Organisation mondiale des Sikhs du Canada

L’Organisation mondiale des Sikhs (WSO) du Canada est une organisation sans but lucratif. En tant que défenseur des droits de la personne au Canada, au Pendjab et dans le monde entier, WSO Canada s’est impliqué dans plusieurs affaires judiciaires importantes. Cela a permis de développer les lois et les coutumes canadiennes en matière de droits de la personne.



Palbinder Kaur Shergill

Palbinder Kaur Shergill a été invitée, en 2013, à s’exprimer en tant que conférencière principale dans le cadre de la série Power of Spirit, un programme organisé par la Multifaith Action Society of British Columbia qui s’intéresse principalement aux différentes voies par lesquelles la foi et la spiritualité ont aidé, et aident encore, les différentes communautés religieuses de Colombie‑Britannique à surmonter les difficultés auxquelles elles ont dû et doivent encore faire face.

(Avec la permission de la Multifaith Action Society of BC/YouTube)

Contexte

L’Organisation mondiale des Sikhs (WSO) est créée en partie en réponse aux violentes attaques contre les sikhs en Inde dans les années 1980. Le 4 juin 1984, des milliers de sikhs commémorent le martyre de Guru Arjan à Harmandir, le Temple d’Or, dans la ville indienne d’Amritsar. Ce jour-là, le gouvernement indien lance l’« opération Blue Star » pour expulser les partisans de Jarnail Singh Bhindranwale, installés dans le complexe depuis 1983. L’attaque militaire sur ce gurdvārā – un lieu de culte et de rassemblement pour les sikhs – tue des milliers de pèlerins, détruisant le Akāl Takhat et de nombreux articles de la bibliothèque de référence sikhe.

Le 28 juillet 1984, WSO International est créée à New York en tant que groupe consacré au changement non violent au Pendjab. Faisant pression pour obtenir un soutien mondial, la WSO veut mettre fin à la destruction des monuments nationaux, des mémoriaux et des objets sikhs et créer une nation indépendante – le Khalistan.

WSO Canada

La branche canadienne de la WSO devient de plus en plus active dans les affaires nationales. Au nom de leur communauté et d’autres, les actions de WSO Canada sont conformes aux droits de la personne et aux principes du sikhisme.

Malgré cet engagement, WSO Canada doit souvent se défendre contre les perceptions qu’elle tolère le terrorisme, en particulier lors de l’attentat à la bombe du vol 182 d’Air India en 1985. L’organisation obtient le statut d’intervenant lors de l’enquête sur la tragédie de 2006 à 2010, menée par John Major, juge à la retraite de la Cour suprême du Canada.

Qu’est-ce qu’un intervenant?

Un intervenant est une personne ou une organisation qui peut présenter des observations au tribunal, même si elle n’est pas directement impliquée dans une affaire. Ce statut leur est accordé parce qu’il permet d’apporter à la cour ou au tribunal des connaissances que les parties concernées n’ont pas. Les groupes d’intérêt ou de défense ayant un intérêt indirect dans une affaire ont recours à l’intervention pour soumettre leur expertise à la cour, en particulier dans les affaires d’intérêt public.


Affaires significatives

WSO Canada demande d’abord à intervenir dans une affaire judiciaire au nom de Baltej Singh Dhillon. Ce dernier a postulé à la Gendarmerie royale du Canada (GRC) en 1988, mais sa barbe et son turban ne sont pas autorisés par le code vestimentaire de la force. Or, les sikhs khālsā se doivent d’adopter les « cinq K », des mesures cruciales de la dévotion à la foi : kes, kaṅghā, kaṛā, kirpān et kach. Kes signifie que les cheveux naturels doivent être portés, non coupés, et recouverts d’un turban (ou dastār). Baltej Singh Dhillon est éventuellement autorisé à entrer dans la GRC en 1991 et gagne son procès à la Cour suprême du Canada en 1996.

WSO Canada collabore également avec le Congrès juif canadien (CJC), un autre groupe de défense de la foi, en novembre 1993. Les deux organisations contestent la politique de certaines légions de vétérans de l’Ouest qui interdisent les chapeaux et coiffes dans leurs salles. La contestation est lancée par le lieutenant-colonel Pritam Singh Jauhal, ancien combattant de la Deuxième Guerre mondiale, qui s’est vu refuser l’entrée dans la légion de Newton à Surrey, en Colombie-Britannique. La politique alors en place permet d’exclure les clients sikhs et juifs qui portent des couvre-chefs religieux. Ensemble, WSO Canada et le CJC soutiennent ces anciens combattants jusqu’à ce qu’ils soient autorisés à entrer dans les légions partout au pays.

En 2004, WSO Canada coopère de nouveau avec le CJC dans l’affaire Syndicat Northcrest c. Amselem. Il s’agit de la première fois que WSO Canada agit à titre d’intervenant dans une affaire sans rapport avec le sikhisme. C’est aussi la première fois qu’un groupe religieux participe à un procès, à ses propres frais, pour soutenir les droits religieux des membres d’une autre communauté religieuse. Dans cette affaire, Moïse Amselem et ses voisins juifs ont érigé des soukkas (huttes) sur le balcon de leur appartement pendant la fête de Soukkot. Le gestionnaire de l’immeuble, Syndicat Northcrest, a réagi en interdisant la construction de structures à cet endroit. La Cour suprême du Canada s’est prononcée en faveur d’Amselem en décidant que le témoignage d’un expert ne peut pas l’emporter sur la compréhension qu’a une personne de sa propre foi religieuse.

En 2006, WSO Canada intervient devant la Cour suprême du Canada pour défendre Gurbaj Singh Multani contre la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys à Montréal, au Québec. Multani est un élève du secondaire au Québec qui voulait porter son kirpān. Bien que l’administration de l’école l’ait refusé, le conseiller juridique de WSO Canada, dirigé par Palbinder Kaur Shergill, C.R., aide à convaincre la cour de la signification religieuse du kirpān et du fait qu’il ne représente pas un risque pour la sécurité.