Ollivier, Émile

Émile Ollivier, auteur (Port-au-Prince, Haïti, 1940 - Montréal, 10 novembre 2002). Il effectue ses études au Lycée de Port-au-Prince, puis à l'École normale supérieure, où il prépare une licence en philosophie (1962).

Ollivier, Émile

Émile Ollivier, auteur (Port-au-Prince, Haïti, 1940 - Montréal, 10 novembre 2002). Il effectue ses études au Lycée de Port-au-Prince, puis à l'École normale supérieure, où il prépare une licence en philosophie (1962). Après l'obtention d'un diplôme de littérature à la Sorbonne, il émigre au Canada en 1966 et enseigne pendant huit ans au Collège et à l'École normale d'Amos (Abitibi), avant de devenir successivement coordonnateur au ministère de l'Éducation (1973-1976), adjoint à la direction de la Télé Université (1976-1977), et enfin administrateur à l'Université du Québec à Montréal (1977-1980). La même année, il est nommé professeur d'andragogie à l'Université de Montréal, département des sciences de l'éducation où il occupera un poste pendant plus de vingt-cinq ans. En parallèle avec sa carrière de professeur, Émile Ollivier sera très présent au sein de sa communauté haïtienne à Montréal, s'impliquant comme animateur social dans des groupes communautaires, agissant à titre de consultant pour l'Office de la langue française et pour des projets spéciaux de Télé-Université, ministère de l'Éducation. Il restera aussi très actif auprès des intellectuels haïtiens en exil à Montréal, collaborant aux revues Nouvelle Optique et Collectif Paroles.

Docteur en sociologie (Analyse sociologique d'un programme d'éducation populaire: l'expérience multimédia, 1980), autorité universitaire (L'Alphabétisation fonctionnelle: les formations sociales dépendantes, 1973; Sociologie de la formation des adultes: matériaux pour un enseignement, 1981; La marginalité silencieuse, 1991), essayiste (Haïti: quel développement? (Propos sur l'Enquête... de Jean-Jacques Honorat), 1975; 1946-1976: Trente ans de pouvoir noir, 1976), Émile Ollivier est surtout considéré comme l'un des plus grands romanciers latino-américains contemporains. En mettant en scène des personnages comme exilés d'eux-mêmes, en perpétuelle quête d'autre chose (la famille, le passé, les racines, une vie meilleure ou tout simplement la vérité), il dénonce dans une langue baroque, aux accents de feu, la société à massacres que constitue son pays d'origine. Toutefois, cette prise de position ne l'empêche pas de rendre hommage à la beauté de son île, comme aux valeurs immuables de ses habitants. Notons ces oeuvres primées, Mère Solitude (1999), La discorde aux cent voies (1986), Passages (1991), Le serpent à plumes (2001), Les urnes scellées (1995), Mille eaux (1999), et enfin la Brûlerie publié en 2004 mais qu'il venait tout juste de terminer lors de son décès subit en 2002.