La rue Yonge : le chemin militaire du gouverneur Simcoe

Lieutenant-gouverneur Simcoe proposa la « rue militaire » en tant que route stratégique pour aider à protéger le Haut-Canada d'une invasion américaine. Aujourd'hui, nous l'appelons la rue Yonge de Toronto, la plus longue rue au monde...



« J'ai confirmé au moyen d'une route jusqu'ici inconnue, sauf par quelques chasseurs autochtones, qu'il y a un portage praticable entre York et les Eaux qui aboutissent au lac Huron, une route de pas plus de trente milles de longueur. ... J'ai donné l'ordre à l'arpenteur de déterminer dès le début du printemps la distance exacte des diverses routes. ... et j'espère compléter la rue ou la route militaire l'automne suivant. » - John Graves Simcoe, lieutenant-gouverneur du Secrétaire d'État Henry Dundas, le 19 octobre 1793

Simcoe proposa la « rue militaire » en tant que route stratégique pour aider à protéger le Haut-Canada d'une invasion américaine. Aujourd'hui, nous l'appelons la rue Yonge de Toronto, "la plus longue rue au monde." Elle fut complétée le 20 février 1796.

Le raccourci au lac Ontario, connu par les peuples autochtones sous le nom de Carrying Place Trail, comprenait le site où était établi le fort Rouillé, qui fut incendié en 1759 par sa garnison française battant en retraite face aux forces britanniques. Il s'agissait d'un site de commerce et de peuplement de peu d'importance à ce temps-là, mais il devint plus important après la Révolution américaine.

Les loyalistes se dirigeant en direction nord vers le territoire britannique établirent des peuplements le long du haut Saint-Laurent et des Grands lacs inférieurs, ce qui mena à la création du Haut Canada et à l'établissement de la ville de York, maintenant appelée Toronto.

Lorsque la guerre se déclara entre l'Angleterre et la France en 1793, Simcoe constata que Newark (Niagara-on-the-Lake), la capitale, et sa route de commerce le long du lac Érié seraient vulnérables aux attaques si l'Amérique décidait d'appuyer ses alliés français. Il transféra la capitale à Toronto Bay et établit York comme sa capitale. Il s'agissait d'un endroit stratégique pour une base navale et une garnison. La garnison de York et son statut de capitale attirèrent les marchands, les artisans et les ouvriers, tandis que le peuplement agraire environnant en fit un marché d'approvisionnement local.

Simcoe A nommé la route militaire après Sir George Yonge, un ami familial (avec la permission du Canadian Heritage Gallery).

Simcoe planifia des routes majeures, sachant quelle était leur valeur pour la défense et pour l'expansion du développement. Le chemin Governor (la rue Dundas) irait en direction ouest vers la rivière Detroit, et le deuxième chemin, la rue Yonge, irait vers le nord jusqu'à la rivière Holland, créant ainsi un lien avec la baie de Georgie sur les lacs Huron et Michilimackinac. Un troisième, la rue Danforth, irait en direction est.

Simcoe consolida sa proposition d'une route militaire en soulignant ses avantages commerciaux, disant à Dundas que « les récoltes des terres sur cette Communication seront, dans un avenir rapproché, suffisantes pour fournir la North West Trade avec toutes les provisions dont elle pourrait avoir besoin. »

Simcoe partit le 25 septembre 1793 avec un groupe de soldats et des guides autochtones pour explorer au nord du lac Ontario, le long de la Carrying Place Trail, un portage de 45 km du lac Ontario jusqu'au lac Simcoe en suivant les rivières Humber et Holland. Cette piste était nécessaire puisque les eaux peu profondes de la rivière Humber étaient souvent difficiles à naviguer : la rivière gelait en hiver et ses rives fort escarpées offraient très peu de protection en cas d'attaques.

Simcoe et ses hommes traversèrent les marécages difficilement praticables menant au lac aux Claies, qu'il renomma lac Simcoe en hommage à son père. Il observa que le portage n'était pas une route acceptable vers la baie de Georgie, possiblement parce que ses guides s'étaient perdus alors qu'ils amorçaient le voyage de retour.

Ils revinrent du débarquement Holland en passant par le lac Bond et des embranchements de la rivière Don. Simcoe avait trouvé sa route! Il écrivit à Dundas avec beaucoup d'enthousiasme et celui-ci appuya le projet proposé.

La route stratégique de Simcoe ne suivait pas les contours naturels de la terre. Il s'agissait réellement d'une véritable route militaire, tracée aussi droite qu'une flèche entre York et le débarquement Holland. Simcoe nomma la route Yonge Street en hommage à un ami de famille, Sir George Yonge, secrétaire de Guerre dans le cabinet britannique.

C'est à Augustus Jones, un loyaliste de l'Empire-Uni venu de l'état de New York, que revint la tâche d'arpenter le terrain et de procéder au déblayage. Jones, avec les Queen's Rangers, commença l'arpentage au débarquement Holland et ils se dirigèrent en direction sud jusqu'à York en coupant une route à travers la dense forêt. La difficulté de déblayer le terrain fut en partie résolue en sommant chaque colon le long de la route de déblayer six acres de terre dans un délai de 12 mois, y compris une partie de la rue Yonge. Simcoe imposa le défrichage comme sentence aux hommes trouvés coupables d'ivrognerie.

King St. E., 1856. (Bibliothèque et Archives Canada/PA-186739).

Le dessin d'implantation de Simcoe pour York était celui d'une petite ville avec une grille de rues droites le long de la limite est du havre, avec la garnison située à l'ouest. Cette grille, suivant une ligne droite, grandit au fur et à mesure que la ville grandissait, mais, en 1834, l'autonomie gouvernementale avait remplacé la planification par des développements privés non coordonnés. Aujourd'hui, le centre-ville de Toronto se trouve sur la plaine de la façade portuaire, et la route militaire de Simcoe s'étend sur environ 1900 km.