Jacques Savoie

Jacques Savoie, musicien, écrivain et scénariste acadien (né le 3 février 1951 à Edmundston, Nouveau-Brunswick).

Jacques Savoie, musicien, écrivain et scénariste acadien (né le 3 février 1951 à Edmundston, Nouveau-Brunswick). Cet auteur a marqué le monde littéraire, télévisuel et cinématographique de la francophonie canadienne. Membre fondateur du groupe de musique acadien Beausoleil Broussard, il est aussi l’auteur de près d’une vingtaine de romans dont Raconte-moi Massabielle et Les Portes tournantes, primés sur la scène internationale et transposés au grand écran. En plus de collaborer au texte de l’adaptation cinématographique de ses romans, Savoie a scénarisé plusieurs miniséries à succès pour la télévision telles que Bombardier (1992) et Les Lavigueur, la vraie histoire (2008) – séries pour lesquelles il a remporté le Prix Gémeaux dans la catégorie du Meilleur texte pour une série dramatique.

Éducation et début de carrière

Jacques Savoie obtient à l’Université de Moncton en 1972, un baccalauréat en sciences politiques et économiques. Il part ensuite pour la France, où il obtient une maîtrise en lettres modernes de l’Université d’Aix-en-Provence.

Un artiste aux multiples talents

Après la publication en 1972 d’un premier recueil de poésies intitulé L’anti-livre, en collaboration avec Herménégilde Chiasson et Gilles Savoie, Jacques Savoie se tourne vers la musique (voir Musique de l’Acadie). S’inspirant du folklore traditionnel acadien, il met sur pied, avec Claude Fournier, Isabelle Roy et Jean-Gabriel Comeau, le groupe Beausoleil Broussard (1976). Ce groupe connaît un réel succès et remporte le Prix de la Jeune chanson française à Paris en 1978.

Jacques Savoie fait ensuite un court détour par le cinéma soit à titre de musicien (Truck de Robert Award en 1975 et Leur crise on la paye pas de Tahani Rached en 1976), de réalisateur (Pour le plaisir de faire de la poterie au Québec en 1976) ou encore d’acteur (Toutes les photos finissent par se ressembler d’Herménégilde Chiasson en 1986). En1979, il publie un premier roman intitulé Raconte-moi Massabielle. Les droits sont achetés par l’Office national du film du Canada et Jacques Savoie en fait l’adaptation. Il en fait de même pour Les Portes tournantes, roman publié en 1984 (pour lequel il est finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général du Canada) et qui est porté à l’écran par le réalisateur québécois Francis Mankiewicz.

Littérature jeunesse et scénarisation

Dès lors, Jacques Savoie poursuit une double carrière. Il écrit pour les adultes et les jeunes en publiant près d’une vingtaine d’œuvres de fiction (voir Littérature de langue française). Sa littérature jeunesse est éditée par la maison d’édition québécoise La courte échelle.

Vers le milieu des années 1980, Savoie devient scénariste à la télévision. On lui doit le scénario de Bombardier, une minisérie présentée par Télé-Québec en 1992, qui relate l’histoire de l’inventeur de la motoneige, le Québécois Joseph-Armand Bombardier. Il signe Les bâtisseurs d’eau et Les orphelins de Duplessis, deux miniséries présentées cette fois, par la Société Radio-Canada en 1997. En 1998, TVA le recrute pour la série Ces enfants d’ailleurs II, puis la scénarisation du téléroman Rue L’Espérance (1999–2001). En 2008, il signe deux autres miniséries à Radio-Canada, soit Les Lavigueur, la vraie histoire et René II – Le destin d’un chef, qui retrace la carrière politique de René Lévesque. Il est aussi l’auteur du scénario du docu-fiction Pour toujours les Canadiens!, réalisé par Sylvain Archambault et célébrant le centième anniversaire de ce club de hockey(2009).

Prix et récompenses

Depuis le début de sa carrière professionnelle, Jacques Savoie ne cesse de récolter prix et honneurs. En 1980, on lui décerne le Prix de l’Association francophone internationale à Paris pour son roman Raconte-moi Massabielle. Pour son scénario adapté en film, il reçoit le Grand Prix du Festival des films de l’Atlantique en 1983. On récompense son roman Les Portes tournantes en 1985 par le Prix France-Acadie. Puis en 1988, l’adaptation cinématographique du roman reçoit le Prix Œcuménique du Festival de Cannes dans la catégorie Un certain regard, ainsi que le Prix Le Permanent du meilleur film québécois de l’année du Festival des films du monde de Montréal. L’année suivante, Les Portes tournantes récolte 10 nominations aux Prix Génie et deux prix.

Il reçoit aussi un Prix Gémeaux pour son scénario de la série Bombardier (1992). En 1995, il est parmi les finalistes du Prix littéraires du Gouverneur général du Canada dans la catégorie Roman jeunesse pour Toute la beauté du monde et en 1998, l’Université de Moncton reconnaît sa contribution aux lettres en lui remettant un doctorat honoris causa. En 1998 également, sa minisérie, Les orphelins de Duplessis, se mérite la FIPA d’or au Festival international des programmes audiovisuels de Biarritz en France.

Un second Prix Gémeaux lui est décerné en 2008 pour la scénarisation de la télésérie Les Lavigueur, la vraie histoire. Cette série est récompensée par de nombreux prix dont le Trophée Indie de la meilleure télésérie canadienne par la Canadian Film and Television Production Association (2008), le FIPA d’argent à Biarritz (2009) et le Prix de La Rose d’or à Lucerne en Suisse (2009). En 2010, son talent de romancier est à nouveau reconnu par le Prix Saint-Pacôme du roman policier pour son livre Cinq secondes. Ce roman récolte aussi une nomination pour le Prix Arthur-Ellis du roman policier en langue française en 2011, alors qu’Une mort honorable se trouve parmi les ouvrages finalistes au Prix des lecteurs de Radio-Canada en 2013.

Discographie (avec Beausoleil Broussard)

Beausoleil Broussard (1977, Le Tamanoir).

Mutinerie (1978, Le Tamanoir).

Le mitan du siècle qui s’en vient (1979, L’Escargot).

Journal de bord, 1976–1980 (2003, GSI Musique).

Publications

Poésie

L’anti-livre, avec Herménégilde Chiasson et Gilles Savoie (illustrations) (Les éditions de l’Étoile Magannée, 1972).

Romans

Raconte-moi Massabielle (Éditions d’Acadie 1979).

Les Portes tournantes (Boréal, 1984).

Le récif du prince (Boréal, 1986).

Une histoire de cœur (Boréal, 1988).

La trilogie du Cirque bleu : Le Cirque bleu, Les Ruelles de Caresso et Un train de glace (La courte échelle, 1995–1998).

Les soupes célestes (Fides, 2005).

Cinq secondes (Libre Expression, 2010).

Une mort honorable (Libre Expression, 2012).

Le fils emprunté (Libre Expression, 2013).

Un voyou exemplaire (Libre Expression, 2014).

Romans jeunesse

Toute la beauté du monde (La courte échelle, 1995).

Une ville imaginaire (La courte échelle, 1996).

Les fleurs du capitaine (La courte échelle, 1996).

Les cachotteries de ma sœur (La courte échelle, 1997).

Un chapeau qui tournait autour de la terre (La courte échelle, 1997).

Le plus beau des voyages (La courte échelle, 1997).

La plus populaire du monde (La courte échelle, 1998).

Ballet

Les Portes tournantes, livret du ballet inspiré du roman, produit par le Ballet-théâtre atlantique du Canada (2004).


Lecture supplémentaire

  • Françoise Bayle Petrelli, « De l’essentiel à l’anecdotique : L’influence de J. Poulin sur l’œuvre de J. Savoie », Études Canadiennes/Canadian Studies 37 (1994): 395–406.

    Denis Bourque, « Quand la fête 'tourne mal' : Carnavalesque et crise sacrificielle dans Raconte-moi Massabielle de Jacques Savoie », Francophonies d’Amérique6 (1996): 21–32.

    Pénélope Cormier, « Modernité et nomadisme artistiques dans Les Portes tournantes de Jacques Savoie », Francophonies d’Amérique 19 (printemps 2005): 185–192.

    Pénélope Cormier, « Jacques Savoie : topographie d’une "bifurcation littéraire" », Literary Atlas of Atlantic Canada / Atlas littéraire du Canada atlantique (2014).

    David Décarie, « Sympathy for the Devil : enjeux du passage du scénario Le Concert au roman Les Portes tournantes de Jacques Savoie », Port Acadie : Revue interdisciplinaire en études acadiennes / Port Acadie: An Interdisciplinary Review in Acadian Studies 20–21 (2011–2012): 183–199.

    Lise Gauvin et Michel Larouche, « La traversée des médias dans Les Portes tournantes de Jacques Savoie : roman, scénarios, film et pièce radiophonique », Andrée Mercier et Esther Pelletier, dir., L’adaptation dans tous ses états : passage d’un mode d'expression à un autre (Éditions Nota Bene, 1999), 21–37.

    Pierre Guérin, « Théâtralité de Raconte-Moi Massabielle de Jacques Savoie », Pointe de l’Église : Revue de l’Université de Sainte-Anne (1998): 143–153.

    Katherine Howlett, La communication dans l’œuvre romanesque de Jacques Savoie (Mémoire de maîtrise, Université Dalhousie, 2014).

    Mariana Ionescu, « Postmodernisme et quête identitaire dans le roman et le film Les Portes Tournantes », Women in French Studies (2006): 291–310.

    Martine Jacquot, « La musique comme langage universel dans deux romans de Jacques Savoie » River Revue/La revue rivière 4 (1998): 123–132.

    Maurice Lamothe, « Beausoleil Broussard : Ambassadeur et entrepreneur de l’acadianité », Robert Viau, dir., La création littéraire dans le contexte de l’exiguïté (MNH, 2000), 91–108.

    Jean Levasseur, « Aliénation et culture : Jacques Savoie et la perte d’identité acadienne », Studies in Canadian Literature 19, 2 (1994): 67–76.

    Jean Levasseur, « Portrait d’auteur : Jacques Savoie : de Moncton à Montréal », Francophonies d’Amérique, 9 (1999): 41–47.

    David Lonergan, Paroles d’Acadie : Anthologie de la littérature acadienne (1958–2009) (Prise de parole,‎ 2010).

    Tony Simons, « Raconte-moi Acadie: The Competing Voices of Acadie in Jacques Savoie's Novel Raconte-Moi Massabielle and His Film Massabielle », Kamal Sahli, dir., Francophone Post-Colonial Cultures: Critical Essays (Lexington Books, 2003), 251–261.

    Pierre Véronneau, « Jacques Savoie, scénariste de ses romans : une identité entre l’Acadie et le Québec », dans André Magord, Amélie Giroux, et Maurice Basque, L'Acadie plurielle: dynamiques identitaires collectives et développement au sein des réalités acadiennes (Université de Moncton, Centre d’études acadiennes, 2003), 699–715.

    Pierre Véronneau, « Raconte-Moi Jacques Savoie », Studies in Canadian Literature/Études en littérature canadienne 16, 1 (1991): 36–53.

Liens externes