Géographie historique

Au Canada, la géographie historique n'est reconnue comme champ d'études, d'enseignement et de recherche universitaires qu'à partir des années 1950. Toutefois, l'expression géographie historique est utilisée dès 1749 dans une brochure britannique décrivant la Nouvelle-Écosse.

Fort William (photo aérienne)
Fort William, en Ontario, était le centre de traite des fourrures du Nord-Ouest (avec la permission du minist\u00e8re du Tourisme de l'Ontario).

Géographie historique

  La géographie historique s'intéresse à la géographie du passé de même qu'aux changements survenus dans les modèles géographiques au fil du temps. Les spécialistes en géographie historique étudient soit un ou plusieurs aspects de la GÉOGRAPHIE d'une région, comme la population ou l'utilisation des terres au cours d'une période donnée de l'histoire (étude du profil d'une région ou approche synchronique), soit une seule facette ou un seul élément de l'évolution d'une région (approche diachronique). L'approche synchronique révèle les corrélations entre plusieurs éléments qui se trouvent dans un même lieu à une période donnée, ainsi que la vie d'une région à un moment précis. L'approche diachronique met l'accent sur les processus de même que la pensée et l'activité humaine qui sous-tendent les changements dans les modèles géographiques.

Champ d'études distinct

Au Canada, la géographie historique n'est reconnue comme champ d'études, d'enseignement et de recherche universitaires qu'à partir des années 1950. Toutefois, l'expression géographie historique est utilisée dès 1749 dans une brochure britannique décrivant la Nouvelle-Écosse. La première étude d'envergure de géographie historique portant sur le Canada est celle de J.D. Rogers, A Historical Geography of the British Colonies - Canada - Part III Geographical (1911). Cet ouvrage, publié en Angleterre, présente une description et une analyse de la colonisation du Canada. En 1936, le géographe allemand Carl Schott analyse la colonisation agricole dans le Sud de l'Ontario.

Évolution de la spécialisation

Au cours des années 1950 et 1960, les départements de géographie des universités canadiennes prennent de l'ampleur alors que les jeunes géographes historiques établissent des cours et publient leurs recherches. Un champ d'études distinct s'est développé, sous la poussée des travaux d'historiens et d'historiens de l'économie, tels que H.A. INNIS. Toutefois, les travaux des géographes portent plus particulièrement sur les configurations spatiales de la Terre et sur leur évolution, ce qui les distingue des historiens. Un nombre considérable de spécialistes en géographie historique ont fait des études supérieures aux États-Unis. Andrew H. CLARK (natif du Canada et influencé par Innis) de l'U. du Wisconsin est d'ailleurs une figure de proue dans le domaine. D'autres ont reçu leur formation universitaire en Grande-Bretagne.

Spécialistes canadiens en géographie historique

Les spécialistes en géographie historique concentrent généralement leurs études sur le Canada, mais quelques-uns portent une attention particulière à d'autres parties du monde et ont publié leurs recherches sur la Chine, l'Europe, l'Amérique latine, l'URSS, l'Afrique du Sud et les États-Unis. Au Canada, quelques chercheurs ont adopté l'approche synchronique et ont ainsi reconstruit la géographie d'une région à une époque donnée, mais la plupart d'entre eux s'intéressent plutôt aux changements géographiques au fil du temps. Ils abordent des sujets comme la géographie historique culturelle des peuples autochtones en rapport avec l'économie de la TRAITE DES FOURRURES, le profil spatial de l'IMMIGRATION et le transfert des cultures de l'Ancien au Nouveau Monde, l'établissement rural, l'utilisation des terres et les modèles de peuplements en fonction du développement des ressources primaires, l'établissement d'agglomérations urbaines, ainsi que leur développement fonctionnel et leur évolution par rapport à leurs ressources principales et aux axes d'échanges, de même que les origines et l'évolution de paysages ruraux et urbains distinctifs, y compris les édifices.

Facteurs importants

Si l'on reconnaît de plus en plus l'importance de la culture en ce qui a trait au développement géographique, la recherche en est encore à ses débuts quant aux attitudes d'une population face à son environnement et à l'influence qu'elle exerce sur lui. Il en va de même pour la géographie historique de la fabrication. On étudie l'histoire de la cartographie du Canada et on produit des atlas fac-similés pour montrer comment les cartes peuvent être utilisées pour interpréter l'évolution géographique d'une région. À la fin des années 70 et au début des années 80, des géographes historiques, des cartographes et d'autres spécialistes ont unis leur forces pour préparer un énorme atlas historique du Canada en 3 volumes, couvrant la période allant de l'époque glaciaire jusqu'au milieu du XXe siècle. Le premier volume a été publié en 1987.

Les spécialistes de la géographie historique ne sont pas les seuls à faire de la recherche dans ce domaine. Il arrive que des géographes qui étudient normalement la période contemporaine adoptent l'approche historique pour étudier un phénomène particulier. De même, des géographes historiques peuvent aussi se pencher parfois sur des problèmes contemporains, mais ils se concentrent habituellement sur le passé et connaissent bien les archives, les ressources sur le terrain et la documentation scientifique liées à une période et à un lieu précis.


Lecture supplémentaire

  • R.C. Harris and J. Warkentin, Canada Before Confederation (1974); R.C. Harris, ed, Historical Atlas of Canada: From the Beginning to 1800 (1987).

Liens externes