Georges Dor

Georges Henri Dor (né Dore), auteur-compositeur-interprète, écrivain, dramaturge, directeur, journaliste, acteur (né le 10 mars 1931 à Drummondville, QC; décédé le 24 juillet 2001 à Longueuil, QC).

Georges Henri Dor (né Dore), auteur-compositeur-interprète, écrivain, dramaturge, directeur, journaliste, acteur (né le 10 mars 1931 à Drummondville, QC – décédé le 24 juillet 2001 à Longueuil, QC). Artiste versatile qui écrivit de la poésie, des nouvelles et des pièces de théâtre et qui composa des musiques de film, Georges Dor est peut-être plus connu pour avoir chanté son tube « La Manic », qui a profondément marqué la chanson Québécoise.

Enfance et débuts dans l’information

Le plus jeune d’une famille de onze enfants d’origine irlandaise, Dor travailla dans une usine de Drummondville de 1948 à 1952. Il étudia ensuite pendant un an à l’École du Théâtre du Nouveau Monde, à Montréal, puis travailla sur les chantiers du barrage de la centrale Bersimis, sur la rive nord du Saint-Laurent, durant l’hiver 1953.

En 1952, il commença également une carrière dans l’information et travailla au cours des cinq années suivantes comme présentateur et directeur de l'information au sein de plusieurs stations de radio privées à Trois-Rivières (où il écrivit ses premiers sketches radiophoniques), à Sherbrooke et à Québec. De 1957 à 1967, il travailla comme concepteur-rédacteur et finalement comme directeur des journaux d'actualité du Télé journal à CBC Montréal.

Auteur-compositeur-interprète

À partir de 1954, Dor commença à publier de courtes nouvelles et pièces de théâtre ainsi que de nombreux poèmes. Après que le poète Gaston Miron et d’autres amis l'incitèrent à continuer le chant et la composition de chanson, il sortit son premier 33 tours en 1966.

Sa chanson « La Manic », décrivant la solitude des bâtisseurs de barrages sur la rivière Manicouagan, lui assura une grande popularité et marqua ses débuts comme chansonnier. D’autres chansons de l’album telles que « Chanson pour ma femme », « Le Vent » et « La Chanson difficile » ont aussi connu beaucoup de succès par la suite.

En 1968, il fit une semaine à la Comédie-Canadienne, sortit l’album live À la Comédie-Canadienne et reçut le Prix Félix-Leclerc (voir Félix Leclerc) décerné par le Festival du disque. L'impresario Jacques Canetti l'invita en France où il chanta aux Trois Baudets de Paris et au Palais des festivals de Cannes. Il donna ensuite des récitals à la Comédie-Canadienne (1969), au théâtre Port-Royal (voir Place des Arts) en 1970. Il se produisit également à la boîte à chansons La Butte à Mathieu de Val-David, au nord de Montréal, et au Centre d'art de Percé.

En 1972, la station radiophonique CKAC consacra « La Manic » chanson la plus populaire des 50 dernières années. La même année, Dor et sa femme ouvrirent une galerie d'art à Longueuil, en banlieue de Montréal. Peu après, il abandonna les spectacles sur scène tout en continuant d'enregistrer, et commença à écrire des paroles sur des musiques du pianiste Robert Séguin.

Film

Dor composa des musiques pour un certain nombre de courts-métrages et de documentaires produits à la fin des années 1960 par l’Office national du film et réalisés par Fernand Dansereau. Il fit également son unique apparition en tant qu’acteur durant cette période, en jouant le rôle de Georges, l’intellectuel libre d’esprit du film de Gilles Groulx Où êtes vous donc? (1968).

En plus d’avoir publié plusieurs courtes histoires et poèmes, Dor écrivit aussi six nouvelles dont la première , D'aussi loin que l'amour nous vienne, fut publiée en 1974. Il écrivit un texte pour la troupe de théâtre Le Grand cirque ordinaire et, avec Louis-Georges Carrier, la comédie musicale Un simple mariage double, créée au théâtre de Marjolaine en 1978. En 1976, il ouvrit un théâtre d'été à Saint-Germain-de-Grantham, Québec, où furent créées ses pièces Entre le rire et le rêve, Du sang bleu dans les veines et Quivivra verrat!, ainsi que Les Moineau chez les Pinson et L'Âme sœur qui ont toutes les deux été adaptées en séries télévisées pour Télé-Métropole.

À partir de la fin des années 1990, Dor écrivit plusieurs essais polémiques sur l’état de la langue française au Québec —Anna braillé ène shot (1996), Ta mé tu là? (1997),Les qui qui et les que que ou Le français torturé à la télé (1998), Chu ben comme chu (2001) — s’élevant contre l’usage généralisé de l’argot et des expressions tronquées et se disant en faveur de l’enseignement d’un usage clair, correct et intelligent de la langue.

Héritage

Peu de chansonniers ont chanté l'amour avec autant de simplicité que Dor. Ses compositions, interprétées notamment par Pauline Julien et Catherine Sauvage, et orchestrées par François Cousineau, Gaston Brisson et Jean-Claude Tremblay, dressent un portrait mythique de la femme et du pays à travers les manifestations de la vie quotidienne.

Gaston Miron décrivit Dor comme « un homme qui prenait conscience de lui-même et de sa situation, qui se prenait en charge avec lucidité et foi. C'était beau... Il nous identifiait avec vérité, à partir de la vie quotidienne. Dans cet esprit, Georges Dor n'appartenait pas à une nouvelle génération de chansonniers; c'était un homme nouveau, l'homme nouveau que tous nous nous efforcions de devenir ».

Une bibliothèque de Longueuil et un centre culturel de Drummondville ont été baptisés en l’honneur de Dor.

Écrits

Poésie

La Mémoire innocente (Montréal: L'Aube, 1956).

Portes closes (Montréal: L'Aube, 1959).

Chante-pleure (Montréal: Atys, 1961).

Le Québec aux Québécois et le paradis à la fin de vos jours (Montréal: Leméac, 1976).

Poèmes et chansons, d'amour et d'autre chose (Montréal: BQ, 1991).

Nouvelles

D'aussi loin que l'amour nous vienne (Montréal: Leméac, 1974).

Après l'enfance (Montréal: Leméac, 1975).

Je vous salue, Marcel-Marie (Montréal: Québec Amérique, 1989).

Il neige, amour… (Montréal: Québec Amérique, 1990).

Dolorès (Montréal: Québec Amérique, 1992).

Le Fils de l'Irlandais (Montréal: Québec Amérique, 1995).

Pièces de théâtre

Du sang bleu dans les veines (Outremont: Leméac, 1981).

Les Moineau et les Pinson (Outremont: Leméac, 1982).

Les cochons meurent comme des mouches (Longueuil: Emmanuel, 1982).

L'âme sœur (CEAD, 1983).

Un concombre dans les patates (CEAD, 1984).

Essais

Anna braillé ène shot (Montréal: Lanctôt: 1996).

Ta mé tu là? (Montréal: Lanctôt, 1997).

Les qui qui et les que que ou Le français torturé à la télé (Montréal: Lanctôt, 1998).

Chu ben comme chu (Montréal: Lanctôt, 2001).

Discographie

Geroges Dor (1966). Gamma GS-108.

Mes ormes dans la plaine (1967). GS-113.

À la Comédie-Canadienne (1968). GS-117.

Entre autres… (1969). GS-122.

Poèmes et chansons (1970). GS-142.

Au ralenti (1972). DS-500.

Qui êtes-vous Georges Dor (1972). Radio-Canada F-680.

Amour (1974). DS-501.

Maudit pays…! (1974). Deram XDF-108.

Fidélité (1976). DS-502.

Georges Dor chante encore… et en chœur (1978). Solo 25512.

Québec love la collection (1997). Gamma GCD-502.

Une version de cet article a été publiée initialement dans l’Encyclopédie de la musique au Canada.


Lecture supplémentaire

  • Jacques Canetti, On cherche jeune homme aimant la musique (Paris, 1978).

    Georges Dor and Bruno Roy, Georges Dor: mémoires d'un homme de parole (Éditions Fides, 2002).

Liens externes