Réformistes du Haut-Canada



Baldwin, Robert
Baldwin a été le premier \u00e0 rendre populaire la notion de gouvernement responsable et l'un des premiers \u00e0 promouvoir l'idée d'un pays biculturel (avec la permission de la Metropolitan Toronto Library).

Réformistes du Haut-Canada

Le développement rapide du HAUT-CANADA après la GUERRE DE 1812 provoque des tensions sociales et économiques donnant lieu à de vives querelles politiques, comme celles qui entourent l'expulsion de Robert GOURLAY, la QUESTION DES ÉTRANGERS, le monopole anglican sur les RÉSERVES DU CLERGÉ et sur l'éducation, et le favoritisme politique TORY. Rassemblant des hommes de diverses tendances politiques, comme BALDWIN, BIDWELL, William Lyon MACKENZIE, John ROLPH et Egerton RYERSON, un regroupement de « réformistes » s'oppose au tout-puissant FAMILY COMPACT. En 1828, les réformistes sont déjà majoritaires à l'Assemblée, mais leur programme est refusé par les conseils où dominent les tories.

Au début des années 1830, le mouvement réformiste se scinde. Les modérés, dirigés par Robert BALDWIN, restent fidèles à la constitution britannique, au lien colonial et au principe d'une société centralisée et hiérarchisée; ils ne veulent qu'élargir l'élite gouvernante en établissant un GOUVERNEMENT RESPONSABLE. Les réformistes radicaux optent plutôt pour l'application des principes républicains et souhaitent créer une démocratie sociale et économique calquée sur le modèle américain; ils recherchent également une plus grande indépendance envers l'Empire. Quant à Mackenzie, il est à la tête d'une troisième faction, extrémiste celle-là.

En 1836, Baldwin entre au conseil exécutif, mais le lieutenant-gouverneur, sir Francis Bond HEAD, refuse d'instaurer un gouvernement responsable. Le gouvernement démissionne et les modérés sont exclus des affaires politiques. Le groupe de Mackenzie, battu lors de l'élection suivante, se tourne vers la violence, mais est écrasé pendant les RÉBELLIONS DE 1837. Les modérés, conduits par Baldwin et Francis Hincks, réapparaissent comme une force politique puissante dans la PROVINCE DU CANADA unifiée. Quant aux radicaux non révolutionnaires, ils tombent dans l'oubli.