Mouvements populaires urbains

Les mouvements populaires urbains sont des groupes communautaires qui souvent se forment pour s'occuper de questions relatives à l'utilisation du territoire et à la prise des décisions par les administrations locales en matière d'aménagement.

Mouvements populaires urbains

Les mouvements populaires urbains sont des groupes communautaires qui souvent se forment pour s'occuper de questions relatives à l'utilisation du territoire et à la prise des décisions par les administrations locales en matière d'aménagement. Ces préoccupations peuvent être illustrées respectivement par les slogans « Protégeons notre quartier » et « Ouvrez la mairie au public ». Les groupes communautaires sont présents sur la scène politique urbaine depuis les débuts du GOUVERNEMENT MUNICIPAL dans les années 1840, mais leur influence se fait surtout sentir pendant les périodes de prospérité économique comme celle qui va du milieu des années 60 à la récession économique de 1980 à 1983. Habituellement, ces groupes s'organisent ou se raniment lorsqu'un secteur (souvent un vieux quartier de centre-ville) est menacé par un projet de développement, particulièrement s'il s'agit d'une autoroute urbaine ou d'un immeuble à haute densité (voir VILLE). Lorsqu'un projet de construction d'appartements ou de bureaux à haute densité (et peut-être aussi d'une grande hauteur) est proposé dans un quartier résidentiel à faible densité, la compagnie de développement immobilier, le conseil municipal et les employés municipaux (particulièrement ceux du service d'urbanisme) deviennent les cibles des protestataires. Les groupes communautaires exercent également leurs pressions sur le promoteur et sur la mairie quand les projets visent la construction d'autoroutes urbaines ou d'autres grands travaux de voirie. Puisque la plupart des provinces prévoient une procédure juridique permettant d'en appeler des décisions municipales en matière d'urbanisme, les groupes communautaires portent souvent leurs causes devant des organismes provinciaux comme l'Alberta Local Authorities Board et la Commission des affaires municipales de l'Ontario. Parfois, ils contestent auprès du Cabinet provincial les décisions rendues par ces organismes ou les portent en appel devant les tribunaux. Une autre tactique que les groupes communautaires utilisent parfois consiste à présenter leurs propres candidats aux élections locales, surtout si ces groupes estiment que les conseillers municipaux en place ne sont pas réceptifs à leurs interventions orales ou écrites. En plus de lutter contre les mesures qui à leurs yeux menacent la stabilité des quartiers, les groupes communautaires réclament aussi une plus grande ouverture du processus décisionnel parce qu'ils ont de la difficulté à obtenir de l'information ou parce que les décisions sont parfois prises en coulisse ou dans des réunions à huis clos. Ces dernières années surtout, les groupes communautaires ne se limitent pas aux préoccupations traditionnelles, en l'occurrence la revendication d'un processus décisionnel plus ouvert et la lutte contre les menaces à la stabilité des quartiers (parfois appelée le syndrome « pas dans ma cour »), mais ils agissent aussi sur des questions d'intérêt public plus vastes telles que les foyers de groupe, la pollution, les services de garderie et la discrimination raciale dans le recrutement des corps de police. Après une accalmie, les mouvements populaires font à nouveau sentir leur présence au Canada dans la lutte visant à stabiliser les quartiers, à changer la manière de prendre les décisions et à modifier les politiques des administrations locales.


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