Géographie de l'Ontario

L’Ontario s’étend sur trois des sept régions physiographiques du Canada : les basses terres de la baie d’Hudson, le Bouclier canadien et les basses terres du Saint-Laurent. L’agriculture, tout comme la majorité de la population, se concentre au sud du territoire. Malgré la tendance à diviser la province en trois régions, il existe des zones distinctes au sein de ces larges classifications. La géologie, le climat, le sol et la végétation se combinent pour créer ces zones distinctes.



Paysage

L’Ontario offre le paysage le plus diversifié de toutes les provinces canadiennes. Deux tiers de la province se trouve dans le Bouclier canadien. Celui-ci couvre la majorité du Nord, à l’exception des basses terres de la baie d’Hudson. À l’est s’étendent les plaines de l’Ontario, entre la rivière des Outaouais et le fleuve Saint-Laurent. À l’ouest, à partir de Kingston, on trouve une ceinture de collines ondulées et de plaines. L’extrême sud-ouest de l’Ontario est relativement plat. L’escarpement du Niagara s’étend du nord de Niagara à Tobermory, et à travers l’île Manitoulin, dans la baie Georgienne.

Géologie

Le Bouclier canadien

Un affleurement rocheux du Bouclier canadien sur les rives de la baie Géorgienne, en Ontario.

Le Bouclier canadien fait partie des formations rocheuses les plus anciennes de la planète. Elles remontent aux périodes archéenne et protérozoïque de l’ère précambrienne (il y a de 542 millions à 4 milliards d’années). Ces formations contiennent d’importants gisements de minerais qui sont très importants pour l’économie du nord de l’Ontario.

Les sédiments sous-jacents de calcaire, de grès et de schiste dans le sud de l’Ontario sont plus récents que le Bouclier. Ces rochers datent de l’ère paléozoïque. En général, ils remontent aux périodes ordovicienne, silurienne et dévonienne (il y a 359 à 485 millions d’années). À l’exception de l’escarpement du Niagara, les affleurements de ces rochers sont rares.

Tout le territoire de l’Ontario a été, à une époque ou à une autre, recouvert de glace. Il y a à peine 11 000 ans, la dernière calotte glaciaire couvrant la province fond. Alors que la glace baisse, elle sculpte de nombreux lacs dans le nord. Elle façonne également le commencement des Grands Lacs le long des frontières sud et ouest de l’Ontario. Ces Grands Lacs primitifs sont considérablement plus larges que ceux d’aujourd’hui. Au fur et à mesure qu’ils évoluent, ils laissent un lit de sable. Plusieurs des premières routes de la province sont construites le long de ce banc de sable. Les cours d’eau qui jadis se déversaient dans les lacs, comme la rivière Grand, traversent maintenant de vastes vallées.

Les effets de l’ère glaciaire sont toujours apparents. Les rochers laissés derrière par les glaciers sont éparpillés à travers le sud de l’Ontario. On retrouve des systèmes de moraines qui délimitent les bords des glaciers bloqués à travers la province. La Moraine d’Oak Ridge, qui forme la hauteur des terres entre le lac Ontario et la baie Georgienne, est la plus importante. Les Moraines de Horseshoe sont parallèles à la rive est du lac Huron jusqu’à la base de la péninsule Bruce, et se poursuivent au sud-est le long de l’escarpement, puis au sud-ouest vers le lac Érié. D’autres dépôts, appelés drumlins, sont particulièrement fréquents dans la région de Peterborough.

Lacs et rivières

Les rives du lac Huron dans le parc provincial Pinery, en Ontario.

L’Ontario compte plus de 250 000 lacs, soit environ un cinquième des réserves mondiales d’eau douce. À l’exception du lac Michigan, l’Ontario touche à une portion de tous les Grands Lacs (les lacs SupérieurHuronÉrié et Ontario). Parmi les autres lacs importants, on compte le lac Nipigon (4 848 km2), le lac des Bois (qui s’étend sur 3 150 km2 au-delà des frontières du Manitoba et du Minnesota) et le lac Seul (1 657 km2).

L’Ontario compte également un grand nombre de rivières. Les rivières du sud de l’Ontario se jettent dans les Grands Lacs et dans le système fluvial du Saint-Laurent pour aboutir éventuellement à l’océan Atlantique. Dans le nord de l’Ontario, les rivières se jettent dans la baie James et dans la baie d’Hudson. Parmi les rivières importantes se déversant dans l’océan Atlantique, on trouve la rivière des Outaouais, qui prend sa source dans l’ouest du Québec et crée une frontière naturelle entre l’Ontario et le Québec. Parmi les rivières principales se déversant dans la baie James et la baie d’Hudson, on trouve les rivières Severn et Albany.

Climat

L’Ontario a un vaste éventail de climats. Les températures en été peuvent atteindre les 30 degrés Celsius, et chuter sous les 40 degrés Celsius en hiver, avec des variations régionales de température dans toute la province. Dans le nord, un dur climat subarctique prévaut. On y trouve des températures quotidiennes moyennes de 16 °C en juillet et de -22 °C en janvier. Les températures hivernales sont plus clémentes aux alentours des Grands Lacs, dans le sud-ouest de l’Ontario et sous l’escarpement du Niagara. Dans cette partie de la province, les températures moyennes quotidiennes de janvier sont de -3 °C près de Windsor, et de -3,7 °C à Toronto. En juillet, la zone entre Chatham et Windsor est la plus chaude (22 °C).

Les hivers sont rigoureux et ponctués de tempêtes partout à travers la province. Les zones exposées aux vents d’ouest près des Grands Lacs font partie d’une région appelée « snow belt », ou ceinture de neige. Par exemple, les zones au sud d’Owen Sound, autour de Parry Sound et à l’ouest de Sault Ste. Marie, reçoivent en moyenne des précipitations de neige de plus de 250 cm. En comparaison, les régions de Toronto et de Hamilton sont dans l’ombre partielle des pluies de l’escarpement du Niagara. Par conséquent, elles reçoivent annuellement moins de 150 cm de neige.

Sol et végétation

Les terres agricoles au nord de London, en Ontario.

Le Bouclier canadien se prête généralement mal à l’agriculture. Ses sols podzoliques sont très minces et peu fertiles. Cependant, ils sont tout de même suffisants pour soutenir les forêts boréales (voir Classification des sols). Il n’y a que quelques zones, comme les ceintures d’argile du nord-est de l’Ontario et la région de Rainy River au nord-ouest, où l’agriculture est possible pour suggérer un paysage agricole.

La couverture forestière du nord de l’Ontario n’est pas uniforme. Dans l’extrême nord, des saules de petite taille et des épinettes noires peinent à pousser dans les tourbières. Plus au sud, l’épinette, le tremble et le pin gris dominent le nord du Bouclier canadien. Encore plus au sud, à l’est et à l’ouest du lac Supérieur, le Bouclier est couvert d’une forêt mixte qu’on appelle la région forestière des Grands Lacs et du Saint-Laurent.

Au début du 19e siècle, dans l’est de l’Ontario, on trouve de magnifiques peuplements de pins blancs, qui alimentent l’industrie forestière du centre du Canada, ainsi que des érables durs. Cependant, l’exploitation forestière a considérablement réduit le nombre de pins blancs dans le nord de l’Ontario.

Les sols luvisoliques gris-brun du sud de l’Ontario sont relativement fertiles. Ils se développent sous la végétation forestière à partir des tills et des dépôts glaciaires. Les deltas, laissés derrière par la période glaciaire, forment des plaines sablonneuses, en particulier au nord du lac Érié.

Parcs nationaux et provinciaux

On trouve en Ontario plus de 334 parcs provinciaux et six parcs nationaux : le parc de la Péninsule-Bruce, le parc des Îles-de-la-Baie-Georgienne, le parc de Pointe-Pelée, le parc de la Rivière-des-Mille-Îles et le parc urbain national de la Rouge. Ce dernier, situé dans la région du Grand Toronto, est le premier parc national urbain du Canada. Le plus vieux parc provincial de la province, le parc Algonquin, est créé en 1893. Les autres parcs provinciaux s’étendent à travers la province, du parc provincial Rondeau au sud, près du lac Érié, au parc provincial Polar Bear, au nord. Ce dernier, avec une superficie de 2,4 millions d’hectares, est le plus grand parc de l’Ontario et n’est accessible que par voie aérienne.