Pierre Berton

Pierre Berton, journaliste, historien, personnalité médiatique (Whitehorse, (Yn), 12 juill. 1920 - Toronto, (Ont), 30 nov. 2004). Peut-être l'écrivain le mieux connu au pays, Pierre Berton est surtout considéré comme un solide vulgarisateur de l'histoire du Canada.

Pierre Berton, historien, personnalité médiatique
(photo de Michael Bedford, Bedford Photography)

Pierre Berton, journaliste, historien, personnalité médiatique (Whitehorse, (Yn), 12 juill. 1920 - Toronto, (Ont), 30 nov. 2004). Peut-être l'écrivain le mieux connu au pays, Pierre Berton est surtout considéré comme un solide vulgarisateur de l'histoire du Canada. Il fut journaliste au Vancouver News-Herald (à partir de 1942), au Vancouver Sun (1945-1947), au Maclean's (à partir de 1947) et au Toronto Star (1958-1962). À la fin des années 50, il devient une personnalité de la télévision canadienne grâce à ses apparitions comme animateur de sa propre émission ou comme expert invité dans d'autres émissions. Son premier livre important est Klondike (1958), un récit de la ruée vers l'or du Klondike de 1898, épisode dans l'ombre duquel Berton a vécu pendant des années, étant lui-même fils de chercheur d'or et ayant grandi à Dawson parmi les vestiges de la ruée.

Cependant, après la parution de Klondike, le nom de Berton est associé pendant dix ans à des livres tirés de son audacieuse chronique dans le Star et des entrevues qu'il réalise lors de ses émissions, ainsi qu'à des ouvrages polémiques, tels que The Comfortable Pew (1965) et The Smug Minority (1968), qui attaquent respectivement l'Église anglicane et l'axe de la politique et des affaires. Il ne retrouve son rôle d'historien populaire que dans les années 70 en tentant de revenir au sujet plus sérieux du Klondike. Cette fois, il aborde l'histoire de la construction du chemin de fer du Canadien Pacifique dans The National Dream en 1970 et The Last Spike, l'année suivante. Ce sujet convient tout à fait à ses talents : une verve patriotique, un penchant pour l'accumulation de détails pittoresques et, surtout, une narration dynamique.

Avec The Dionne Years (1977; trad. Les Jumelles Dionne et leur époque), P. Berton se rapproche de l'histoire sociale d'un canevas plus petit. En se tournant vers la guerre de 1812 dans The Invasion of Canada (1980; trad. Invasion du Canada, 1982) et Flames Across the Border (1981), il traite à nouveau d'événements qui se prêtent par leur ampleur à sa vision héroïque de ce que le passé devrait être, et l'odeur de la poudre à canon accélère le rythme de son récit sans lui laisser le temps d'en raconter trop. Parmi ses autres oeuvres historiques, My Country (1976) et The Wild Frontier (1978) sont des collections de portraits de personnages et de descriptions d'événements. Dans Hollywood's Canada (1975), il montre à quel point les films d'Hollywood présentent le Canada sous un faux jour. Drifting Home (1973) est une tranche inattendue d'autobiographie sous forme de récit d'une expédition en radeau dans le Nord.

En 1984, Berton revient à l'histoire populaire avec The Promised Land, une histoire de la colonisation de l'Ouest canadien, puis ensuite avec son immense succès Vimy (1986), une étude de la bataille qui a lieu au cours de la Première Guerre mondiale et qui porte sur le Corps d'armée canadien prenant d'assaut la crête de Vimy en avril 1917. Dans Starting Out (1987), il reprend la trame autobiographique en rédigeant ses mémoires qui s'arrêteront en 1947. Winter (1994), qui n'est pas un ouvrage proprement historique, revient sur l'un de ses thèmes récurrents : notre identité en tant que Canadiens. En glorifiant l'hiver, il met en valeur la force de caractère qui permet aux Canadiens d'en surmonter la rigueur. Il reçut trois prix du Gouverneur général, plusieurs diplômes honorifiques et il fut nommé compagnon de l'Ordre du Canada.


Les oeuvres sélectionnées de
Pierre Berton