Généalogie

Le chercheur qui entreprend une étude généalogique commence par prendre note de tout ce qu'il sait sur sa famille immédiate. Il y ajoute les renseignements obtenus oralement des membres âgés de sa parenté.

Enfants manitobains
Enfants d'une famille de cultivateurs manitobains, en 1918 (avec la permission de John Blackwell).

Généalogie

La généalogie est l'étude de l'histoire d'une famille comprenant habituellement un arbre généalogique accompagné d'un récit historique. La généalogie, comme l'HÉRALDIQUE, était traditionnellement réservée aux érudits, aux gens à l'aise et à la noblesse, mais ce passe-temps connaît une expansion phénoménale depuis les années 60. Les célébrations du CENTENAIRE en 1967 et le célèbre roman Racines (1976), d'Alex Haley, adapté ensuite pour la télévision, éveillent l'intérêt du grand public. Toutefois, des pionniers de la généalogie canadienne comme Cyprien Tanguay (1819-1902), Edward Marion Chadwick (1840-1921), Placide Gaudet (1850-1930), Pierre-Georges Roy (1870-1953) et William D. Reid (1905-1969) étudiaient les lignées de nos ancêtres bien avant que ce loisir devienne populaire. Aujourd'hui, de plus en plus de Canadiens ont le temps et les moyens d'entreprendre une recherche de leurs origines.

Le chercheur qui entreprend une étude généalogique commence par prendre note de tout ce qu'il sait sur sa famille immédiate. Il y ajoute les renseignements obtenus oralement des membres âgés de sa parenté. Pour confirmer ces souvenirs, il peut consulter des lettres, des actes notariés, des journaux intimes et de vieilles photos. Lorsqu'il a épuisé ces sources, il doit recourir aux fonds des archives publiques, aux bibliothèques, aux organismes gouvernementaux et à d'autres sources de renseignements. Ces dépôts d'archives sont des mines de renseignements étonnantes : registres paroissiaux, journaux, plans de cimetière, recensements, rôles d'évaluation, testaments, revues et monographies historiques, listes de passagers, pétitions, cartes et atlas, statistiques de l'état civil, documents de naturalisation, revendications territoriales des autochtones et autres.

Manuels de généalogie et autres ressources

Une foule de manuels, revues et bulletins généalogiques peuvent venir au secours des débutants. Un très bon manuel élémentaire, le Guide des sources généalogiques au Canada (12e éd., 1996, rév., par Lorraine Saint-Louis-Harrison et Mary Munk), est diffusé par les ARCHIVES NATIONALES DU CANADA. Chaque province a au moins une société généalogique qui diffuse des publications ou donne des cours, des ateliers et des conférences sur l'art de retrouver ses ancêtres. Des associations spécialisées peuvent parfois fournir des renseignements utiles.

Une autre option, si on hésite à entreprendre cette recherche, consiste à faire appel à un généalogiste professionnel. L'amateur peut aussi avoir besoin d'engager à l'occasion un expert canadien ou étranger pour surmonter certaines difficultés (p. ex. consultation de registres écrits dans une langue étrangère), mais la plupart tirent plus de satisfaction à retracer eux-mêmes leur ascendance. On peut mener une recherche sans payer des honoraires élevés ou faire de longs voyages. Les bibliothèques publiques locales peuvent souvent emprunter à d'autres bibliothèques ou aux archives les livres et microfilms nécessaires. D'autres ressources se trouvent dans les bibliothèques des universités et les centres d'histoire familiale de l'Église mormone; dans ces centres, situés à Salt Lake City (Utah), on peut consulter sur microfiches ou sous forme électronique la plus grande collection généalogique du monde. Une grande variété de sources utiles est aussi accessible par Internet (p. ex. Canadian Genealogy Sources, http://www.iosphere.net/~jholwell/cangene/gene.html).

Préservation des découvertes

Une fois les données recueillies, il est important de les préserver pour la postérité. Idéalement, une généalogie ne devrait pas se limiter à l'arbre généalogique, mais inclure aussi une histoire de famille documentée. Certains généalogistes y ajoutent des illustrations; d'autres publient même leurs travaux. Si modeste qu'en soit le contenu ou la présentation, il vaut la peine d'en distribuer des exemplaires à des parents, à des bibliothèques ou à des services d'archives pour que d'autres chercheurs en bénéficient et diffusent leurs travaux à leur tour. Certains généalogistes donnent maintenant accès à leurs récentes découvertes au moyen de leur page d'accueil du World Wide Web pour que d'autres chercheurs du monde entier puissent consulter ces renseignements instantanément.

La généalogie est un loisir captivant auquel on peut s'adonner toute sa vie. Chaque recherche, chaque famille possède sa propre histoire. La patience et le flair du chercheur sont souvent mis à l'épreuve, mais un généalogiste curieux et ingénieux est rarement déçu. La recherche de son histoire familiale lui permet de nouer un lien personnel avec le passé et rehausse la conscience de son identité personnelle.


Lecture supplémentaire

  • Research in Canada: Angus Baxter, In Search of Your Canadian Roots (rev ed, 1994); Mary Bond, comp, Reference Sources for Canadian Geneology; Marthe Faribault-Beauregard et Eve Beauregard-Malak, La généalogie: retrouver vos ancêtres (éd rev, 1996); René Jetté, Traité de généalogie (1991); Kathleen Mennie-de Varennes, comp, Annotated Bibliography of Genealogical Works in Canada (6 vols, 1986-88); Research Outside of Canada: Angus Baxter, In Search of Your British & Irish Roots (rev ed, 1994) and In Search of Your European Roots (1985); Elizabeth P. Crowe, Genealogy Online (1995); Noel Currer-Briggs, Worldwide Family History (1982); P.W. Filby, comp, American & British Genealogy & Heraldry (3rd ed, 1983), and 1982-1985 Supplement (1987), and Directory of American Libraries with Genealogical or Local History Collections (1988) and Passenger and Immigration Lists Bibliography 1538-1900 (1988); K.A. Johnson and M.R. Sainty, eds, Genealogical Research Directory (1997).