Grève des bûcherons de Terre-Neuve

Le 31 décembre 1958, des centaines de bûcherons employés par la société Anglo-Newfoundland Development Co. (AND) de Grand Falls déclenchent une grève. Ils revendiquent des hausses salariales et l'amélioration des conditions de vie sur les chantiers.

Grève des bûcherons de Terre-Neuve

Le 31 décembre 1958, des centaines de bûcherons employés par la société Anglo-Newfoundland Development Co. (AND) de Grand Falls déclenchent une grève. Ils revendiquent des hausses salariales et l'amélioration des conditions de vie sur les chantiers. L'AND refuse catégoriquement de négocier avec le syndicat des bûcherons, l'International Woodworkers of America (IWA). En 1956, l'IWA et son chef charismatique, H. Landon Ladd, avaient été invités à Terre-Neuve par les bûcherons, ces derniers désirant remplacer la Newfoundland Loggers' Association (NLA), impuissante et inefficace. La compagnie, la direction de la NLA et les médias de Terre-Neuve s'en prennent au maraudage de l'IWA auprès des membres de la NLA, et dépeignent les organisateurs comme des êtres radicaux violents. L'IWA contre-attaque et inonde d'annonces les journaux et la radio.

À Terre-Neuve, l'opinion publique s'élève graduellement contre l'IWA. Toutefois, les bûcherons en font tout de même leur syndicat. Pendant six semaines, la grève ressemble à un conflit de travail ordinaire, mais l'opposition publique à l'égard de l'IWA atteint des proportions telles que le 12 février 1959, le premier ministre de la province, Joseph SMALLWOOD, doit intervenir. Il déclare qu'il chassera l'IWA de Terre-Neuve et incite l'Assemblée législative à adopter une loi pour le dépouiller de tout droit légal de négociation.

Le CONGRÈS DU TRAVAIL DU CANADA (CTC), l'Organisation internationale du Travail et une bonne partie des médias condamnent Smallwood pour « son atteinte à la liberté du mouvement syndical ». Toutefois, l'appui du public terre-neuvien à l'égard de cette loi s'accroît quand, le 10 mars, un policier est tué dans une confrontation avec les piqueteurs. Smallwood remplace l'IWA par la Newfoundland Brotherhood of Wood Workers (NBWW), syndicat parrainé par le gouvernement. Les bûcherons ne tardent pas à signer avec l'AND un contrat, pratiquement identique à celui que proposait l'IWA, mettant ainsi fin à la grève. Deux ans plus tard, Smallwood annexe la NBWW à la Fraternité unie des charpentiers et menuisiers. Le CTC suspend cette dernière en raison de sa collusion avec Smallwood, mais la suspension est sans effet. Contre le gré des bûcherons, la fraternité devient leur agent de négociation officiel. Smallwood et les papetières réussissent ainsi à expulser l'IWA de Terre-Neuve.