Manning, Ernest Charles

Manning grandit au sein d'une famille traditionnelle de cultivateurs de la Saskatchewan et, adolescent, il est attiré par les émissions religieuses radiophoniques d'Aberhart. Il étudie avec ce dernier et devient plus tard secrétaire général de son institut à Calgary.

Manning, Ernest
Ernest Manning posant sur le site d'un projet d'habitation pendant la guerre, en juin 1943 (avec la permission des Provincial Archives of Alberta/B157011).

Manning, Ernest Charles

 Ernest Charles Manning, homme politique, laïc chrétien et premier ministre de l'Alberta de 1943 à 1968 (Carnduff, Sask., 20 sept. 1908 -- Calgary, 19 févr. 1996). Manning fait de modestes études au Prophetic Bible Institute de Calgary, dirigé par William ABERHART. Il deviendra plus tard premier ministre de l'Alberta et par la suite l'un des chefs provinciaux les plus compétents au Canada. Il remporte sept élections consécutives et se retire en 1968, au sommet de sa carrière politique.

Manning grandit au sein d'une famille traditionnelle de cultivateurs de la Saskatchewan et, adolescent, il est attiré par les émissions religieuses radiophoniques d'Aberhart. Il étudie avec ce dernier et devient plus tard secrétaire général de son institut à Calgary. Il se joint au Cabinet d'Aberhart, à titre de secrétaire provincial, mais la tuberculose l'empêche de jouer pleinement son rôle de législateur. Il est néanmoins le confident d'Aberhart et, lorsque la maladie du foie emporte ce dernier, en 1943, Manning est nommé chef du Parti CRÉDIT SOCIAL et devient premier ministre de l'Alberta. Son premier défi est de contrer la popularité du Parti de la CO-OPERATIVE COMMONWEALTH FEDERATION (CCF). Aux élections de 1944, il s'oppose à la demande du CCF de nationaliser les entreprises qui offrent des services publics et il l'emporte habilement.

Réformes sociales prudentes

Au cours des 25 années qui suivent, l'administration des affaires publiques de l'Alberta, sous le gouvernement de Manning, est marquée par une politique financière conservatrice et des réformes sociales prudentes. Après la découverte de l'immense champ de pétrole de LEDUC, en 1947, le gouvernement entrevoit, grâce à ces nouveaux revenus, la possibilité de financer un « bon gouvernement ». Il adopte des politiques pétrolières qui attirent les capitaux et il exploite ces ressources au maximum. Les industries se développent rapidement, les revenus provinciaux montent en flèche et des fonds sont versés à l'éducation, la santé et le transport, si bien que l'Alberta entre dans l'ère moderne. L'administration de Manning n'est pas marquée par la corruption et, malgré d'énormes surplus budgétaires, la croissance du gouvernement est bien maîtrisée.

De faibles taxes - sauf durant quelques mois en 1936, le gouvernement albertain ne prélève pas de taxe de vente provinciale - couplées de services efficaces, sans compter la rectitude inébranlable de Manning, ont fait de lui un homme politique invincible. En désaccord avec l'orientation « gauchiste » du fédéral, plus particulièrement après l'élection des libéraux en 1963, sous Lester B. PEARSON, il s'oppose à plusieurs politiques fédérales, notamment à l'assurance-maladie obligatoire à l'échelle nationale. Il présente son propre régime d'assurance-maladie non obligatoire, mais l'Alberta est finalement obligée d'adhérer au régime fédéral.

Pour une réorganisation politique canadienne

Déçu devant le refus de la majorité des partis de présenter des choix philosophiques bien définis à leurs commettants, Manning publie un ouvrage qui vise une réorganisation de la politique canadienne. Dans Political Realignment: A Challenge to Thoughtful Canadians (1967), il propose, sans grand succès auprès des partis politiques, un regroupement des forces politiques en un parti social-démocrate et un parti « social-conservateur » offrant une économie libre, et qui ferait preuve d'humanisme auprès des vrais démunis.

En 1968, Manning démissionne. Il ne nomme aucun successeur et, trois années plus tard, le Crédit social, sous Harry STROM, est défait. Manning est sénateur de 1970 à 1983. Il reçoit des titres honorifiques de plusieurs universités et il est nommé Compagnon de l'Ordre du Canada. En 1981, il est le premier récipiendaire de l'Alberta Order of Excellence et il reçoit le prix national B'nai B'rith pour ses activités humanitaires en 1982. Il continue d'animer ses émissions religieuses hebdomadaires sur les chaînes radiophoniques canadiennes et américaines. Manning sera conseiller du Parti réformiste, dirigé par son fils Preston, jusqu'à son décès en 1996.