Inventions et appareils

Inventions et appareils.

Inventions et appareils.

1. Instruments inventés ou perfectionnés

2. Aides pédagogiques et curiosités

Voir aussi Carillon, Clavecin - Facture, Instruments électroniques, Instruments mécaniques, Musique électroacoustique, Orgue - Facture, Piano - Facture. Voir aussi Heintzman & Co. ainsi que les articles sur les facteurs d'instruments indiividuels.

1. Instruments inventés ou perfectionnés. Au nombre des inventeurs canadiens du XIXe siècle figurent James P. Clarke (v. 1807-1877) qui, dit-on, aurait construit un orgue à tuyaux de verre auquel il prêtait de plus grandes possibilités de variation sonore, et Roch Lyonnais (1849-1921) qui se livra à plusieurs expériences sur divers instruments entre 1865 et 1880. Salluste Duval (v. 1857-1917), chimiste, médecin et organiste, inventa pour l'orgue une pédale de combinaisons ajustable qui fut utilisée pour la première fois par Casavant en 1884. Ce fut en 1892 que les Casavant construisirent leurs premières orgues électropneumatiques, dont un modèle fut installé dans la basilique d'Ottawa et un autre dans l'église paroissiale Notre-Dame-du-Rosaire à Saint-Hyacinthe, Québec. Morse Robb de Belleville, Ont., inventa un « orgue à ondes » électronique en 1927, plusieurs années avant que des compagnies comme Hammond produisent des instruments analogues. Au milieu des années 1930, Oswald Michaud, technicien du piano et acousticien de Montréal, inventa et breveta un piano électrique qu'il appela le Sonobel. Au lieu d'une table d'harmonie, le Sonobel était muni d'électroaimants situés près des cordes, lesquels transmettaient les vibrations à un haut-parleur par l'intermédiaire d'un amplificateur. Malgré un accueil favorable, le Sonobel fut éclipsé par l'orgue électronique. Les deux prototypes du Sonobel sont restés la possession de la petite-fille de Michaud. Le Shaw Concept Organ est une invention plus récente dans le domaine des instruments à clavier. Construit par Neil Shaw de Burlington, Ont., il comporte 54 jeux et 285 canaux audiophoniques. Cet instrument, dont on a estimé la valeur à plus de 100 000 $, a été joué en concert et loué occasionnellement à des particuliers. Un autre instrument digne d'intérêt est la « saqueboute », monophonique et électronique (c'est-à-dire ne pouvant produire qu'un son à la fois), inventé par l'éminent physicien Hugh Le Caine en 1945. Le Caine mit au point par la suite un instrument qu'il baptisa Pauliphone et qui pouvait produire deux ou plusieurs sons à la fois. La biographe de Le Caine, Gayle Young, a conçu et réalisé deux instruments répondant à son intérêt pour l'accord et la tonalité des sons. Le premier, la colombine, a été créé en 1977. Il s'agit d'un instrument à percussion formé de 61 tubes d'acier qui comprend 23 sons par octave. Il a été suivi, en 1980, de l'amaranthe, une cithare de 24 cordes dont le chevalet mobile donne une grande flexibilité au système d'accord.

Richard Armin s'est mérité une réputation internationale et de nombreux prix grâce à sa conception des RAAD, une famille d'instruments à cordes faits d'épinette qui utilisent une technologie brevetée pour amplifier le son électroniquement. On les a utilisés dans les écoles et les universités, lors d'enregistrements, en concert, et au cours de recherches expérimentales au MIT. Le compositeur amér. Tod Machover a utilisé un RAAD dans sa pièce Begin Again Again... pour hypervioloncelle que Yo-Yo Ma a exécutée à Tanglewood en 1991. RAAD Instruments Inc. a été constituée en société à Toronto en 1983. Leonard John, un ingénieur en aérospatiale de Toronto, expert en matériaux composites ultralégers, a construit et breveté en 1988 trois prototypes de violons en graphite. Les propriétés du graphite permettent la reproduction fidèle d'un modèle unique, ce qui assure une réponse acoustique constante pour des instruments moins coûteux à fabriquer. En 1986, Philippe Ménard a mis au point le Synchoros, une série de huit lampes reliées à un microordinateur. Le son est produit par le mouvement des mains sous les lampes. Dans les années 1980, Nil Parent a créé et mis au point son synthétiseur additif, le 16 π pour « ... établir un lien entre la synthèse et l'analyse » (CompCan, 201, mai-juin 1985).

2. Aides pédagogiques et curiosités. L'un des premiers appareils de pédagogie musicale breveté au Canada fut le Chromatomètre (1832) de T.F. Molt qui consistait en une boîte munie d'une table d'harmonie, de cordes, d'un chevalet mobile et d'un étouffoir. Au moyen d'une manette de réglage, cet instrument produisait les sons de la gamme chromatique. Plus tard au cours du siècle, William Bohrer annonça un guide-mains automatique pour le piano tandis que Pierre-Minier Lagacé élaborait une « Méthode de sténographie musicale » aujourd'hui conservée au séminaire de Québec. Plusieurs années durant, Hugh A. Clarke tenta, sans succès, de mettre au point une machine à écrire pour la musique. Le 31 octobre 1900, le Musical Courier rapporta que Laura McLaren d'Ottawa avait breveté un appareil à l'intention des professeurs de musique « qui permettait entre autres d'offrir à l'élève une représentation visuelle de la structure des gammes, de leurs tons et de leurs demi-tons ». On retrouve une telle possibilité dans un grand nombre d'appareils conçus par des professeurs : la Règle musicale Cournoyer, mise au point par Georges Cournoyer, qui remporta une médaille d'or au Salon mondial des inventions (Bruxelles 1976); le Melecci Scales and Chords Builder (milieu des années 1940), règle à calcul inventée par Adelmo Melecci (qui était alors dir. de la succursale Willowdale du RCMT); et diverses inventions de Rj Staples, éducateur de la Saskatchewan, dont une règle pour indiquer les gammes et les structures d'accords, un indicateur d'accords et un indicateur de disques, ce dernier appareil pouvant localiser et isoler n'importe quel passage sur un disque 78t. Staples conçut également un violoncelle simplifié propre à stimuler l'intérêt des enfants pour les instruments à cordes. Le Musicographe Liessens, inventé par Auguste Liessens, perfectionné en 1946 et distribué dans plusieurs pays, permet aux aveugles d'écrire de la musique à l'intention des voyants. Le Magnetic Board, un tableau noir magnétique sur lequel des portées sont peintes et dont les notes sont mobiles, fut inventé par Meier Podolak (né en Pologne en 1904) peu après son arrivée à Toronto vers 1952. Ce dispositif, qui permettait la photographie de pages complètes dans une notation pouvant être clairement reproduite, fut largement employé par des éditeurs de musique canadiens et américains. Après la retraite de Podolak en 1974, le tableau fut utilisé pour une courte période par une compagnie de London, Ont., puis tomba en désuétude.

Parmi les appareils utiles à l'enseignement des instruments à clavier, on compte le « tableau électronique » (v. 1964) d'Hervé Lemay et le Multiple Student Keyboard (clavier principal rattaché à ceux des élèves) de David Ouchterlony au début des années 1960. En réponse à Baldwin Piano Co., qui réclamait un tableau de démonstration pouvant être utilisé concurremment avec son « électropiano » (piano destiné à l'enseignement), Lemay - un frère du Sacré-Coeur résidant à Bromptonville, Québec - conçut un écran de démonstration doté de portées et de notes qui s'allumaient quand elles étaient jouées. Bien que cet appareil n'eût jamais été breveté, on en construisit cinq prototypes dont le deuxième et le troisième étaient munis de consoles pour la programmation des gammes. Ils trouvèrent des acquéreurs à Sherbrooke (écoles Sacré-Coeur et Mitchell), Gaspé et Québec. L'appareil à claviers multiples d'Ouchterlony comprenait plusieurs claviers électroniques distincts, tous reliés à un tableau de contrôle pourvu de lumières minuscules représentant des centaines de notes, et d'un système de son pouvant s'allumer ou s'éteindre. Grâce aux lumières, le professeur n'avait pas à se déplacer et pouvait, même sans entendre, déceler les erreurs commises par l'étudiant. Quatre de ces appareils, pouvant servir à l'enseignement de la composition élémentaire aussi bien que de la théorie, furent construits par l'Allen Organ Co. d'Allentown, Penn.

En 1983, le professeur de violon torontois Robert Spadafora eut l'idée d'un dispositif comportant deux parties imbricables, dont l'une peut être fixée au violon et l'autre à l'archet. Le Sound Perfection est destiné à montrer à l'apprenti violoniste comment bien passer l'archet sur les cordes de son instrument. Un prototype a été mis au point avec l'aide de l'Université de Waterloo et l'appareil est devenu disponible en 1991. Ellis Wean, ex-tuba solo de l'OSM et professeur à l'Université McGill, a conçu une embouchure en acrylique transparent sans condensation pour les cuivres. En 1986, il a créé des prototypes de son Tru-Vu, tout en rédigeant le manuel qui l'accompagne. La nouvelle embouchure permet aux professeurs comme aux élèves de voir, pour la première fois, la position des lèvres et de la langue au moment où l'on joue. Rick Davis de Shelburne, N.-É., a inventé un transmetteur sans fil de la taille d'un oeuf qu'on peut relier à une guitare électronique ou un clavier et qui peut retransmettre le son de l'instrument à une radio MF placée à proximité. L'Air Jack, qui constitue une solution de rechange économique aux amplificateurs et haut-parleurs onéreux a commencé à être fabriqué.en série à Dartmouth, N.-É., en 1990.

Les dossiers relatifs aux brevets accordés à des inventions et appareils peuvent être consultés au Bureau des brevets à Ottawa, mais l'index des sujets est limité.


Lecture supplémentaire

  • Major, Henriette. 'La musique rendue facile par... la règle à calcul,' Perspectives, 24 Apr 1976

    Kirkwood, Heather. 'Revolution in the big brass band,' McGill News, Fall 1987

    Brennan, Pat. 'Baked in a kitchen oven this violin is a cool item,' Toronto Star, 8 Mar 1988

    Munn, Ivan. 'Rick, Bill and Air Jack: doing a volume business,' Financial Post Moneywise, Jan 1990

    Levitch, Gerald. 'Violin virtuosity made virtually foolproof,' Toronto Globe and Mail, 24 Oct 1991