Émile Nelligan

Émile Nelligan, poète (né le 24 décembre 1879 à Montréal, au Québec; mort le 18 novembre 1941). Émile Nelligan est un remarquable poète romantique, parnassien et symboliste de la fin du 19e siècle.

Émile Nelligan, poète (né le 24 décembre 1879 à Montréal, au Québec; mort le 18 novembre 1941). Émile Nelligan est un remarquable poète romantique, parnassien et symboliste de la fin du 19e siècle.
Nelligan, Émile

Enfance et éducation

À l'exception de vacances d'été à Cacouna et d'un voyage en mer dont on ne sait pas grand-chose, Émile Nelligan passe toute sa vie à Montréal. Il fréquente l'école Olier (1886-1890), le Mont Saint-Louis (1890-1893) et le Petit Séminaire de Montréal (1893-1896). En septembre 1896, il s'inscrit au collège Sainte-Marie, qu'il quittera en mars 1897. Émile Nelligan se lie d'amitié avec Louis Dantin et Arthur de Bussières. Le 10 février 1897, il est admis à l'École littéraire de Montréal. Il se consacre alors à la poésie avec une ardeur de plus en plus grande.

Carrière de poète

Le premier poème d’Émile Nelligan, Rêve fantasque, est publié dans Le Samedi du 13 juin 1896, sous le pseudonyme d'Émile Kovar. D'autres de ses poèmes paraissent dans Le Monde illustré, l'Alliance nationale et Le Petit Messager du Très-Saint-Sacrement. Ses lectures lui font découvrir Lamartine, Hugo et Millevoye, Verlaine, Baudelaire et Pierre Dupont, Rodenback et Rolliant, Catule Mendès, Heredia et Leconte de Lisle ainsi que d'autres poètes parnassiens et symbolistes tels que Sully Prudhomme, Théodore de Banville, Albert Samain et Arthur Rimbaud. Le monde ténébreux d'Edgar Allan Poe fascine Nelligan.

Émile Nelligan assiste à quatre séances de l'École littéraire de Montréal, au cours desquelles il récite brillamment ses poèmes. À la dernière séance, au château de Ramezay le 26 mai 1899, il fait une lecture percutante de La Romance du vin qui, avec l'inoubliable Vaisseau d'or, contribuera à sa renommé légendaire.

Le 9 août 1899, épuisé, malade et souffrant de troubles psychologiques, Émile Nelligan est emmené à la retraite Saint-Benoît. En 1925, il est transféré à l'hôpital Saint-Jean-de-Dieu (aujourd'hui appelé hôpital Louis-Hippolyte-Lafontaine ) où il demeurera jusqu'à sa mort.

Style et thèmes

L'œuvre d’Émile Nelligan, qui comprend quelque 170 poèmes, sonnets, rondeaux, chansons et poèmes en prose, frappe par son lyrisme. La voix du poète, triste et nostalgique, oscille entre les thèmes du passage du temps et d'une vision hallucinatoire du monde. Les images créées par Émile Nelligan au moyen d'une prosodie traditionnelle atteignent souvent une dimension symbolique. Elles expriment toujours une conscience exacerbée du « moi » : la souffrance d'un cœur prématurément meurtri par la vie, la solitude, la fascination de la mort, l'échec du destin de l'homme et de l'artiste qu'il fut.

À son époque, Émile Nelligan fait figure de novateur libérant la poésie des contraintes de la forme par l'expression d'un vers souple, musical et nuancé, et opposant à ses thèmes patriotiques l'explosion de son univers intérieur. Ses œuvres seront rassemblées par Louis Dantin et publiées en 1904. D'autres éditions suivront en 1925, en 1932 et en 1945. En 1952, Luc Lacourcière publie une édition critique de l'œuvre de Nelligan, réimprimée en 1958, en 1966 et en 1974. Enfin, deux éditions de luxe paraissent en 1967 et en 1979. (Voir  : Poésie de langue française; Littérature de langue française.)