Fernand Leduc

Fernand Leduc, artiste peintre (né le 4 juillet 1916 à Viauville, Québec; décédé le 28 janvier 2014 à Montréal). Séminariste chez les frères maristes, Fernand Leduc entre à l'École des beaux-arts de Montréal en 1938. Il obtient son diplôme en 1943, quitte l'Église et peu après devient membre de la Société d'art contemporain.

Séminariste chez les frères maristes, Fernand Leduc entre à l'École des beaux-arts de Montréal en 1938. Il obtient son diplôme en 1943, quitte l'Église et peu après devient membre de la Société d'art contemporain. À la même époque, il participe aux années de formation du groupe des Automatistes. Il encourage ce mouvement en devenant un critique d'art influent pour le journal étudiant Le Quartier Latin. F. Leduc expérimente alors diverses formes d'écriture automatique (c'est-à-dire la peinture gestuelle spontanée et non figurative).

Le théoricien

En 1945, Fernand Leduc entre en contact avec l'écrivain français André Breton, à New York, afin de sensibiliser les surréalistes européens à la contribution des automatistes montréalais. Généralement perçu comme le théoricien du groupe, il écrit en 1948 un texte pour le Refus global, intitulé Qu'on le veuille ou non... ceci sera. En 1947, Leduc quitte Montréal pour Paris, où il participe la même année, à la Galerie du Luxembourg, à une importante exposition appelée Automatisme, laquelle porte, entre autres, sur le groupe automatiste de Montréal.

À Paris, Leduc se lie d'amitié avec le peintre Jean Bazaine, dont l'art évolue vers le paysage abstrait. Cette relation influencera les oeuvres de Leduc du début des années 50, surtout celles sur papier exécutées à l'île de Ré. Il rentre à Montréal en 1953 et commence à prendre conscience que les techniques de peinture automatistes sont parvenues à une impasse. À cette époque, il s'intéresse davantage au concept d'ordre construit et au rôle joué par la géométrie.

Abstraction Hard Edge

En 1955, Fernand Leduc passe à une forme d'abstraction hard edge, et se préoccupe davantage des interactions et des contrastes entre les couleurs. À Montréal, il défend ces théories, apparentées à celles des Plasticiens à l'occasion de l'exposition Espace 55. Les réactions suscitées par l'exposition provoquent un vif débat entre Leduc et Paul-Émile Borduas, qui désapprouve les nouvelles orientations prises par les peintres montréalais.

En 1956, Leduc était devenu le président fondateur de l'Association des artistes non figuratifs de Montréal. Il retourne en France en 1959 où il reste jusqu'en 1970. Il revient ensuite au Québec pour deux ans afin d'enseigner à l'Université Laval et à l'Université du Québec à Montréal. Après ce bref séjour au Québec, il se lance dans sa série de microchromies, une étude qu'il poursuit toujours sur la lumière et ses capacités de donner, avec subtilité, des nuances et des vibrations aux couleurs.

En 1985, le Musée des beaux-arts de Chartres et le Musée du Nouveau Monde de La Rochelle organisent une rétrospective de son oeuvre, qui circulera aussi au Canada. Il reçoit le prix Louis-Philippe Hébert en 1979, le prix Paul-Émile Borduas en 1988, et le Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques en 2007. Après avoir vécu beaucoup d'années à Paris et en Italie, Fernand Leduc revient à Montréal en 2006.

Prix et distinctions

Prix Lynch-Staunton, Conseil des arts du Canada (1977)

Prix Louis-Philippe-Hébert, Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (1978)

Prix Paul-Émile Borduas, Prix du Québec décerné par le Gouvernement du Québec (1998)

Prix du Gouverneur général en arts visuels et arts médiatiques (2007)


En savoir plus

Lecture supplémentaire

  • Jean-Pierre Duquette, Fernand Leduc (1980).

    François-Marc Gagnon, Chronique du mouvement automatiste québécois (1998).

    Louise Gill, Art, politique, révolution. Manifestes pour l’indépendance de l’art (2012).

    Jonathan Mayer, Les échos du refus global (2008).

    Louise Vigneault, Identité et modernité dans l’art au Québec. Borduas, Sullivan, Riopelle (2002).