Deslauriers, Jean

Jean Deslauriers. Chef d'orchestre, violoniste (Montréal, 24 juin 1909 - Saint-Jérôme, Québec, 30 mai 1978).

Deslauriers, Jean

Jean Deslauriers. Chef d'orchestre, violoniste (Montréal, 24 juin 1909 - Saint-Jérôme, Québec, 30 mai 1978). Il étudia le violon (1918-23) avec Émile Taranto et Camille Couture, l'harmonie et le solfège avec Romain-Octave Pelletier, le contrepoint et l'instrumentation avec Auguste Descarries, et l'orchestration avec Claude Champagne. Enfant prodige, il fit des tournées au Canada et en Nouvelle-Angleterre avec les chanteurs Paul Dufault et Joseph Saucier (1924-29), et fut plus tard violoniste et chef d'un ensemble à bord de bateaux de croisières. De 1935 à 1945, il fut membre de l'orchestre des CSM. Parallèlement, il commençait dès 1936 sa carrière de chef d'orchestre à la radio, principalement à la SRC. Son nom reste attaché à d'importantes séries d'émissions radiophoniques telles « Sérénade pour cordes » (1937-57, trophée LaFlèche 1946), « Radio-Concerts canadiens », « Théâtre lyrique Molson », « Concerts d'opéras » et, à la télévision, « L'Heure du concert », « Sérénade » et « Concerts populaires ». Il dirigea en 1954 Le Barbier de Séville, une des premières productions télévisées d'opéra à la SRC. Il a dirigé à plusieurs reprises les orchestres symphoniques de Montréal, Toronto, Ottawa, Winnipeg, Vancouver, Halifax et Québec, sans compter de nombreux spectacles lyriques pour la SRC (Monsieur Beaucaire de Messager, 1954; Roméo et Juliette, 1971; etc.), la COC (La Bohème, 1972) et l'Edmonton Opera Assn (Faust, 1973).

À Québec, en tant que dir. mus. du Théâtre lyrique du Québec (1967-70), il dirigea notamment Mignon et Les Pêcheurs de perles. Chef d'orchestre adj. à l'Opéra du Québec (1972-75), il fut au pupitre pour Samson et Dalila (1971), La Fille du régiment (1972), Manon (1973) puis Madama Butterfly (1974). En 1976, il présenta aux Grands concerts de la SRC, à la salle Claude-Champagne, des extraits de Caïn d'Alexis Contant, et en 1977, il dirigea à nouveau Madama Butterfly à la télévision de la SRC. Il a orchestré et dirigé de nombreuses partitions pour le cinéma au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. Il a dirigé en première audition notamment Three Episodes for Orchestra de Robert Turner (TS, 1966) et Prismes-Anamorphoses de François Morel (orchestre de la SRC à Toronto, 1968). Il collabora au Rapport de la Commission royale d'enquête sur l'enseignement des arts dans la province de Québec, commission dont il fut membre. Au nombre de ses oeuvres, on remarque un Prélude pour cordes et une mélodie. « La Musique des yeux ».

Chef à la technique sobre mais efficace, Jean Deslauriers était un musicien toujours soucieux de fidélité aux textes, aussi à l'aise au concert qu'à l'opéra de même que dans un répertoire plus léger. Ses documents personnels ont été déposés à la BN du Q tandis que sa collection d'environ 400 partitions est conservée au CMM. En 1975, l'auditorium Le Plateau fut nommé salle Jean-Deslauriers.

Sa fille Yolande, soprano (Montréal, 14 juin 1938), remporta le Prix Archambault en 1962. Boursière du gouvernement du Québec (1965, 1966), elle travailla l'interprétation du lied avec Erik Werba à Salzbourg et à Vienne, puis poursuivit sa formation au CMM avec Lina Narducci (1966-73). Elle a chanté dans les productions Il Trittico (1971) et Rigoletto (1972) de l'Opéra du Québec et a donné des récitals avec divers ensembles dont le Quatuor à cordes Orford, l'Orchestre de chambre McGill, l'OSM et l'Orchestre symphonique d'Edmonton, tout en participant à plusieurs émissions à la SRC. Elle a épousé le violoniste Eugène Husaruk.


Lecture supplémentaire

  • Husaruk, Yolande. 'Jean Deslauriers,' Le Bulletin, vol 1, no. 4, 1978

    Deslauriers, Nicole. Si mon père m'était conté... (Montreal 1983)