John Hartman

​John Hartman, peintre, graveur (né le 13 avril 1950 à Midland, en Ontario). Ayant été élevé sur les côtes sud et est de la baie Georgienne, John Hartman a de forts liens visuel et narratif avec le paysage de son enfance.
​John Hartman, peintre, graveur (né le 13 avril 1950 à Midland, en Ontario). Ayant été élevé sur les côtes sud et est de la baie Georgienne, John Hartman a de forts liens visuel et narratif avec le paysage de son enfance.


John Hartman, peintre, graveur (né le 13 avril 1950 à Midland, en Ontario). Ayant été élevé sur les côtes sud et est de la baie Georgienne, John Hartman a de forts liens visuel et narratif avec le paysage de son enfance. La géographie physique et des portraits sont des éléments de ses œuvres, pourtant c’est leur juxtaposition idiosyncratique qui échappe à leur nature figurative. Bien que ses voyages, tout comme ses sujets, reflètent ses intérêts qui sont loin de sa province, le peintre garde son lien spirituel et créatif avec la partie de l’Ontario où il a habité et travaillé la plus grande partie de sa vie.

Ses dessins, aquarelles, huiles et ses pointes sèches en couleur (une technique de gravure qui consiste à tailler un dessin sur une plaque) reflètent son ambition de toujours de créer de l’art sur un lieu. Cependant, il va plus loin en poursuivant son désir de narration. Ses lieux sont remplis d’histoires, de souvenirs et d’événements historiques. Que ce soit ses paysages urbains de Manhattan ou de Londres, ses paysages des Hébrides ou des roches moutonnées de la côte est de la baie Georgienne, ses travaux ne sont pas tant de la géographie, mais surtout une représentation de notre perception des paysages et de la façon dont nous nous en souvenons personnellement et collectivement.

Enfance et carrière

John Hartman passe son enfance à Midland, en Ontario, à quelques kilomètres au nord de la ville de Lafontaine, proche de son atelier et de sa demeure actuelle où il habite avec son épouse, Patricia Hartman. Le père de John Hartman, Frank Hartman était comptable. Lui et son épouse, Jean Hartman, dirigeaient aussi un camp d’été pour les adolescentes situé près de Waubaushene, en Ontario. L’enfance et l’adolescence de John Hartman et de son frère c’est les études à Midland et les vacances d’été dans la baie Georgienne.

Malgré que John Hartman suive des cours de beaux-arts sous la direction de George Wallace à l’Université McMaster à Hamilton, il obtient un diplôme en sciences économiques, en 1971. George Wallace n’est pas un grand admirateur de la tradition paysagère de l’art canadien, ce qui met un jeune artiste comme John Hartman qui connaît bien les paysages servant de source d’inspiration à David Milne et au Groupe des Sept dans une position difficile et troublante. En tout cas, John Hartman est « une éponge » à cette époque, comme il se décrit, donc la passion de George Wallace pour les dessins audacieux et explicites des expressionnistes allemands contribue à sa réticence à s’engager au tout simplement pittoresque. De plus, l’amitié de John Hartman avec David Blackwood, artiste de Terre-Neuve, lui ouvre d’autres possibilités de narration. Les paysages de David Blackwood ont tendance à raconter une histoire, surtout dans sa série Lost Party qui présente les contes des banquises et des falaises austères. Alors, John Hartman commence à imaginer comment remplir les paysages qu’il observe avec des mythes, de l’histoire et des souvenirs. (David Blackwood est professeur d’art au Camp Hurontario, le camp pour les garçons, dirigé par l’historien et éducateur Birnie Hodgetts. John Hartman visite le Camp Hurontario comme campeur. Plus tard, on l’embauche comme professeur d’art.)

Le poète Douglas LePan est aussi son ami et son mentor. C’est lui qui apprend à John Hartman la perception de la notion du paysage plus littéraire et historique constituée de plusieurs couches de signification. Le paysage natal de John Hartman se situe à côté des emplacements des Jésuites où il y avait des confrontations souvent violentes entre le christianisme et le système de croyances des Premières Nations. John Hartman cite souvent sa conversation avec Douglas LePan pendant laquelle le poète se souvient d’être assis dans un champ ouvert à côté de la communauté de Wendake et de se demander ce qui s’y est passé. C’est une conversation qui a un impact sérieux sur John Hartman. « Ça a fait tilt » — dit-il à Rosemarie Tovell du Musée des beaux-arts du Canada. Même en regardant les premières œuvres de John Hartman, on comprend que les fantômes du temps laissent des traces dans les endroits où ils vivent.

Après avoir terminé l’Université McMaster, John Hartman envisage la possibilité de devenir avocat avant de se donner complètement à la carrière d’artiste.

Œuvres d’âge mûr

Il passe ses premières années comme artiste à expérimenter. Il en parle comme d’une période où il « ne trouve pas sa voie ». Quand il change le point de vue dans ses tableaux en privilégiant la perspective aérienne et surélevée, certains critiques interprètent son approche comme un effort pour se libérer des règles du paysage traditionnel. John Hartman, pourtant, affirme que ce sont les souvenirs de ses rêves extatiques d’enfance de s’envoler et son amour pour la beauté des cartes qui l’amènent à son approche « à vol d’oiseau ».

De plus, son respect et sa passion envers les travaux d’artistes comme Joseph Mallord William Turner, David Milne, Albrecht Altdorfer, Chaim Soutine et Oskar Kokoschka ont un grand impact sur ses propres œuvres. Cet impact peut être considéré comme étant la fondation de son art.

Ses aquarelles et ses huiles à grand format sont exposées dans la Collection McMichael d’art canadien en 1993. Son exposition Painting the Bay établit sa réputation comme peintre, mais il ne devient reconnu à l’échelle nationale qu’après la publication de son livre Big North et l’ouverture de l’exposition portant le même titre qui fait le tour du Canada entre les années 1999 et 2001. En 2003, John Hartman commence à peindre une série de tableaux à grand format qui représentent des paysages urbains sous la forme d’organismes vivants. La série intitulée Cities fait le tour du Canada et des galeries internationales entre 2007 et 2009. Ses travaux les plus récents, exposés à l’automne 2014 dans la galerie Nicholas Metivier à Toronto, retournent à la baie Georgienne, à ses roches, à son ciel et à ses eaux, et aux personnages présents dans ses paysages numineux.


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