Jean‑Josaphat Gagnier

Jean‑Josaphat Gagnier, chef d’orchestre, compositeur, clarinettiste, bassoniste, pianiste, administrateur et professeur (né le 2 décembre 1885 à Montréal, au Québec; décédé le 16 septembre 1949 à Montréal).

Jean‑Josaphat Gagnier, chef d’orchestre, compositeur, clarinettiste, bassoniste, pianiste, administrateur et professeur (né le 2 décembre 1885 à Montréal, au Québec; décédé le 16 septembre 1949 à Montréal). Issu d’une grande famille de musiciens, Jean‑Josaphat Gagnier a commencé à jouer professionnellement à l’âge de 14 ans, puis à diriger divers orchestres et chœurs dès 18 ans. Peu de temps après, il a été le bassoniste d’un orchestre symphonique à Montréal (auj., Orchestre symphonique de Montréal [OSM]) dirigé par Joseph‑Jean « J.-J. » Goulet. Il a par la suite dirigé de nombreux groupes de musique au Canada et aux États‑Unis, a travaillé à la radio, a beaucoup enseigné et a produit la première édition de la compilation du catalogue d’œuvres de compositeurs canadiens, Catalogue of Canadian Composers (1947). Il a aussi composé de nombreuses pièces musicales pour orchestre de même que des œuvres pour chœur et pour clavier, dont certaines ont été publiées dans les volumes 17 et 21 de la compilation The Canadian Musical Heritage (voir Société pour le patrimoine musical canadien).

Formation et début de carrière

Jean‑Josaphat Gagnier étudie la clarinette avec son père, clarinettiste professionnel Joseph Gagnier, puis avec Jacques Vanpoucke, Louis van Loocke, Léon Medaer et Oscar Arnold. En outre, il apprend le basson avec Émile Barbot et Carl Westermeier, suit des leçons de piano avec Romain-Octave Pelletier et Alexis Contant, et étudie les matières théoriques avec ce dernier, Romain Pelletier Charles Tanguy et Orpha Deveaux. À 14 ans, il joue dans des théâtres et au parc Sohmer. À 18 ans, il dirige des ensembles musicaux et des chœurs. Puis, rapidement, il est bassoniste pour un orchestre symphonique à Montréal (auj., Orchestre Symphonique de Montréal [OSM]) sous la direction de Joseph‑Jean « J.-J. » Goulet.

Carrière dans la musique

En 1910, Jean‑Josaphat Gagnier organise et dirige l’Harmonie de Montréal, ou Harmonie Concordia. Impressionné par son travail à la Compagnie d’opéra de Montréal, Frank Stephen Meighen le place, en 1913, à la tête de la musique des Canadian Grenadier Guards, poste qu’il conserve jusqu’en 1947 avec le grade de capitaine. De 1917 à 1919, il est le directeur musical de l’harmonie du parc Sohmer. À ce moment, sa réputation comme chef d’orchestre s’étend jusqu’aux États‑Unis, où il se rend fréquemment pour diriger des ensembles comme le célèbre Goldman Band.

En 1921, Jean‑Josaphat Gagnier dirige des opéras aux théâtres Saint-Denis et Français. Il fonde et dirige, de 1920 à 1931, la Petite symphonie de Montréal. Puis, il réorganise l’OSM en décembre 1927 qu’il maintient jusqu’en 1929. Par ailleurs, de 1925 à 1930, il enseigne aux collèges du Mont-Saint-Louis et de Montréal, et donne des leçons au Conservatoire national de musique, au Conservatoire de McGill (voir Départements de musique de l’Université McGill) et au Collège de musique Dominion.

Jean‑Josaphat Gagnier pratique aussi intensivement la composition. Ses œuvres adoptent une grande variété de styles, allant du romantisme à l’impressionnisme, et il y exploite avec habileté et goût les divers timbres de l’orchestre. Il retrace plusieurs œuvres de Calixa Lavallée et en assure la présentation lors d’un concert public au parc Lafontaine lors de la translation des restes du compositeur de Boston à Montréal à l’été 1933.

En 1934, Jean‑Josaphat Gagnier reçoit un doctorat en musique de l’Université de Montréal. Il donne de nombreuses conférences et publie des critiques, des chroniques, des poèmes et des mémoires, notamment dans Le Passe-Temps. Après la publication de la List of Canadian Music (1946) de la Fédération canadienne des associations de professeurs de musique, ouvrage préparé par Lyell Gustin, Jean‑Josaphat Gagnier compile le premier catalogue de compositions canadiennes, qui est publié sous forme miméographiée par la Canadian Broadcasting Corporation (CBC) en 1947 sous le titre de Catalogue of Canadian Composers. Une deuxième édition, éditée par Helmut Kallmann, est publiée en 1952.

En outre, Jean‑Josaphat Gagnier joint l’Association canadienne des harmonies et l’American Conductors’ Association. En 1942, il fonde son propre groupe, le Quintette Gagnier d’instruments à vent. (Alors qu’on n’en fait l’annonce que quelques années plus tard dans Le Passe‑Temps [août-septembre 1947], son frère Réal Gagnier confirme cette date.) Il dirige ce quintette des plus exceptionnels, composé de cinq membres d’une même famille (quatre de ses frères et son fils Roland Gagnier), jusqu’en 1949, alors que sa santé déclinante le pousse à réduire ses activités.

Carrière à la radio

Jean‑Josaphat Gagnier s’intéresse à la radio et, en 1931, dirige 26 concerts des Canadian Grenadier Guards relayés aux États‑Unis par le réseau Columbia Broadcasting System (CBS). En 1934, il se joint au personnel de la Commission canadienne de la radiodiffusion (CCR) et devient le directeur régional de la musique à la CBC, poste qu’il occupe jusqu’à sa mort, tour à tour à la tête de nombreux concerts et opéras.

Distinctions

En 1959, Montréal donne son nom à un parc et, en 1963, à une rue au nord de la ville. Les documents et les manuscrits de Jean‑Josaphat Gagnier sont conservés par Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

Voir aussi : Guillaume Gagnier,René Gagnier,Armand Gagnier,Ernest Gagnier,Lucien Gagnier, Claire Gagnier, Gérald Gagnier et Ève Gagnier (tous membres d’une même famille de musiciens).

Une version antérieure de cet article paraît dans l’Encyclopédie de la musique au Canada.

Quelques compositions

Orchestre ou harmonie

Here’s to Tommy, harmonie (v. 1915). Manuscrit (ms). HMV 216007 (avec les Canadian Grenadier Guards).

Toronto Bay, orchestre, harmonie (1921). Fischer, 1937 (harmonie).

Le Vent dans l’érable effeuillé/The Wind in the Leafless Maple, orchestre, harmonie (1927). Ms. RCI 1 (sous la direction de Jean‑Marie Beaudet).

Têtes d’enfants, orchestre à cordes (1930). Parnasse, 1947.

Pan aux pieds de chèvre/The Goatfooted Pan, orchestre, harmonie (1931). Ms.

La Dame de cœur/Queen of Heart, orchestre, harmonie (1934). Fischer (harmonie).

Hands Across the Border, harmonie (v. 1935). Remick Music Corp., 1938.

Skip Along, harmonie (v. 1935). Fischer, 1937.

Pyrame et Thisbé, solistes, chœur, orchestre (1942). Parnasse (sous la direction de Jean‑Josaphat Gagnier).

Journey, orchestre (1944). Ms. RCI 233/Cap ST‑6261 (avec l’Orchestre de la CBC à Winnipeg).

Suite, harpe, orchestre (1945). Sam Fox, 1945.

Reflets, orchestre, instruments à cordes (1946). Parnasse, 1947.

Et plusieurs autres œuvres pour orchestre, pour harmonie, pour instruments à cordes, pour chœur et orchestre ou pour chœur, solistes et orchestres, la plupart inédites, soit de simples manuscrits (mss).

Chœur ou voix

« Hymne à la patrie », voix, paroles d’Albert Lozeau. Le Passe-Temps, 1905.

« Le Canada », voix, paroles d’Octave Crémazie (1915). Arch, 1935.

« Le Chant de l’A.C.J.C. », solistes, soprano, alto, ténor, basse, paroles d’Hermas Lalande. Association catholique de la jeunesse canadienne, 1925.

« Quicumque », voix. Frères des Écoles chrétiennes, 1925.

« Kyrie », voix. Frères des Écoles chrétiennes, 1941.

« Hamac dans les voiles », soprano, soprano, alto, alto (sous la direction de Jean‑Josaphat Gagnier). Parnasse.

« Os-Ke-Non-Don » (chant iroquois), soprano, alto, ténor, basse. Parnasse.

« Ressemblances », voix, paroles de René‑François Sully-Prudhomme. Parnasse.

Et plusieurs autres manuscrits.

Clavier

Ten Studies in Concert Form, piano (v. 1939). Arch, 1939.

Prélude (arrangement tiré de Trois préludes à l’Éternelle Comédie pour petit orchestre), orgue (v. 1945). Parnasse, 1947.

Et trois œuvres pour piano et deux autres pour orgue restées inédites (mss).

Une musique de scène et une œuvre pour harpe (mss) ainsi qu’un grand nombre d’arrangements.

Écrit

« Peintres, sculpteurs, comédiens et musiciens : Parents pauvres de chez nous », Action universitaire, vol. 15 (octobre 1948).


Lecture supplémentaire

  • « Un ensemble unique au monde : le Quintette Gagnier d’instruments à vent », Le Passe-Temps (août‑septembre 1947).

    Lapierre, Eugène. « Feu J.-J. Gagnier », Radiomonde (septembre 1949).

    Laurendeau, Arthur. « Mort d’un artiste », Action nationale, vol. 34 (octobre 1949).

Liens externes