Océanographie biologique

Branche de l'OCÉANOGRAPHIE consacrée à l'étude des organismes vivants (le biote) considérés dans leurs relations avec le milieu marin dans lequel ils vivent.

Océanographie biologique

Branche de l'OCÉANOGRAPHIE consacrée à l'étude des organismes vivants (le biote) considérés dans leurs relations avec le milieu marin dans lequel ils vivent. Interdisciplinaire, cette science exige de comprendre les interactions entre les divers organismes et l'influence des processus physiques et chimiques du milieu marin sur les groupements vivants. On admet généralement que le biote marin se compose de trois grands groupes : le PLANCTON (plantes pélagiques ou animaux en suspension ou en dérive passive), le necton (animaux pélagiques nageurs) et le benthos (animaux vivant dans les grands fonds). Pour l'océanographie biologique, la vie marine est souvent perçue comme une suite de chaînes alimentaires.

Producteur primaire, le phytoplancton (plancton végétal) est consommé par le ZOOPLANCTON (plancton animal), producteur secondaire. On trouve, au troisième niveau, le poisson qui se nourrit de plancton (planctivore), lui-même dévoré par d'autres poissons. Une chaîne typique serait la suivante : les diatomées (phytoplancton) sont dévorées par les copépodes (zooplancton), lesquels nourrissent les harengs (necton planctivore) qui sont ensuite la proie des roussettes (ou chats de mer, necton piscivore). Quoique commode, une telle représentation est cependant trop simple car elle omet un grand nombre d'autres interrelations.

L'océanographie biologique des régions canadiennes du Pacifique et de l'Atlantique est déterminée par les eaux subarctiques présentes au large des deux côtes. Les communautés subarctiques de ces eaux se caractérisent par une forte progression saisonnière de la floraison du plancton, depuis le printemps jusqu'à l'automne. La production de larves et de jeunes poissons correspond généralement à la floraison printanière. La migration des poissons adultes se produit au printemps et à l'automne. Ordinairement, l'éclosion des larves benthiques coïncide aussi avec la floraison du phytoplancton printanier. La présence éventuelle d'organismes benthiques dans des zones de faible profondeur constitue un maillon important de la chaîne alimentaire pour l'industrie des PÊCHES qui fréquente les GRANDS BANCS DE TERRE-NEUVE et autres secteurs de la plateforme continentale. Dans l'océan Arctique, le plancton n'éclôt qu'une seule fois durant l'été, après la rupture des glaces. Cette éclosion, qui peut se poursuivre durant plusieurs mois, forme le premier maillon d'une chaîne alimentaire considérable : zooplancton, poissons, phoques, ours polaires et êtres humains. L'océan Arctique produit cependant beaucoup moins d'espèces commerciales que les eaux subarctiques, où la production de plancton est plus abondante et s'étend sur une plus longue période.

L'océanographie biologique a récemment connu plusieurs innovations techniques, dont la TÉLÉDÉTECTION de phénomènes biologiques à partir de l'espace et la télédétection de colonies des profondeurs à partir de SUBMERSIBLES capables d'atteindre le fond des océans (sous 10 000 m). On utilise les satellites pour déterminer la quantité de plancton présente dans différentes masses océaniques, la concentration de chlorophylle déterminant la couleur de l'eau. Les études par submersible permettent de révéler l'existence de colonies biologiques qui se nourrissent de matières énergétiques libérées par des cheminées thermiques sur les grands fonds (voir INVERTÉBRÉS des fonds marins). On emploie aussi d'autres méthodes : l'équipement de navires marchands pour fins de surveillance biologique, l'utilisation d'immenses enceintes de plastique (plus de 1000 t) destinées à l'étude de l'écologie marine, la plongée sous marine qui permet l'observation de formes délicates de plancton et l'expérimentation directe sur des colonies benthiques.

Au Canada, des universités, des instituts océanographiques gouvernementaux et de nombreuses stations fédérales de pisciculture conduisent des travaux d'océanographie biologique dans les océans Atlantique, Pacifique et Arctique. Des firmes-conseils participent aussi à des travaux de cette nature dans le cadre d'études sur l'aménagement de l'environnement. Il s'agit là d'un domaine d'importance croissante, car on peut déterminer les effets désastreux de la POLLUTION d'origine humaine sur certains milieux précis (par exemple le déversement de pétrole dans les eaux côtières ou la décharge en mer des eaux usées de provenance urbaine ou industrielle. (voir EAU, TRAITEMENT DE L'). L'océanographie biologique des milieux ainsi atteints diffère selon les lieux.