Ken Finkleman

Ken Finkleman, scénariste, réalisateur, acteur et producteur (né en 1946 à Winnipeg, Manitoba).

Ken Finkleman

Ken Finkleman, scénariste, réalisateur, acteur et producteur (né en 1946 à Winnipeg, Manitoba). Auteur anticonformiste rendu célèbre par le personnage récurrent de George Findlay, à l’humour caustique, satirique, pince-sans-rire et à l’ironie amère, qu’il incarne dans sept téléséries, Ken Finkleman est surtout connu pour la série comique iconoclaste The Newsroom dont il est réalisateur, scénariste, producteur et l’un des acteurs. Acclamée par le public et la critique lors de la diffusion de ses trois saisons (1996-1997, 2003-2004 et 2004-2005) et adaptée en téléfilm (Escape from the Newsroom, en 2002) sur les chaînes de télévision CBC et PBS, cette série est considérée comme l’une des meilleures satires médiatiques jamais produites.

Débuts et période hollywoodienne

Dans les années 1970, Ken Finkleman, étudiant en droit, se sent attiré par l’écriture. Plus intéressé par les comédies qu’il compose pour le journal de la faculté de droit que par la carrière d’avocat, il abandonne ses études après deux ans à l’université pour commencer à travailler à la CBC comme scénariste de la télésérie The Frankie Howerd Show (1976). Grâce à son producteur, il obtient une entrevue à Los Angeles pour écrire le scénario de la série éphémère de Dick Van Dyke Van Dyke and Company (1976).

Bien qu’il n’ait jamais officiellement résidé à Los Angeles (« Je frémis d’horreur à la seule idée que quiconque puisse habiter cette horrible ville », a-t-il déclaré), il n’en demeure pas moins assez ambitieux pour s’introduire dans le cercle rapproché de personnages influents tels que Don Simpson, Michael Eisner, Joel Silver et Jeffrey Katzenberg et obtient en peu de temps le contrat de scénariste du film Grease 2 (1982). Après avoir écrit et réalisé Airplane II: The Sequel (1982) et la comédie Head Office (1985), il collabore en 1987 au scénario du film qui lance la carrière de Madonna, Who’s That Girl.

The Newsroom

Après avoir débuté sa carrière dans une veine comique traditionnelle, Ken Finkleman découvre son propre style, au début des années 90, lors d’une période marquée par l’humour sarcastique, discret et autoréférentiel.

Il introduit le personnage secondaire de George Findlay dans sa série comique Married Life (1995), plusieurs fois sélectionnée pour un prix Gémeau, puis bâtit sa série The Newsroom autour de ce même personnage de producteur de télévision obsédé par les cotes d’écoute. S’inspirant directement de la série de Garry Shandling, The Larry Sanders Show (1992‑1998), qui met en lumière le climat anarchique, tendu et survolté régnant dans les coulisses d’une émission-débat diffusée tard en soirée, The Newsroom révèle l’intérêt que Ken Finkleman porte à ce qu’il appelle « la vaste hypocrisie de l’information grand public ». Cette série entraîne le téléspectateur dans les coulisses du journal télévisé fictif City Hour, allusion à peine voilée à la chaîne publique CBC.

Le Los Angeles Times qualifie la série de « comédie de situation la plus drôle, rafraîchissante et originale diffusée cette saison ». Et le critique de télévision Jaime Weinman, du magazine Maclean’s, d’ajouter: « c’est la meilleure émission qu’on ait jamais produite au Canada ». Ken Finkleman a remporté quatre prix Gémaux, deux prix de l’association Writers Guild of Canada (WGA) et deux récompenses de la Guilde canadienne des réalisateurs (GCR) pour sa série The Newsroom, qui lui a également valu un prix Emmy international de la meilleure comédie en 2005. Il reprend et réintroduit le rôle de George Findlay dans More Tears (1998), dans la série Woody Allenesque Foolish Heart (1999) et dans Foreign Objects (2000-2001), Good Dog (2011-2012) et Good God (2012).

Ken Finkleman provocateur

Ken Finkleman ne cesse d’évoquer les conséquences de sa judéité, en particulier de l’antisémitisme qu’il a subi durant son enfance à Winnipeg, sur son image d’homme de télévision marginalisé et provocateur et sur ses talents d’observateur caustique de la fragilité, de la méchanceté et de la bêtise humaines. L’idée de nommer son personnage « Findlay » lui vient dans sa jeunesse, en raison de l’antisémitisme dont il est alors la proie. De peur que son nom, Finkleman, ne trahisse sa judéité et qu’il ne soit harcelé dans la salle de billard de son quartier, il insiste pour que ses amis le surnomment « Ken Findlay ». Cette perspective socioécologique transparaît dans l’œuvre de Ken Finkleman et trouve un exemple dans un épisode de Good Dog, où George Findlay résume sa vision du monde à « la peur de l’extermination ».

Connu pour ses opinions provocantes et déstabilisantes, Ken Finkleman, qui publie en 2010 son premier ouvrage, Noah’s Turn, un roman policier satirique, soutient, lors d’un entretien polémique avec le célèbre animateur Jian Ghomeshi (voir le lien ci-dessous) sur CBC Radio One, que la comédie n’est pas obligatoirement drôle. « Je pense personnellement que la meilleure émission de tous les temps est The Larry Sanders Show même si elle ne m’a jamais fait rire », déclare-t-il un jour. À première vue, George Findlay n’est peut-être pas un personnage comique très drôle, mais il est si ouvertement et absurdement égocentrique, qui plus est hypocrite, narcissique, cynique et tout simplement cruel, qu’il en devient hilarant.

Findlay représente aussi la vision de Finkleman du monsieur Tout-le-Monde, travailleur urbain défendant égoïstement ses propres intérêts et assurant ses arrières au détriment de tous les autres. « Je préfère éviter la voie de la vertu », affirme un jour Ken Finkleman lors d’un entretien à la CBC avec l’animateur George Stroumboulopoulos. « Je ne veux pas suivre les traces de Michael Moore. Lui, c’est un prêcheur. Il croit détenir la vérité... Moi, je préfère de loin montrer les méchants ».

Récompenses

Prix WGC, pour The Newsroom (1997)

Prix WGC, pour The Newsroom (1998)

Prix Gémeau du meilleur scénario dans une comédie, une émission de variétés ou une série, pour The Newsroom (1998)

Prix Gémeau de la meilleure réalisation dans une émission de variété ou d’arts de la scène, pour The Newsroom (1998)

Prix Gémeau de la meilleure interprétation dans une émission de variétés ou une série pour The Newsroom (1998)

Prix WGC, pour No Tears (1999)

Prix Gémeau de la meilleure réalisation dans une série dramatique, pour Foolish Heart (1999)

Prix Gémeau de la meilleure réalisation dans une série dramatique, pour Foolish Heart (2000)

Prix WGC, pour Foolish Heart (2000)

Prix WGC, pour Foreign Objects (2002)

Prix Gémeau du meilleur scénario dans une comédie, une émission de variétés ou une série, pour The Newsroom (2005)

Prix de la GCR de réalisation exceptionnelle dans une télésérie, pour The Newsroom (2005)

Prix de la GCR de la meilleure équipe réalisation dans une télésérie, pour The Newsroom (2005)