Grève des travailleurs de la chaussure de Québec

Cette grève, qu'il faudrait plutôt qualifier de « lock-out », est significative parce qu'elle marque la première intervention directe du clergé catholique québécois dans un conflit de travail et le premier pas vers la création de syndicats catholiques (voir CONFÉDÉRATION DES SYNDICATS NATIONAUX).

Grève des travailleurs de la chaussure de Québec

Cette grève, qu'il faudrait plutôt qualifier de « lock-out », est significative parce qu'elle marque la première intervention directe du clergé catholique québécois dans un conflit de travail et le premier pas vers la création de syndicats catholiques (voir CONFÉDÉRATION DES SYNDICATS NATIONAUX). Les travailleurs de la chaussure regroupés dans trois syndicats étant devenus trop militants à leur gré, les manufacturiers de Québec se liguent en association et cessent conjointement leurs opérations en octobre 1900, mettant ainsi au chômage environ 4000 ouvriers. Pour être réembauchés, les travailleurs devront avoir abandonné leur syndicat. La stratégie ne réussit cependant guère et, deux mois après le début du lock-out, la plupart des manufactures n'ont pas repris leurs opérations. Devant l'impasse, les deux parties consentent à faire appel à l'arbitrage de Mgr Bégin, archevêque de Québec. Sa sentence reconnaît aux travailleurs le droit de se syndiquer, mais insiste pour que la constitution des trois syndicats soit révisée par une commission ecclésiastique parce qu'il a trouvé des passages répréhensibles. Bien à contrecoeur, les syndicats consentent à éliminer ces passages, acceptent de s'inspirer de la doctrine sociale de l'Église et surtout admettent la présence d'un aumônier à leurs réunions.