves Simcoe
Tableau de George Theodore Berthon, vers 1891.
Elizabeth Simcoe, auteure d
Elizabeth Posthuma Simcoe, 1799, aquarelle (avec la permission des Bibliothèque et Archives Canada).

Au sujet de la propriété, Elizabeth Simcoe écrit : « Nous […] escaladâmes une côte excessivement escarpée, ou plutôt une série de collines en pain de sucre, et nous choisîmes l’endroit le plus élevé, d’où nous surplombions les sommets de grands arbres […] il y a de grandes plaines couvertes de pins tout autour, où je peux, le sous-bois étant dégagé, marcher ou chevaucher […] »

John Simcoe fait défricher par ses soldats une zone suffisante pour ériger un bâtiment en rondins de pin. Selon le site Internet Toronto Then and Now, le bâtiment est réalisé « sur le modèle d’un temple grec classique. Il y avait des portiques de chaque côté de la maison, tous deux soutenus par des colonnes d’une hauteur de 16 pieds, réalisés en troncs de pins écorcés. Quatre fenêtres se trouvaient de chaque côté de la maison […] »

La maison bénéficie d’une une vue imprenable sur la vallée de la Don. Le marbre n’étant pas disponible pour les colonnes, les constructeurs « utilisèrent les troncs de quatre grands pins bien assortis et sans écorce », rapporte John Ross Robertson, l’éditeur du journal d’Elizabeth Simcoe. L’intérieur n’est pas aussi raffiné et comporte deux pièces, disposant chacune de son propre foyer. Les murs extérieurs de la construction ne sont pas peints.

Un chemin est ouvert dans la forêt pour relier Castle Frank à la ville de York. Ce chemin sera plus tard intégré à l’actuelle rue Parliament à Toronto. On peut aussi se rendre à Castle Frank en empruntant la rivière Don, en traîneau lorsqu’elle est gelée en hiver ou en canot pendant l’été puisque le niveau d’eau y est beaucoup plus élevé.

Castle Frank après les Simcoe

La famille Simcoe quitte le Canada en 1796. Francis a cinq ans à ce moment. Il ne revoit jamais la maison d’été qui porte son nom. Francis se fera plus tard acheter une commission d’officier dans l’armée britannique, et il mourra en 1812 dans une charge d’infanterie, pendant le siège de Badajoz, en Espagne.

Après le départ des Simcoe, Castle Frank dépérit.

John Ross Robertson écrit dans The Diary of Mrs. John Graves Simcoe : « Après le retour du gouverneur Simcoe en Angleterre, Caste Frank fut occasionnellement utilisée par le président Peter Russell et sa famille pour un pique-nique, une excursion de groupe ou un bal […]. » Peter Russel est l’administrateur provisoire du Haut-Canada jusqu’à la nomination du prochain lieutenant-gouverneur, en 1799. Plus tard, il donne au capitaine John Denison, un officier de la milice anglaise, la permission de s’installer à Castle Frank pendant son séjour à York.

En 1803, le colonel Thomas Talbot visite Castle Frank et note que la résidence est inhabitée et « tombe en ruines ». Elle a aussi été vandalisée.

Pendant le pillage de York, en 1813, des soldats américains remarquent le nom de Castle Frank sur une carte. Croyant qu’il s’agit d’un vrai château, ils se rendent sur les lieux, pour ne découvrir qu’une grande cabane en rondins toute pourrie.

Selon John Robertson, Castle Frank est utilisée en 1829 par des « pêcheurs amateurs » qui y mettent accidentellement le feu, la détruisant entièrement.

Héritage

Finalement, les descendants de John Graves Simcoe vendent ses possessions au Haut-Canada. John Scadding achète une partie des terres de Castle Frank, et son fils en donne plus tard une partie au cimetière St.James.

Sir Albert Edward Kemp, député conservateur du Parlement et ministre de la Milice pendant la Première Guerre mondiale, construit un manoir de 24 pièces au nord du site original. Il baptise sa résidence Castle Frank en mémoire de l’histoire locale. La maison est détruite en 1962 pour céder la place à une école, aujourd’hui appelée Rosedale Heights School of the Arts.

En 1966, la station de métro Castle Frank est ouverte à l’intersection de la rue Bloor Est et de Castle Frank Road. Un ruisseau situé non loin de là porte le même nom.

Un monument historique est installé en 1954 dans le petit parc du viaduc Prince-Edward afin de marquer l’emplacement original de la cabane Castle Frank.



Lecture supplémentaire

  • The Diary of Mrs. John Graves Simcoe; Wife of the First Lieutenant-Governor of the Province of Upper Canada, 1792–6,With Notes and Biography by J. Ross Robertson (1911)