Richard Desjardins

Richard Desjardins, auteur, compositeur, interprète et réalisateur de cinéma (né le 16 mars 1948 à Rouyn, Québec).

Richard Desjardins
Richard Desjardins dans le cadre du 25e anniversaire du festival Présence autochtone, Montréal, 31 juillet 2015, .
Richard Desjardins, auteur, compositeur, interprète et réalisateur de cinéma (né le 16 mars 1948 à Rouyn, Québec). Cet artiste engagé notamment dans la protection des forêts québécoises a reçu de nombreux prix soulignant la qualité de ses albums, de ses spectacles et de ses documentaires. Ayant fait son entrée dans le Dictionnaire Larousse en 2006, il y est présenté comme un « poète et pamphlétaire s’exprimant dans une langue sans tabous, (qui) compte parmi les créateurs les plus originaux de la chanson québécoise d’aujourd’hui […] ».

Début de carrière

Autodidacte formé aussi bien par le blues que par l’écoute de Jean-Sébastien Bach, Richard Desjardins est pianiste et chanteur du groupe Abbittibbi de 1975 à 1982. Ce groupe country-rock qu’il forme avec le bassiste Rémy Perron, les guitaristes Pat Beaulieu et Ricky Lozier et le batteur Michel Jetté gagne lentement un public d’inconditionnels dans le circuit des boîtes parallèles. C’est en 1981 que paraît son seul disque, Boom Town Café, dont la plupart des textes sont signés par Desjardins. Faute de contrats, l’aventure se termine toutefois en 1982. Desjardins exerce alors plusieurs métiers tels que professeur de musique dans la communauté inuite de Puvirnituq, au Nouveau-Québec (voir Inuits d’Ungava), bûcheron dans les forêts d’Abitibi et pianiste dans les bars de Rouyn-Noranda.

Les derniers humains, Tu m’aimes-tu? et Boom Boom

En 1985, l’École nationale de théâtre du Canada lui confie la musique de la pièce Têtes rondes et têtes pointues de Bertold Brecht, dont il assure la direction musicale au Brecht International Festival de Toronto la même année. En 1988, il autoproduit son premier album solo, Les derniers humains.

Artiste échappant aux modes, Richard Desjardins se révèle à un large public avec les chansons « Tu m’aimes-tu? » et « Quand j’aime une fois, j’aime pour toujours » (de l’album Tu m’aimes-tu? paru en 1990) et remporte deux prix Félix en 1991. Ses textes recherchés et ses musiques très personnelles lui valent les éloges de la critique française après un spectacle à Paris au printemps 1992. Par la suite, le chansonnier retrouve ses amis musiciens d’Abbittibbi et se produit avec eux pendant quatre ans, explorant ses racines rock et country. À l’automne 1998, il lance Boom Boom, son premier album solo en dix ans.

Musique de film et documentaires

Attiré par le cinéma, Desjardins réalise avec Robert Monderie en 1977 le documentaire Comme des chiens en pacage, dont il signe la trame sonore avec Abbittibbi. L’année suivante, il compose la musique du film d’André Blanchard L’hiver bleu, puis celle des longs métrages de Sylvie van Brabant Depuis que le monde est monde (1981) et Le doux partage (1983) et du moyen métrage Noranda (1984) de Robert Monderie et Daniel Corvec. En 1988, il compose les accompagnements de La nuit avec Hortense de Jacques Chabot puis, en 1989, il coécrit les paroles (avec Michel X. Côté) et la musique (avec Gaston Gagnon et Calibre .38) du film Le Party réalisé par Pierre Falardeau. La bande sonore du film est présentée sous forme d’album sur étiquette Justin Time en 1990. Desjardins tient également dans le long métrage le rôle de Bébé, un prisonnier rocker qui interprète sur scène un blues décapant intitulé « Le Screw » (un terme utilisé dans le milieu pénitentiaire pour désigner de manière péjorative un gardien de prison).

En 1998, il réalise lui-même L’erreur boréale, un documentaire sur la déforestation dans le Nord québécois pour lequel il remporte un prix Jutra en 1999. C’est en France qu’il passe l’année 2000, en tournée et en réflexion. De retour au Québec, il repart sur la route pour présenter dans plus de 50 villes sa tournée « Richard Desjardins et sa guétard ». À partir de 2003, l’album et le spectacle Kanasuta, du nom d’une forêt d’Abitibi sauvée de la coupe à blanc grâce à l’Action boréale (un organisme qu’il a contribué à fonder et qui s’est donné pour mission de sauver les forêts), lui valent de nombreux prix, dont le prix Miroir du spectacle le plus populaire du Festival d’été de Québec en 2005. En 2007, il coréalise avec Robert Monderie Le peuple invisible, un documentaire consacré au sort du peuple algonquin qui obtient le prix Jutra du meilleur documentaire (2008).

Collaborations artistiques

Au printemps 2008, Desjardins entreprend la dernière phase de la tournéeKanasuta et participe tour à tour aux nouveaux albums deRenée Martel,Marjo, Gilles Vigneaultet, comme auteur, à celui d’Elisapie Isaac. En 2009, il lance Richard Desjardins symphonique, un album enregistré avec l’Orchestre symphonique de Trois-Rivières sous la direction musicale de Gilles Bellemare. L’existoire, son huitième album, paraît en avril 2011. Quelques mois plus tard, il présente son nouveau documentaire, Trou story, traitant de la gestion de l’industrie minière. Le film reçoit le prix du Meilleur documentaire lors du 22e Festival du film de Sept-Îles.

Richard Desjardins est également l’auteur de deux ouvrages de fiction à saveur historique, La mer intérieure (Docteur Sax, 2000) et Aliénor (LUX, 2008). Chez Boréal, il propose la traduction d’une fable autochtone de Michael Nicoll Yahgulanaas intitulée Le vol du colibri (2008).

Il participe régulièrement à des festivals en Europe (France, Suisse, Belgique) et s’accompagne dorénavant à la guitare. En 2014, en collaboration avec Alexandre Da Costa et Alexandre Éthier, il monte le spectaclepoético-musical «Soleil d’Espagne ‒ Vies et poésies de Lorca » en hommage à l’œuvre et à la vie de Federico Garcia Lorca. En 2016, il propose en spectacle le deuxième opus de Desjardins symphonique, avec Gilles Bellemare et l’Orchestre symphonique de Québec.

Prix et distinctions

  • Médaille Jacques-Blanchet (1991)
  • Prix Félix Auteur-compositeur de l’année (Tu m’aimes-tu?), ADISQ (1991)
  • Prix Félix Microsillon populaire de l’année (Tu m’aimes-tu?), ADISQ (1991)
  • Prix Félix Réalisateur de disque de l’année (Tu m’aimes-tu?), ADISQ (1991)
  • Prix de la chanson française Québec Wallonie-Bruxelles (Tu m’aimes-tu?) (1992)
  • Prix Miroir de la chanson d’expression française (avec Abbittibbi), Festival d’été de Québec (1995)
  • Prix Félix Scripteur de spectacle de l’année (Boom Boom), ADISQ (1999)
  • Prix Jutra Meilleur documentaire (L’Erreur boréale) (1999)
  • Prix Robert-Claude Bérubé (L’Erreur boréale), Communications et Société (1999)
  • Prix du développement durable en milieu rural (L’Erreur boréale), Festival international du film d’environnement Ecofilm de Lille, en France (1999)
  • Prix du reportage magazine (L’Erreur boréale), Festival international du film d’environnement de Paris (1999)
  • Grand Prix du festival, mention Environnement (L’Erreur boréale), Festival international du film nature et environnement de Grenoble, en France (1999)
  • Prix Félix Scripteur de spectacle de l’année (avec Patrice Desbiens pour Kanasuta), ADISQ (2004)
  • Prix Félix Auteur-compositeur de l’année (Kanasuta), ADISQ (2004)
  • Prix Félix Album de l’année – Populaire (Kanasuta), ADISQ (2004)
  • Prix Félix Spectacle de l’année – Auteur-compositeur-interprète (Kanasuta), ADISQ (2004)
  • Grand Prix du disque de l’Académie Charles-Cros (Kanasuta) (2004)
  • Mérite du français dans la culture décerné par l’Union des artistes, l’Union des écrivaines et des écrivains québécois et la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma en collaboration avec l’Office québécois de la langue française (2005)
  • Prix Miroir du spectacle le plus populaire (Kanasuta), Festival d’été de Québec (2005)
  • Prix Robert-Charlebois, Fondation SPACQ (Société professionnelle des auteurs et des compositeurs du Québec) (2008)
  • Prix Jutra Meilleur documentaire (Le peuple invisible) (2008)
  • Prix Gémeaux Meilleur documentaire : société (Le peuple invisible) (2008)
  • Prix Félix Album de l’année ‒ Adulte contemporain (L’existoire), ADISQ (2012)
  • Prix Félix Spectacle de l’année ‒ Auteur-compositeur-interprète (L’existoire), ADISQ (2012)
  • Prix Meilleur documentaire (Trou Story), Festival du film de Sept-Îles (2012)

Lecture supplémentaire

  • Carole Couture, Richard Desjardins, la parole est mine d’or (Triptyque, 1998).

    Gilles Perron, « Richard Desjardins : l’engagement poétique », Québec français, no 131 (2003) : 89-90.

Liens externes