Duel

Duel, combat formel entre deux personnes armées et en la présence de témoins, afin de régler un différend ou une affaire d'honneur. On enregistre des duels en NOUVELLE-FRANCE dès 1646. Le dernier duel connu à avoir lieu dans ce qu'on appelle désormais le Canada se déroule en 1873 à St.

Duel

Duel, combat formel entre deux personnes armées et en la présence de témoins, afin de régler un différend ou une affaire d'honneur. On enregistre des duels en NOUVELLE-FRANCE dès 1646. Le dernier duel connu à avoir lieu dans ce qu'on appelle désormais le Canada se déroule en 1873 à St. John's, à Terre-Neuve (un affrontement loufoque à l'aide de pistolets que les seconds des belligérants ont chargés à blanc). Sous le régime français, les duels ont lieu exclusivement à l'épée. Après la Conquête, on utilise surtout des pistolets. La plupart des duels se terminent sans qu'il y ait de blessés, mais certains affrontements sont mortels. Au moins neuf personnes meurent ainsi en Nouvelle-France. Il y a deux décès dans le Bas-Canada, cinq dans le Haut-Canada, deux au Nouveau-Brunswick, deux en Nouvelle-Écosse et un à Terre-Neuve.

Le dernier duel mortel a lieu le 22 mai 1838, à VERDUN, dans le Bas-Canada, lorsque Robert Sweeny, un avocat, tue le major Henry Warde, qui a envoyé une lettre d'amour à Mme Sweeny. Le dernier duel mortel dans le Haut-Canada (Ontario) se tient à Perth, le 13 juin 1833. John Wilson, défendant son honneur, tue alors Robert Lyon, qui l'a traité de menteur et l'a ensuite assailli. Wilson et son second sont accusés de meurtre, mais sont ensuite acquittés.

De nombreux Canadiens célèbres se sont battus en duel. James DOUGLAS se bat à l'Île-à-la-Crosse en 1820, lors d'une dispute relative à la traite des fourrures. Joseph HOWE prend part à un duel en 1840 afin de prouver son courage et gagner le droit de décliner d'autres occasions de se battre. George-Étienne CARTIER se bat en 1848 afin de réfuter une accusation de lâcheté lors de la bataille de SAINT-DENIS, qui a eu lieu 11 ans plus tôt. En 1849, on empêche John A. MACDONALD de prendre part à un duel contre un adversaire politique.

Les duels ont lieu dans divers endroits : dans une salle verrouillée, dans un champ, de part et d'autre d'une table. Les motifs des duels sont également divers et souvent insignifiants. Ainsi en 1800, à York (Toronto), John Small tue John White parce que ce dernier a répandu la rumeur que Mme Small était l'ancienne maîtresse d'un lord anglais. Une querelle à propos d'un jeu de cartes donne lieu à un duel mortel à St. John's, à Terre-Neuve, en mars 1826. D'amères disputes politiques dans le Bas-Canada se soldent par une série de duels entre 1834 et 1837.

Les autorités considèrent le duel comme un crime et le fait de tuer quelqu'un lors d'un tel affrontement comme le pire des meurtres. Les lois ne sont toutefois appliquées que sporadiquement. En Nouvelle-France, plusieurs duellistes sont emprisonnés, bannis ou exécutés, et les corps des hommes tués lors d'un duel sont profanés. Sous le régime anglais, toutefois, le jury refuse systématiquement de condamner les participants à un duel s'il considère que l'affrontement a été juste et honorable.