Musique celtique

La chanson folklorique celtique est surtout d'origine pentatonique. L'échelle formée de cinq tons constitue la base des échelles formées de six tons (hexatonique) et de sept tons (heptatonique).

Lamond, Mary Jane
Mary Jane Lamond interprète des complaintes de chagrin d'amour, des chansons de travailleurs et des airs de danse enjoués qu'elle puise dans des documents d'archives et la tradition orale (avec la permission de Maclean's).
MacMaster, Natalie

Musique celtique

Toutes les allusions à la musique celtique, dans les sagas anciennes, les textes médiévaux, voire les oeuvres de Dante et de Shakespeare, attestent de l'importance de la musique aussi bien vocale qu'instrumentale dans le monde celtique. La musique celtique, au Canada comme ailleurs, est issue d'un genre qui trouve ses racines dans les LANGUES CELTIQUES continentales et insulaires. Au cours des deux derniers siècles, les collectionneurs et les musicologues ont retrouvé, publié et analysé un corpus impressionnant de chansons folkloriques irlandaises, écossaises, galloises, bretonnes, manx et cornouaillaises. Tous soulignent l'importance de la musique folklorique, qu'ils considèrent comme le principal véhicule grâce auquel le style musical d'une nation peut se développer en une forme originale d'art.

La chanson folklorique celtique est surtout d'origine pentatonique. L'échelle formée de cinq tons constitue la base des échelles formées de six tons (hexatonique) et de sept tons (heptatonique). Ce système d'échelle à intervalles distingue la musique celtique du système basé sur les tonalités majeures et mineures beaucoup plus couramment utilisé. Pour éviter la monotonie, les chanteurs traditionnels donnent libre cours à leur créativité en faisant varier la mélodie et les ornements.

La harpe, la cornemuse et le violon caractérisent la musique celtique. La harpe est commune à toutes les régions celtiques. Les harpistes, dont un grand nombre étaient aveugles, ont eu beaucoup de succès en Irlande, au pays de Galles et en Écosse jusqu'au XVIIIe siècle, époque à laquelle des changements politiques, religieux et sociaux ont menacé d'extinction leur langue et leur culture. La harpe était utilisée comme instrument d'accompagnement et comme instrument solo. Elle servait à encourager les Highlanders au combat avant que la cornemuse ne la remplace, après la bataille de Harlaw en 1411. À cette époque, les harpistes dédaignaient les adaptations de leur musique pour la cornemuse et, plus tard, pour le violon, qu'ils considéraient un instrument inférieur.

La cornemuse a une longue histoire dans la société celtique. La cornemuse de guerre et la petite cornemuse d'Écosse, la cornemuse à soufflet irlandaise (uillean pipes) et le biniou, un instrument plus petit utilisé en Bretagne pour accompagner la bombarde, avaient leur propre musique et sont encore très utilisés dans leur région d'origine. La tradition du violon est plus récente. L'essor de la danse au XIXe siècle a permis au violon, instrument très populaire en Écosse déjà avant 1680, de connaître un renouveau, de s'améliorer et de s'enrichir. De nombreuses mélodies folkloriques ont été adaptées pour le violon et transmises par écrit, contrairement aux autres formes de culture folklorique qui se transmettent oralement. Le violon a une longue tradition en Irlande aussi. Il a connu une très grande popularité en Écosse, en Irlande et au Canada au cours des vingt dernières années.

Au Canada, l'authentique musique celtique a été préservée et développée partout où les langues celtiques ont survécu. Les ÉCOSSAIS des Highlands, en particulier, ont continué de chanter les chansons de leurs ancêtres pendant plusieurs générations. Ils ont ajouté à leur répertoire leurs propres compositions, dans lesquelles ils parlent de leurs expériences dans le Nouveau Monde. La cornemuse et le violon aussi sont restés très populaires, ce qui ne veut pas dire que les autres Celtes aient abandonné leur musique traditionnelle. Dans plusieurs régions du Canada, des chorales, des orchestres, des solistes et des groupes folkloriques interprètent encore des mélodies galloises (voirGALLOIS), irlandaises (voirIRLANDAIS) et bretonnes. Des troupes de danse locales stimulent et perpétuent une musique essentielle à leur art. Quelle que soit sa forme, la musique demeure pour les Celtes un élément caractéristique et précieux de leur patrimoine culturel.

Voir aussi :MUSIQUE FOLKLORIQUE CANADIENNE-ANGLAISE; MUSIQUE FOLKLORIQUE CANADIENNE-FRANÇAISE.


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