Coffeehouses

Coffeehouses. Au Canada anglais, cafés présentant des musiciens de styles folk, blues et, occasionnellement, pop et jazz.

Coffeehouses

Coffeehouses. Au Canada anglais, cafés présentant des musiciens de styles folk, blues et, occasionnellement, pop et jazz. À l'image des boîtes à chansons, qu'on retrouve au Canada français, les coffeehouses - souvent une maison réaménagée, l'avant d'un magasin ou un sous-sol d'église - se distinguent par un nombre de places restreint (moins de 100 en moyenne) et leur atmosphère empreinte d'intimité et dépourvue de cérémonie. Comme leur nom l'indique, elles n'ont pas de permis de vente de vins ou de spiritueux. Le Riverboat (fl. 1964-78) à Toronto est l'établissement le plus connu. La Yellow Door, née en 1967 à Montréal et encore en activité en 2008, est la plus ancienne et l'une des seules à avoir survécu à la disparition généralisée des cofeehouses à la fin des années 1970.

En Amérique du Nord, les coffeehouses servaient depuis longtemps à des activités sociales et littéraires, mais on ne commença à y présenter des concerts que vers la fin des années 1950. Plusieurs de ces établissements étaient situés dans des quartiers habités par des jeunes - sur ou près des campus universitaires (comme la Yellow Door, occupant un édifice appartenant au Student Christian Movement de l'Université McGill, à Montréal, et le Cuckoo's Nest, situé sur le campus de l'Université de Western Ontario, à London, et The Wasteland, l'Université d'Ottawa) ou dans des quartiers où fleurissaient les communautés « bohème » ou « hippie » des années 1960 (comme Yorkville à Toronto et Gastown à Vancouver).

La Gerrard Street Coffee House de Toronto et le Club 71 (ce dernier à Yorkville), tous deux ouverts à la fin des années 1950, furent parmi les premiers établissements du genre au Canada à accueillir des musiciens. D'autres furent en activité plus ou moins longtemps durant les 20 années suivantes, entre autres : Bohemian Embassy, Fifth Peg, Nervous Breakdown, Penny Farthing et Pornographic Onion à Toronto; Fifth Dimension, Fifth Amendment, Golem, New Penolope et Seven Steps à Montréal; Bunkhouse et Classical Joint à Vancouver; Depression à Calgary; Louis Riel à Saskatoon; Second Stage à Winnipeg; Black Swan à Stratford, Ont.; Smale's Pace (plus tard Change of Pace) à London, Ont.; et Le Hibou et Le Monde à Ottawa. À la fin des années 1960, plusieurs coffeehouses de Yorkville, dont Boris's, El Patio, Gaslight et Night Owl, s'éloignèrent de la chanson folklorique et accueillirent les groupes rock les plus audacieux de Toronto.

Bien que la Classical Joint ait vécu jusqu'au milieu des années 1980, que la Golem ait duré de 1973 à 1991 et que la Bohemian Embassy ait réouvert brièvement 1991-2, le phénomène des coffeehouses comme lieu musicale s'est généralement éteint vers le milieu des années 1970. Plusieurs théories ont été avancées à ce sujet, y compris l'insuffisance des revenus (surtout à cause de l'absence de permis de vente de boissons alcooliques) devant l'augmentation des coûts d'exploitation et des cachets des interprètes (lorsque les chanteurs solistes se mirent à travailler avec de petits ensembles), de même que les goûts changeants des auditoires. En outre, à Toronto, le réaménagement du quartier Yorkville dans les années 1970 entraîna des hausses de loyer largement au-dessus des budgets des coffeehouses. Devant l'impossibilité grandissante pour les coffeehouses de survivre, la musique traditionnelle et folk contemporaine durent se réfugier dans les restaurants détenteurs de permis de vente d'alcool (par exemple, le Free Times Café à Toronto et Rasputin's Folk Café à Ottawa) ou les clubs ou sociétés de musique folk présentant des concerts réguliers dans des salles louées, dans le cadre d'un programme annuel se terminant souvent par un festival important.