Goulet, Charles (Émile Jean Julien)

Charles (Émile Jean Julien) Goulet. Baryton, chef de choeur, professeur, impresario, administrateur, haut fonctionnaire (Liège, 4 avril 1902, naturalisé canadien 1921 - Montréal, 12 mars 1976). D.Mus. (Montréal) 1937.

Goulet, Charles (Émile Jean Julien)

Charles (Émile Jean Julien) Goulet. Baryton, chef de choeur, professeur, impresario, administrateur, haut fonctionnaire (Liège, 4 avril 1902, naturalisé canadien 1921 - Montréal, 12 mars 1976). D.Mus. (Montréal) 1937. Il vint à Montréal en 1906 avec ses parents et commença à six ans l'étude du violon avec son oncle, J.-J. (Joseph-Jean), ainsi que du solfège et de la théorie avec son père. À 10 ans, il entreprit l'étude du piano avec Armand Bluteau et de l'orgue avec Marie-Louise Laurier, puis de nouveau le piano avec Arthur Letondal. Comme violoniste, il joua dans divers ensembles dont le Cercle symphonique Saint-Pierre. En 1922, il devint prof. de violon au collège Laval de Saint-Vincent-de-Paul et dirigea un choeur à l'église Saint-Pierre-Apôtre où il commença à chanter. En novembre 1921, il chanta en public pour la première fois et son succès incita son père, Jean, à lui faire entreprendre des études vocales avec Salvator Issaurel. Il joua du piano dans des hôtels et restaurants et devint répétiteur de l'Assn des chanteurs de Montréal.

Au printemps de 1923, il dirigea pour la première fois un orchestre, puis décida de poursuivre ses études musicales en Belgique. À Liège, il travailla le chant avec Jules Massart, l'harmonie et le piano avec Fernand Mawet. Il devint répétiteur de La Legia, choeur d'hommes de 300 voix qu'il eut parfois l'occasion de diriger, notamment au Havre, en France, lors d'un concours où le choeur remporta le premier prix. Engagé par le Théâtre royal de Liège, il y débuta le 9 décembre 1923 dans le rôle de Bustamente de La Navarraise de Massenet. Il y fit deux saisons durant lesquelles il tint divers rôles du répertoire (Silvio dans Pagliacci, Brétigny dans Manon, etc.) et participa à quelques créations comme L'Atlantide de Tiarko Richepin. Il se fit entendre à Lille, Roubaix, Spa, Louvain ainsi qu'en Hollande et au Luxembourg. Le 1er mars 1925, L'Express de Liège écrivit : « M. Goulet fut parfait en Spalanzani (Les Contes d'Hoffmann). Ce jeune et intelligent artiste possède des qualités de premier ordre. »

Il revint à Montréal où il fut nommé m. c. à l'église Saint-Henri (1925-37) où il se perfectionna comme chef de choeur, fondant en 1928 la chorale mixte Les Disciples de Massenet qu'il dirigea 35 ans et avec laquelle il enregistra plusieurs disques. Il fut ensuite m. c. à Saint-Louis-de-France (1937-68) où il succéda à Joseph Saucier et dirigea également l'Assn chorale Saint-Louis-de-France. Il devint aussi vedette de la Société canadienne d'opérette (1927-34) où il débuta dans Flup de Joseph Szulc.

Avec le médecin Antonio Pager, il fonda en 1930 les Concerts Goulet-Pager qui présentèrent au public montréalais des artistes comme Gigli, les Cosaques du Don, Nino Martini, Conchita Supervia, Ruth Slenczynska, les ballets de Kurt Joos et ceux de Serge Lifar, Chaliapine ainsi que des vedettes de France comme Lys Gauty et Guy Berry et, en 1937, Igor Stravinsky et Samuel Dushkin. À la même époque, il fonda seul l'agence artistique Les Concerts canadiens qu'il dirigea trois ans.

Outre Les Disciples de Massenet, la grande réalisation de sa carrière demeure les Variétés lyriques qu'il fonda et dirigea conjointement avec Lionel Daunais (1936-55). Quand les Disciples de Massenet remportèrent en 1951 le premier prix au Chicagoland Music Festival, Charles Goulet se vit attribuer le premier prix de direction chorale.

De 1957 à sa mort, il fut secr. du Conseil des arts de la région métropolitaine de Montréal et, en 1974, il fut membre de la Commission Jeannotte, groupe de travail du MACQ chargé d'étudier la situation de la musique et de l'art lyrique au Québec. Il a signé quelques articles, notamment dans Le Guide Mont-Royal et L'Illustration (1939). Sa thèse de doctorat s'intitulait « L'Art du chant choral ». À sa mort, il achevait la rédaction de son autobiographie, Sur la scène et dans la coulisse (Québec 1981). La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal lui attribua sa médaille d'argent « Bene merenti de patria ».