Ontario Motion Picture Bureau

L’Ontario Motion Picture Bureau (OMPB) a été le premier organisme au monde parrainé par l’État. Fondé par le gouvernement de l’Ontario en mai 1917, son objectif déclaré est d’offrir « des œuvres éducatives aux fermiers, aux écoliers, aux ouvriers et aux autres classes de travailleurs », ainsi que de réaliser des films qui feraient la promotion de l’Ontario et qui « favorisent la construction de routes et autoroutes et d’autres travaux publics ». L’OMPB a établi un héritage d’implication gouvernementale dans la cinématographie canadienne; ceci deviendrait une caractéristique fondamentale de l’industrie du cinéma canadien.

Structure et organisation

Au Canada, la réglementation du secteur cinématographique embryonnaire est largement laisse aux provinces, qui établissent les paramètres du contenu des films, de la projection et de la distribution des films. Au tournant du XXe siècle, plusieurs provinces dépassent ce cadre pour établir des offices du cinema, produisant des films pour stimuler le tourisme et attirer les immigrants. L’Ontario Motion Picture Bureau (OMPB), fondé en 1917, est l’un des offices provinciaux ayant le plus de succès.

Sous l’égide de son premier directeur, S.C. Johnson, l’OMPB coordonne le contenu des films et de leur distribution, mais a recours à l’attribution à des compagnies privées de Toronto pour en assurer la réalisation. En 1923, l’OMPB fait l’acquisition des Trenton Studios (les premiers au Canada, en activité à Trenton, en Ontario, depuis 1917) de la société Adanac Films appartenant à George Brownbridge, et commence à réaliser ses propres films « dans le but de perpétuer les traditions canadiennes ». Dans le cadre de son discours d’ouverture, le trésorier de la province souligne que : « Moins d’un pour cent des films présentés au Canada sont réalisés en Grande-Bretagne et moins d’un pour cent sont réalisés au Canada. »

Succès et échecs

À son apogée en 1925, l’OMPB distribue 1 500 bobines de film par mois, dont la majeure partie est projetée dans des écoles, des églises et autres institutions publiques. L’OMPB distribue ses films sur une pellicule 28 mm sécuritaire non-commerciale, afin d’éviter le risque d’incendie que posait la pellicule de nitrate 35 mm; cependant, son système de distribution devient dépassé en 1920, quand la pellicule 16 mm remplace la pellicule 28 mm. Le style et le contenu des films eux-mêmes deviennent également anachroniques et l’organisme en tant que tel, inefficace et peu pertinent. Le gouvernement libéral nouvellement élu arrive au pouvoir en promettant de réduire la taille de la bureaucratie gouvernementale et l’OMPB est officiellement dissout le 26 octobre 1934.