Claude Morin

Claude Morin, professeur, haut fonctionnaire et homme politique (né le 16 mai 1929 à Montmorency, Québec).

Claude Morin, professeur, haut fonctionnaire et homme politique (né le 16 mai 1929 à Montmorency, Québec). Considéré comme l’un des conseillers les plus influents du gouvernement de Jean Lesage et l’un des principaux théoriciens de la Révolution tranquille. Il joue aussi un rôle important dans l’élaboration de la stratégie entourant le référendum sur la souveraineté-association tenu en 1980 par le gouvernement de René Lévesque.

Un artisan de la Révolution tranquille

Claude Morin détient une maîtrise en sciences économiques de l’Université Laval (1954) et une maîtrise en bien-être social (social welfare) de l’Université Columbia de New York (1956). Professeur d’économie de 1956 à 1963 au sein de la Faculté des sciences sociales de l’Université Laval, il devient après 1960 un important conseiller du gouvernement de Jean Lesage et l’un des principaux artisans de la Révolution tranquille. Il occupe successivement les postes de conseiller économique (1960-1963), de sous-ministre des Affaires fédérales-provinciales (1963-1967) et de sous-ministre des Affaires intergouvernementales (1967-1971) au sein des gouvernements libéraux de l’époque.

Désappointé par le gouvernement de Robert Bourassa, il démissionne de ses fonctions en 1971 et devient professeur à l’École nationale d’administration publique (ENAP) de l’Université du Québec. Il adhère au Parti québécois en 1972 et se joint à l’exécutif du parti en 1973. Défait dans la circonscription de Louis-Hébert en 1973, il y est élu en 1976.

Ministre dans le gouvernement de René Lévesque

En tant que ministre des Affaires intergouvernementales dans le cabinet Lévesque (de novembre 1976 à janvier 1982), Morin est un architecte essentiel de la stratégie électorale qui a mené le parti au pouvoir. Il est à l’origine de « l’étapisme », un courant qui prône l’idée que la souveraineté du Québec doit faire l’objet d’une consultation populaire (un référendum) et non simplement être réalisée à la suite de l’élection d’un parti souverainiste. Il joue aussi un rôle important dans l’élaboration de la stratégie entourant le référendum de 1980 et les négociations constitutionnelles avec le gouvernement fédéral (1976-1981).

Toutefois, en janvier 1982, il démissionne après un différend avec René Lévesque au sujet de l’orientation du PQ par rapport à la souveraineté-association et retourne enseigner à l’ENAP. En 1991, il publie ses mémoires politiques, qu’il intitule Mes Premiers ministres. Ce titre fait référence aux différents premiers ministres qu’il a côtoyés au cours de sa carrière, soit Jean Lesage, Daniel Johnson père, Jean-Jacques Bertrand, Robert Bourassa et René Lévesque.

Controverses

En 1992, la réputation de Claude Morin est compromise par des révélations selon lesquelles il aurait été un informateur rémunéré de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) durant les années 1970, sous le nom de code « French Minuet » (Menuet français). Morin ne peut nier avoir fait de l’espionnage pour la GRC, mais il affirme avoir agi dans le seul but de trouver ce que la GRC recherchait et ne lui avoir transmis que de l’information inutile.

En 1994, il publie son autobiographie politique, Les choses comme elles étaient. Professeur retraité de l’ENAP depuis 1996, il a fait paraître depuis plusieurs ouvrages sur la politique québécoise et canadienne.

Ses archivessont conservées au Centre d’archives de Québec de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Publications

Le pouvoir québécois… en négociation (Boréal, 1972)

Le combat québécois (Boréal, 1973)

Quebec Versus Ottawa: The Struggle for Self-Government, 1960-72 (University of Toronto Press, 1976)

L’art de l’impossible : la diplomatie québécoise depuis 1960 (Boréal, 1987)

Lendemains piégés : du référendum à la nuit des longs couteaux (Boréal, 1988)

Mes Premiers ministres (Boréal, 1991)

Les choses comme elles étaient : autobiographie politique (Boréal, 1994)

La dérive d’Ottawa : catalogue commenté des stratégies, tactiques et manœuvres fédérales (Boréal, 1998)

Les prophètes désarmés? Que faire si un référendum gagnant sur la souveraineté n’était pas possible? (Boréal, 2001)

L’Affaire Morin : légendes, sottises et calomnies (Boréal, 2006)

Je le dis comme je le pense (Boréal, 2014)


Lecture supplémentaire

  • Robert Comeau, Charles-Philippe Courtois et Denis Monière, Histoire intellectuelle de l’indépendantisme québécois, 2 tomes (VLB éditeur, 2010 et 2012).

    Jean Décary, « Claude Morin et la continuité internationale des années 1960 », Bulletin d’histoire politique, vol. 15, n° 2 (hiver 2007), p. 151-164.

    Jean Décary, Dans l’œil du sphinx. Claude Morin et les relations internationales du Québec (VLB éditeur, 2005).

    Pierre Dubuc, L’autre histoire de l’indépendance : de Pierre Vallières à Charles Gagnon, de Claude Morin à Paul Desmarais (Éditions Trois-Pistoles, 2003).

    Martine Tremblay, Derrière les portes closes. René Lévesque et l’exercice du pouvoir (1976-1985) (Québec Amérique, 2006).

Liens externes