Bernard Lord

Bernard Lord, avocat, homme d’affaires, premier ministre du Nouveau-Brunswick de 1999 à 2006 (né le 27 septembre 1965 à Roberval, au Québec). Devenu à l’âge de 33 ans le plus jeune premier ministre élu du Nouveau-Brunswick, Bernard Lord a modifié avec succès la Loi sur les langues officielles de la province et a introduit des mesures, très bien accueillies, visant à améliorer les services bilingues.

Bernard Lord
Bernard Lord, premier ministre du Nouveau-Brunswick (avec la permission de Maclean's/photo de Peter Bregg).\r\n \r\n

Enfance et carrière dans le droit

Bernard Lord naît le 27 septembre 1965 à Roberval, au Québec. C’est le benjamin des quatre enfants de Marie-Émilie et Ralph Lord, un pilote. La famille déménage à Moncton, au Nouveau-Brunswick, lorsque Bernard n’est encore qu’un bébé. Il y sera élevé et scolarisé dans un environnement bilingue.

Une fois ses études secondaires terminées, Bernard Lord se lance dans l’économie, puis le droit, à l’Université de Moncton, où il assume trois mandats de président de l’association des étudiants de l’université. Il est admis au barreau en 1993, met sur pied son propre cabinet d’avocats à Moncton, et se spécialise dans la plaidoirie.

Il se marie en 1990 et aura deux enfants – Sebastien et Jasmine – avec sa femme, Diane.

Politique provinciale

En 1997, Bernard Lord, inconnu sur la scène politique, se présente à la tête du Parti progressiste-conservateur du Nouveau-Brunswick après le retrait de Bernard Valcourt à l’issue d’une révision de la direction. Il surprend les milieux politiques en remportant les élections au deuxième tour de scrutin. Il prend les rênes d’un parti qui n’a pas été au pouvoir depuis plus de dix ans. Même si le Parti progressiste-conservateur est considéré comme un faible concurrent pour les libéraux au pouvoir, la démission du premier ministre de longue date Frank McKenna, au début du mois d’octobre, combinée à l’élection du jeune Bernard Lord, donne un nouvel espoir à nombre de membres du Parti progressiste-conservateur.

Cet espoir va se révéler fondé, puisqu’en 1998, Bernard Lord remporte un siège à l’Assemblée législative à l’issue d’une élection partielle dans la circonscription de Moncton Est. L’année suivante, le premier ministre Camille Thériault convoque des élections pour le 7 juin. Bien que les sondages les placent perdants, le Parti progressiste-conservateur et son jeune nouveau chef mènent une campagne disciplinée, en défendant des allégements fiscaux, un meilleur financement des soins de santé et une réduction de la taille du gouvernement. Bernard Lord surprend à nouveau les observateurs en infligeant une cuisante défaite aux libéraux. Il obtient en effet un gouvernement majoritaire avec 44 sièges sur les 55 de la chambre provinciale.

À l’âge de 33 ans, Bernard Lord devient le plus jeune premier ministre élu du Nouveau-Brunswick et le premier premier ministre conservateur de la province depuis Richard Hatfield (1970-1987).

Premier ministre provincial

Pendant sa campagne électorale, Bernard Lord prend l’engagement de remplir 20 promesses électorales au cours des 200 premiers jours de son mandat. Alors que certaines de ces promesses sont d’une nature administrative assez vague, comme « la réduction des formalités administratives », d’autres sont plus spécifiques. La décision d’éliminer les péages de la nouvelle autoroute entre Fredericton et Moncton fait partie des plus controversées. Impopulaires, ces péages ont entraîné des manifestations qui ont ébranlé le précédent gouvernement libéral. Leur élimination est cependant la seule promesse que Bernard Lord ne parviendra pas à réaliser durant les « 200 jours de changement ». Toutefois, en mars 2000, son gouvernement élimine finalement ces postes de péage et accepte de compenser le promoteur pour ses pertes de revenus.

La révision de la Loi sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick est probablement la réalisation la plus importante de Bernard Lord. Elle fait suite à une décision de la Cour d’appel du Nouveau-Brunswick, en 2001, qui ordonne que des mesures soient prises pour garantir que les administrations municipales et les établissements de soins de santé de la province offrent un niveau de service bilingue suffisant lorsqu’un tel service est justifié. De telles réformes peuvent engendrer de profondes divisions, mais Bernard Lord réussit à mettre tous les partis d’accord et à minimiser le débat public. Les nouvelles mesures sont acceptées à l’unanimité – et en grande pompe – en juin 2002. Dans un élan sans précédent, Bernard Lord invite pour l’occasion l’ancien premier ministre libéral, Louis Robichaud, un des pères du bilinguisme au Nouveau-Brunswick, à s’exprimer sur le sujet en séance.

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Le gouvernement de Bernard Lord doit dans le même temps faire face à la colère du public qui s’émeut d’une hausse des primes d’assurance-automobile, une question de plus en plus explosive qui vient s’immiscer dans les débats organisés pour les élections provinciales de 2003. Malgré l’arrivée d’un nouveau jeune chef de file chez les libéraux, Shawn Graham, Bernard Lord parvient à renouveler son mandat et à obtenir de justesse une majorité avec 28 sièges sur 55.

Trois ans plus tard, après avoir équilibré le budget de la province tout en en ayant été la cible de critiques pour avoir réduit le financement des services de santé et les avoir restructurés, Bernard Lord convoque des élections anticipées pour l’automne 2006. Le 20 septembre, son gouvernement perd de justesse derrière les libéraux qui remportent 29 sièges contre 26 pour les conservateurs rassemblés derrière Bernard Lord. En décembre, Bernard Lord annonce qu’il va démissionner de son poste de chef du Parti progressiste-conservateur et de celui de député pour Moncton Est. « J’aurais personnellement aimé en faire plus, et je m’y étais préparé, mais je suis satisfait de ce que nous avons accompli », déclarera-t-il.

Chef des progressistes-conservateurs fédéraux

Durant son mandat, Bernard Lord a peut-être fini par agacer les électeurs du Nouveau-Brunswick en flirtant sans arrêt avec la politique fédérale, ayant reçu des appels répétés de personnalités à l’extérieur du Nouveau-Brunswick qui lui suggèrent de se présenter à la tête des conservateurs au niveau national et plus tard (après l’arrivée de Stephen Harper à ce poste), d’essayer de décrocher un siège au Parlement. La jeunesse de Bernard Lord, sa facilité d’expression, sa forte présence dans les débats et son bilan positif ont attiré l’attention sur lui d’un bout à l’autre du Canada, et pendant des années, il s’en est bien accommodé.

La possibilité d’une carrière politique au niveau national émerge après sa défaite en 2006. Il décide pourtant de retourner dans le droit, et se joint au cabinet d’avocats McCarthy Tétrault quelques jours après avoir quitté la scène politique.

Après la politique

En décembre 2007, le premier ministre Stephen Harper nomme Bernard Lord conseiller spécial chargé des consultations sur la Loi sur les langues officielles du Canada et de l’élaboration d’une stratégie gouvernementale concernant les langues officielles.

L’année suivante, Bernard Lord est nommé président et chef de la direction de l’Association canadienne des télécommunications sans fil. Il reste aux commandes de ce groupe de pression de l’industrie du sans-fil jusqu’en 2016, durant une période où ce secteur croit de manière explosive. « La transition amorcée il y a huit ans a consisté à passer d’une technologie traditionnellement audio à des services aujourd’hui essentiellement axés sur les données et la vidéo », explique-t-il.

Bernard Lord est nommé président du conseil d’administration d’Ontario Power Generation en 2014. En juin 2016, il devient président-directeur général de Medavie Blue Cross, une entreprise du domaine de la santé, après avoir siégé huit ans au sein de son conseil d’administration. Ce nouveau poste lui permet de revenir à Moncton, où Medavie a installé son siège social.