Mouvement réformiste du Haut-Canada

Après la Guerre de 1812, le Haut-Canada connaît un développement rapide. Il en résulte des tensions économiques et des conflits politiques, concernant par exemple l’expulsion de Robert Gourlay, la question des étrangers, le monopole anglican sur les réserves du clergé et l’éducation et le favoritisme politique des tories.

Après la Guerre de 1812, le Haut-Canada connaît un développement rapide. Il en résulte des tensions économiques et des conflits politiques, concernant par exemple l’expulsion de Robert Gourlay, la question des étrangers, le monopole anglican sur les réserves du clergé et l’éducation et le favoritisme politique des tories.


Robert Baldwin

Un groupe s’appelant mouvement réformiste s’oppose à l’hégémonie du Family Compact. On y retrouve notamment William et Robert Baldwin, Barnabas et Marshall Bidwell, William Lyon Mackenzie, John Rolph et Egerton Ryerson. En 1828, le mouvement réformiste dispose de la majorité à l’Assemblée. Cependant, ses réformes sont bloquées par les conseils, qui sont contrôlés par les tories.

Au début des années 1830, le mouvement réformiste se divise. Les modérés, dirigés par Robert Baldwin, favorisent le respect de la Constitution britannique, le maintien de l’Empire britannique et une société stable et hiérarchique. Ils veulent limiter les pouvoirs de l’élite établie en introduisant le gouvernement responsable.

Les réformistes radicaux, quant à eux, voudraient que la colonie adopte les principes républicains. Des hommes comme Charles Duncombe et John Arthur Roebuck souhaitent créer une démocratie sociale et économique comme aux États-Unis. Ils en appellent aussi à plus d’indépendance pour les colonies. Un troisième groupe de radicaux, plus extrémistes, est dirigé par William Lyon Mackenzie. Pour réaliser ces objectifs, ils comptent sur une révolution armée.

William Lyon Mackenzie

En 1836, Robert Baldwin est admis au Conseil exécutif. Le lieutenant-gouverneur sir Francis Bond Head refuse toutefois de concéder le gouvernement responsable. Les membres du Conseil démissionnent et les modérés se voient exclus du processus politique. Les partisans de William Lyon Mackenzie sont dévastés dans l’élection qui suit. Ils se radicalisent davantage, puis sont écrasés dans la rébellion de 1837-1838. (Voir aussi : Rébellion du Haut-Canada.) Les modérés, conduits par Robert Baldwin et sir Francis Hincks, reviennent en tant que force politique dans la Province du Canada. Les radicaux qui n’ont pas participé au soulèvement disparaissent du paysage politique.


Lecture supplémentaire

  • Colin Read et Ronald J. Stagg, La rébellion de 1837 dans le Haut-Canada (1988).

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