Grecs

Au Canada, l’immigration grecque commence au début du 19e siècle. Des Grecs provenant des îles (Crète, Syros et Skopelos) et du Péloponnèse, en particulier des villages pauvres des provinces de l’Arcadie et de la Laconie, s’établissent à Montréal dès 1843. En 1871, on ne connaît que 39 personnes d’origine grecque vivant au Canada. L’immigration grecque, plutôt sporadique avant 1900, augmente considérablement au début du 20e siècle à cause de la pauvreté, de la guerre et des crises politiques en Grèce. Le recensement de 2016 indique que 271 405 personnes d’origine grecque vivent au Canada (141 580 réponses simples et 129 830 réponses multiples).



La statue de l’Immigrant grec

La statue de l’Immigrant grec de Giorgos Houliaras trône au coin de l’avenue du Parc et de la rue Jean-Talon Ouest dans le quartier Park-Ex de Montréal. La statue a été construite sur commande de la communauté grecque en l’honneur du 375e anniversaire de Montréal en 2017.

Photo : Groupe CNW/Ville de Montréal - Arrondissement de Villeray - Saint-Michel - Parc-Extension.

Migration et peuplement

En 1901, 213 immigrants grecs habitent au Canada; en 1911, il y en a 2 640; en 1931, 5 580; et en 1941, 5 871. L’immigration cesse durant la Deuxième Guerre mondiale, mais, de 1946 à 1981, environ 116 300 immigrants grecs entrent au Canada. Selon le recensement de 2016, 271 405 Canadiens sont d’origine grecque. Sur ce nombre, la majorité vit dans les provinces de l’Ontario et du Québec (148 550 et 71 330 respectivement).

Vie économique

En général, les immigrants grecs qui arrivent avant la Deuxième Guerre mondiale sont peu instruits, et pourtant certains d’entre eux comptent maintenant parmi les membres les plus riches de la communauté grecque, au sein de laquelle ils sont très actifs. Parmi les immigrants d’après la Deuxième Guerre mondiale, il y a un grand nombre d’ouvriers non spécialisés. Avec le temps, un grand nombre d’entre eux se sont élevés dans l’échelle sociale en fondant leur propre petite entreprise.

Les immigrants-entrepreneurs sont activement engagés dans la restauration, l’industrie de la fourrure, le commerce en gros et de détail des fruits et produits d’épicerie et les agences de voyages. Les immigrants grecs professionnels travaillent comme ingénieurs, avocats, médecins, professeurs et fonctionnaires. Les personnes d’origine grecque nées au Canada étant plus scolarisées que leurs parents, elles occupent de meilleurs emplois professionnels et spécialisés.

Vie sociale et culturelle

En raison de la croissance de l’immigration grecque après 1905, les établissements grecs au Canada commencent à s’organiser en communautés ethniques (voir aussiidentité ethnique). Les associations culturelles et patriotiques sont établies d’abord pour aider les immigrants à s’ajuster à la nouvelle société, pour lutter contre les préjudices et la discrimination et pour préserver la langue grecque et la culture hellénique. Avec le temps, les associations ethniques suscitent de l’intérêt pour la formation de communautés paroissiales appelées à occuper des fonctions religieuses et culturelles.

Dans les villes canadiennes plus grandes, les Grecs ont tendance à se regrouper dans certains quartiers ou communautés de la même origine ethnique qu’eux. L’établissement des premières églises orthodoxes grecques à Montréal, en 1906, et à Toronto, en 1909, marque le début des communautés paroissiales grecques au Canada. La plupart des Canadiens grecs appartiennent à l’Église orthodoxe grecque dont le siège est à Toronto. Celle-ci contribue à la conservation de l’hellénisme par l’usage de la langue grecque dans les cérémonies religieuses et son attachement aux idéaux grecs. Le chef des communautés paroissiales est l’Évêque métropolitain du Canada par l’intermédiaire duquel celles-ci sont associées au diocèse orthodoxe grec de l’Amérique du Nord et du Sud. En 1993, on dénombre 58 églises orthodoxes grecques au Canada qui répondent aux besoins spirituels des Canadiens grecs.

L'église orthodoxe greque Saint Athanassius à Kingston en Ontario au Canada
L'église orthodoxe greque Saint Athanassius à Kingston en Ontario au Canada, un édifice du patrimoine historique du 19esiècle.
(© Capricornis/Dreamstime.com)

Les organisations grecques importantes comprennent l’American Hellenic Educational et Progressive Association (AHEPA), introduite au Canada à partir des États-Unis en 1928, la Greek Orthodox Youth of America, la Hellenic Canadian Federation of Ontario, la Fédération hellénique canadienne du Québec et le Congrès hellénique canadien. Le Congrès a été créé en 1986 comme organisation parapluie de tous les Canadiens grecs et pour parler en leur nom dans le domaine des affaires ethnoculturelles au gouvernement fédéral. De nombreuses associations philanthropiques et sociales régionales ont été créées pour aider les nouveaux arrivants et leurs régions d’origine et faire connaître la culture hellénique. La Veteran Association of the Greek National Resistance (1941-1945) contre l’occupation nazie a été établie à Montréal et à Toronto en 1981 et à London, en Ontario, en 1991.

Au début des années 1980, des organisations communautaires laïques grecques font leur apparition dans différentes villes, notamment London, Sarnia et Markham, en Ontario, et Edmonton, pour remplacer la structure traditionnelle de la communauté paroissiale. Ces organisations constituent des communautés ethnoculturelles sans fonctions religieuses ni affiliation à une Église. Les Canadiens grecs peuvent en devenir membres, peu importe leur appartenance religieuse. L’établissement de structures communautaires laïques est la conséquence inévitable des changements démocratiques survenus après la Deuxième Guerre mondiale au sein des communautés grecques.

Plusieurs journaux canadiens-grecs, par exemple le Hellenic Tribune, le Greek Canadian Weekly, le Greek Courier, le Greek Canadian Press et le Hellenic Canadian Cultural Review, ainsi que des revues, aident les Grecs à s’intégrer à la vie canadienne tout en les informant des événements qui se produisent en Grèce et au Canada. Les Canadiens grecs ont aussi accès à des émissions de radio et de télévision offertes par des stations multiethniques, surtout à Toronto et à Montréal. Les coutumes et les traditions comprennent la célébration des congés nationaux grecs (en particulier le jour de l’indépendance hellénique, le 25 mars), les fêtes et les congés religieux de même que des danses et des pique-niques annuels (voir aussiJours fériés nationaux).

Maintien du groupe

La famille et les écoles de langue grecque jouent un rôle important en enseignant aux enfants la langue et les valeurs grecques et en leur donnant un certain sentiment d’identité à la culture hellénique. Depuis les années 1960, les écoles de langue grecque sont de plus en plus populaires et différentes. Selon le recensement de 2016, 116 460 Canadiens sont de langue maternelle grecque (première langue apprise). La préservation de la culture hellénique est importante aux yeux des Canadiens grecs puisqu’elle leur donne un sentiment de fierté personnelle, en raison de la contribution de leurs ancêtres à la civilisation occidentale, et un sentiment d’identité et d’appartenance’’.


Lecture supplémentaire

  • Peter D. Chimbos, The Canadian Odyssey: The Greek Experience in Canada (1980) and "The Changing Organization of Greek Canadian Communities," in International Journal of Comparative Sociology (1987); George Vlassis, The Greeks in Canada (1953); Efrosini Gavaki, The Integration of Greeks in Canada (1977); Stephanos Constantinides, Les Grecs du Québec (1983).

Liens externes