John Tory

John Tory est un personnage politique de longue date en Ontario. Il a été élu 65e maire de Toronto en 2014.

John Howard Tory, avocat, animateur radio, dirigeant d’entreprise, politicien, maire de Toronto de 2014 à aujourd’hui (né le 28 mai 1954 à Toronto, en Ontario). Il est un personnage politique de longue date en Ontario, ayant travaillé dans les coulisses de campagnes fédérales et provinciales et servi de député provincial et de chef du Parti progressiste-conservateur de la province. Il a été élu 65e maire de Toronto en 2014.

Jeunesse

John H. Tory naît à Toronto dans une famille bien connue et ayant une forte présence dans les domaines des affaires, juridique et des médias. Son grand-père, John S. D. Tory, fonde ce qui est aujourd’hui l’un des plus grands cabinets d’avocats au Canada, Torys LLP. Son père, John A. Tory, est aussi avocat, mais quitte le cabinet familial pour agir comme conseiller financier en chef pour Ken Thomson pendant l’expansion de la Thomson Corporation, et siège plus tard au conseil de la jeune entreprise Rogers Communications inc., à l’invitation de son bon ami Ted Rogers.

John H. Tory fréquente l’école secondaire dans les écoles de l’University of Toronto et obtient un baccalauréat ès arts à l’Université de Toronto en 1975. Il termine ses études à l’Osgoode Hall Law School de l’Université York en 1978. Il épouse Barbara Hackett, avec qui il aura quatre enfants.

Carrière en droit et en entreprise

Après avoir terminé ses études en droit, John Tory rejoint le cabinet familial, connu à l’époque sous le nom de Tory, Tory, DesLauriers and Binnington. Rebaptisé Torys LLP, ce dernier est l’un des cabinets d’avocats d’affaires les plus puissants de la rue Bay. John Tory y travaille pendant plus de dix ans, se hissant au rang d’associé directeur général. En 1995, il devient le directeur général de Rogers Media inc. après l’acquisition par celui-ci de Maclean Hunter, un conglomérat important du domaine des médias. Plus tard, il devient le président-directeur général de Rogers Cable inc., alors le plus grand fournisseur de services de télédiffusion et d’Internet au Canada.

Service communautaire

À partir de 1992, John Tory est président bénévole de la Ligue canadienne de football; de 1997 à 2000, il en est le commissaire. Il agit à titre de président de campagnes de financement pour Centraide, l’Hôpital St. Michael’s et le Théâtre Bell Lightbox du Festival international du film de Toronto. Il est aussi l’un des membres fondateurs du conseil de la Greater Toronto CivicAction Alliance, une initiative de développement urbain.

Carrière en politique

La première incursion officielle en politique de John Tory est en tant que premier secrétaire du premier ministre de l’Ontario, Bill Davis, et en tant que secrétaire associé au Conseil des ministres de l’Ontario de 1981 à 1985. Pendant l’élection fédérale de 1988, il assume le rôle du directeur des opérations pour la campagne réussie pour la réélection du premier ministre Brian Mulroney. Après la démission de ce dernier en 1993, John Tory dirige la campagne électorale de son successeur, Kim Campbell. Au cours de cette campagne, il approuve la tristement célèbre publicité politique offensive qui souligne la paralysie faciale causée par la maladie de Bell de l’opposant Jean Chrétien, demandant, « Cela représente-t-il un premier ministre? » Les progressistes-conservateurs sont sévèrement battus par les libéraux de Jean Chrétien dans cette élection, le nombre de leurs sièges à la Chambre des communes passant de 151 à 2.

John Tory retourne à la politique en 2003 et se présente à la mairie de Toronto, mais est défait par David Miller. Il se concentre alors sur la politique provinciale et est élu chef du Parti progressiste-conservateur de l’Ontario. Il remporte son siège dans une élection partielle en 2005 et devient député provincial de la circonscription Dufferin Peel Wellington Grey.

Lors de l’élection de 2007, John Tory promet qu’un gouvernement progressiste-conservateur financera les écoles de toutes les confessions, et non pas seulement les écoles catholiques. La proposition de 400 millions de dollars ne plaît pas aux électeurs et on lui attribue la défaite du parti devant les libéraux de l’Ontario. John Tory, qui se présente alors dans la circonscription Don Valley West à Toronto, perd la circonscription devant la libérale Kathleen Wynne. En 2009, John Tory essaie de regagner un siège à l’Assemblée législative en contestant une élection partielle dans Haliburton – Kawartha Lakes, mais subit encore une fois une défaite. Le lendemain, il démissionne comme chef du parti.

En 2010, John Tory songe publiquement à se présenter à la mairie, mais décide de ne pas le faire. Rob Ford est élu maire en octobre de cette même année.

Radiodiffusion

John Tory touche au domaine de la radiodiffusion à l’université, travaillant comme journaliste radio pour CFTR, une station de radio AM appartenant au Rogers Radio News Network.

D’après le National Post, il est attiré vers la radiodiffusion même lorsqu’il est cadre dirigeant de Rogers, et anime une émission communautaire sur les affaires publiques sur Rogers Cable. En 2009, après avoir quitté la politique provinciale, il anime chaque après-midi une émission de radio de trois heures appelée The Live Drive sur la plus grande station de radio interactive du Canada, CFRB (Newstalk 1010). Il occupe ce poste jusqu’en 2014, lorsqu’il démissionne pour se présenter au poste de maire de Toronto.

Campagne pour la mairie

John Tory entre dans la course à la mairie pendant les derniers mois du mandat tumultueux de Rob Ford. Au début de la campagne, M. Ford, qui est en campagne de réélection, est déjà privé de ses pouvoirs exécutifs essentiels par suite à son aveu d'avoir fumé pendant son mandat de la cocaïne sous forme de « crack ». Comparativement, John Tory est perçu comme un candidat stable et expérimenté qui partage le conservatisme fiscal de Rob Ford, mais sans partager son approche enflammée ou ses problèmes personnels. L’autre opposant principal de John Tory est Olivia Chow, ancienne conseillère municipale de Toronto, députée pour le Nouveau Parti démocratique et la veuve du chef du NPD fédéral Jack Layton.

En septembre, Rob Ford reçoit un diagnostic de cancer et est alors remplacé par son frère, le conseiller Doug Ford. Malgré que ce dernier entre tardivement dans la course à la mairie, et malgré la perception qu’il est moins populaire que son frère, les résultats finaux sont plus serrés que prévus. John Tory est élu avec 394 775 votes (40,3 %). Doug Ford reçoit 330 610 votes (33,7 %) et Olivia Chow en reçoit 226 879 (23,2 %).

Toronto, h\u00f4tel de ville de (nouveau)
Le concept et l'architecte du nouvel h\u00f4tel de ville de Toronto ont été choisis dans le cadre d'un concours international (photo de Tibor Bognar).

Pendant la campagne électorale, John Tory promet de s’attaquer aux problèmes de transport en commun de la ville avec une voie ferrée de surface de 22 points d‘arrêt appelée SmartTrack et une nouvelle ligne de métro pour desservir le centre-ville. Il promet aussi de faire construire des voies cyclables séparées, ainsi que d’autres éléments d’infrastructure cyclable, et de briser les clivages politiques entre les résidents du centre-ville et ceux des banlieues.

Mairie

Pendant la première moitié de son mandat de quatre ans, John Tory est déjà reconnu comme étant une amélioration par rapport à son prédécesseur; il ramène la courtoisie à l’Hôtel de Ville et apporte une approche professionnelle et consciencieuse à la mairie. De plus, il lance d’importantes réformes sur la réduction de la pauvreté et sur le logement abordable, en plus de rétablir plusieurs services de transport en commun sabrés par l’ancienne administration.

Par contre il est critiqué pour avoir présenté un réseau SmartTrack de plus petite envergure que celui qu’il avait promis lors de sa campagne. Aussi, il est embêté par les débats au sujet de la pratique controversée des vérifications ponctuelles dans la rue effectuées par la police. Ces « contrôles de routine » consistent à recueillir des informations personnelles sur les personnes arrêtées par la police et sont considérés comme discriminatoires contre les personnes de la population noire et d’autres minorités. Appuyant d’abord la pratique, John Tory change d’idée et déclare qu’elle devrait être interdite. Finalement, il laisse la question au gouvernement provincial.