Charles A.E. Harriss

Charles Albert Edwin Harriss, compositeur, imprésario, pédagogue, organiste, maître de chorale, et chef d'orchestre (né le 16 décembre 1862 à Londres, en Angleterre; décédé le 31 juillet 1929 à Ottawa, en Ontario).

Charles Albert Edwin Harriss, compositeur, imprésario, pédagogue, organiste, maître de chorale, et chef d'orchestre (né le 16 décembre 1862 à Londres, en Angleterre; décédé le 31 juillet 1929 à Ottawa, en Ontario). Charles A.E. Harriss était un ambitieux et infatigable défenseur de la musique au sein de l’Empire britannique. Après avoir acquis sa formation d’organiste et de maître de chorale dans des cathédrales anglaises, il est nommé dans des églises à Ottawa et à Montréal. Directeur honoraire des examens Associated Board of the Royal Schools of Music et premier directeur du McGill Conservatorium, Charles A.E. Harriss organise d’énormes chorales et un grand nombre de concerts et festivals au Canada et à l’étranger. En 1903, il organise l’important Cycle des festivals de musique. En 1924, il devient directeur musical de la British Empire Exhibition à Wembley (Londres, en Angleterre). Plusieurs de ses compositions sont interprétées dans tout l'Empire britannique et ont depuis été publiées par la Société pour le patrimoine musical canadien.

Éducation et début de carrière

Le fils d'Edwin Harriss, musicien anglais qui oeuvra à Montréal comme o. m. c. à l'église Saint James the Apostle (1883-1886), Charles Harriss fut éduqué selon la tradition des cathédrales anglaises par sir Frederick Ouseley au Saint Michael's College, Tenbury (1873-1875). Par la suite, il occupa des postes d'organiste et chef de choeur à Reading et à Welshpool. Sur la recommandation d'Ouseley, il fut nommé organiste à l'église Saint Alban the Martyr à Ottawa, en 1882. Il se fixa à Montréal en 1883 à titre d'o. m. c. à la cathédrale Christ Church et ensuite, succéda à son père comme o. m. c. à Saint James the Apostle (1886-1894).

Points saillants de sa carrière

Charles et son père donnèrent des récitals conjoints à Montréal dans les années 1880, fondèrent une société chorale et de madrigaux et enseignèrent à titre privé. En 1891, Charles fit une tournée sur la côte ouest des États-Unis puis se produisit comme organiste à Victoria, Colombie-Britannique. Son mariage avec une femme très riche (1897) lui permit de donner libre cours à ses talents d'organisateur de manifestations et de festivals grandioses, comme de satisfaire son goût pour les lointains voyages et son ambition de voir ses compositions publiées. En 1900, Mme Harriss fit l'acquisition d'Earnscliffe, l’ancienne résidence à Ottawa de sir John A. Macdonald, laquelle devint le foyer permanent des Harriss et le lieu de somptueuses réceptions. Nommé directeur honoraire des examens de l'Associated Board of the Royal Schools of Music en 1903, il fut également premier directeur (1904-1907) du McGill Conservatorium (Université McGill) de 1904 à 1907, poste sans rémunération aucune.

Selon le compositeur Percy A. Scholes, Harriss est « un véritable Napoléon musical – toujours engagé dans une campagne musicale quelque part ». Il organisa des concerts dans plusieurs localités canadiennes où la musique était alors un luxe. Il organisa la tournée pancanadienne de Dame Emma Albani en 1896, fit venir la Dan Godfrey's Band d'Angleterre pour une tournée au Canada (80 concerts) et aux États-Unis en 1899, et amena en Amérique du Nord plusieurs artistes britanniques. Il mit sur pied et organisa le Cycle des festivals de musique du Dominion du Canada de 1903. Il forma un choeur à Montréal, la Philharmonic Union, qui fut actif en 1906 et 1907 et exécuta son « idylle chorale » Pan avec l'Orchestre de Pittsburgh. Charles A.E. Harriss fut aussi l'organisateur du British Canadian Music Festival de 1906 à Londres, en Angleterre qui présenta une exécution de Pan avec la soprano Pauline Donalda, de la tournée canadienne de sir Frederick Bridge, de concert avec le Festival of English Cathedral Music en mai 1908, de la tournée du Sheffield Choir dirigé par sir Henry Coward plus tard cette même année, et de la tournée de His Majesty's Scots Guard Band en 1922.

Il créa les Empire Day Concerts en 1907. En 1909, il fonda l'Imperial Choir de 4 500 voix, constitué de plusieurs grands choeurs londoniens, qui forma le noyau du choeur de 10 000 voix entendu à ces concerts en 1911 et de nouveau à l'occasion des célébrations de la Paix en 1919. Il amena aussi 2 000 membres de l'Imperial Choir à l'Exposition de Gand en 1913. Harriss voyagea sans relâche en Australie et en Afrique du Sud en 1909-1910, donnant des conférences, dirigeant et organisant le Musical Festival of the Empire, tournée mondiale de musique incluant l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'Afrique du Sud, le Canada et les États-Unis, lequel eut lieu en 1911. Le Sheffield Choir et le chef d’orchestre Henry Coward jouèrent un rôle de premier plan lors de cet événement et se produisirent au Canada. (Edward Elgar effectua une tournée avec le choeur aux États-Unis et à Toronto. Il dirigea The Dream of Gerontius au Massey Hall le 4 avril 1911.) La dernière apparition importante de Charles A.E. Harriss eut lieu en 1924 à l'occasion de sa nomination comme directeur musical de la British Empire Exhibition à Wembley (Londres).

Compositions

Charles A.E. Harriss connut le rare privilège de voir ses compositions exécutées non seulement dans son pays d'adoption mais aussi, de son vivant, à travers tout l'Empire britannique. Sa première oeuvre d'envergure, la cantate Daniel Before the King (1884), fut exécutée le 18 avril 1890 au Canada et publiée la même année chez G. Schirmer. D'autres oeuvres, qui démontrent une solide formation anglaise soumise à des influences continentales traditionnelles et contemporaines, incluent l'opéra Torquil (1894), Festival Mass (Boosey 1901), Coronation Mass for Edward VII (ibid. 1903), Pan (Novello 1904), la ballade The Sands of Dee (ibid. 1906) et l'ode The Crowning of the King (ibid. 1911). Son opéra-comique The Admiral fut chanté en 1902, et sa Canadian Fantasie pour orchestre en 1904. Plus de 50 de ses mélodies, anthems et oeuvres pour clavier ont aussi été publiées.

Honneurs et patrimoine

En 1905, Charles A.E. Harriss est nommé membre honoraire de la Royal Academy of Music, et l'archevêque de Canterbury lui confère le doctorat Lambeth. La Société pour le patrimoine musical canadien a réimprimé sa chanson populaire : « A Brigand Bold » (vol. III), une pièce d'orgue Allegro pomposo (vol. IV), une pièce pour piano « Happy Moments » Gavotte (vol. VI) et deux anthems, « Lead, Kindly Light » et « Shepherds in the Field Abiding » (vol. IX). Quelques-uns de ses manuscrits sont conservés aux archives de l'Université McGill. D'autres documents se trouvent à la Bibliothèque et Archives Canada

Une version de cet article a été publiée initialement dans l’Encyclopédie de la musique au Canada.


Lecture supplémentaire

  • Tancrède Trudel, “Charles A.E. Harriss,” Canada Artistique vol. 1 (December 1890).

    “The Great Musical Organizer,” MCan vol. 3 (November 1908).

    “Dr. Charles Harriss,” MT vol. 50 (1 April 1909).

    Sir Alexander Mackenzie, A Musician's Narrative (London, 1927).

    Nadia Turbide, “Charles A.E. Harriss: The McGill Years,” MMA thesis, McGill University, 1976.