Stewart, Reginald (Drysdale)

Reginald (Drysdale) Stewart. Chef d'orchestre, pianiste, professeur, administrateur (Édimbourg, 20 avril 1900 - Santa Barbara, Cal., 8 juillet 1984). D.Mus. h.c. (Western Ontario) 1949. Il étudia avec H.T. Collinson (m. c.

Stewart, Reginald (Drysdale)

Reginald (Drysdale) Stewart. Chef d'orchestre, pianiste, professeur, administrateur (Édimbourg, 20 avril 1900 - Santa Barbara, Cal., 8 juillet 1984). D.Mus. h.c. (Western Ontario) 1949. Il étudia avec H.T. Collinson (m. c. de la cathédrale anglicane Saint Mary's à Édimbourg), Arthur Friedheim et Mark Hambourg à Toronto, et Nadia Boulanger et Isidor Philipp à Paris. Au cours des années 1920, il fut dir. mus. des Savoyards, enseigna à la Canadian Academy of Music (1921-24), joua en 1921 avec le Hambourg Trio, effectua une tournée dans l'ouest du Canada en 1925, dirigea The Yeomen of the Guard la même année à la station radiophonique CNRT, et se produisit fréquemment en Ontario, notamment à plusieurs concerts du Five-Piano Ensemble à Toronto. Alors qu'il dirigeait un grand orchestre de radio entendu dans tout le Canada grâce à un réseau commandité par l'Imperial Oil (1929-31), il passa quelque temps en Angleterre où il fut invité comme chef et soliste de l'OS de Londres, le 6 avril 1930.

Quand Ernest MacMillan fut nommé chef d'orchestre du TSO en 1931, la rivalité bien connue qui existait entre lui et Stewart (tous deux passionnés de Bach, interprètes remarquables, administrateurs habiles, chefs d'orchestre talentueux et personnalités charismatiques) devint une affaire de partisanerie, les défenseurs de Stewart estimant que ce dernier aurait pu diriger le TSO. MacMillan, une fois bien en place, proposa une série estivale du TSO en concurrence avec les Concerts symphoniques Promenade (dont Stewart fut le dir. fondateur, 1934-41). Dans le Globe and Mail, Augustus Bridle prédit « une bagarre entre nos deux chefs d'orchestre vedettes, chacun battant la mesure pour éliminer l'autre », et amena la suggestion (souhaitable sinon réalisable) d'une fusion des « Proms » et du TSO, avec comme chefs d'orchestre conjoints Stewart et MacMillan. Helmut Kallmann a ainsi commenté le conflit entre les deux chefs d'orchestre : « Je soupçonne que la rivalité, comme celle entre Wagner et Brahms, existait davantage entre les disciples qu'entre les maîtres. » Si tel fut le cas, le parti pris persista longtemps. Un article de Mayfair affirmait (février 1953) : « Les 22 années écoulées depuis que MacMillan obtint l'accord du conseil d'administration le faisant chef d'orchestre permanent [du TSO] n'ont pas ébranlé la conviction de quelques mélomanes que le jeune Stewart était le plus prometteur. »Maurice Solway a affirmé que « consciemment ou non, il imitait Stokowski, allant jusqu'à refuser la baguette. Sa direction était plus claire - beaucoup plus claire en fait que celle de MacMillan. Il n'avait ni la mémoire phénoménale de ce dernier, ni la précision de son oreille, ni sa profondeur musicale. Mais, tout compte fait, il avait l'allure d'un chef plus stimulant. Pour certains, il en était même un » (Recollections of a Violinist, p. 67).

Stewart fut dir. mus. de l'émission « Opera House of the Air » de la Canadian Industries Ltd. et fondateur et dir. de la Chorale Bach de Toronto (1933-41), laquelle présenta des exécutions annuelles de la Passion selon saint Jean de Bach. Durant cette période, il dirigea également à New York au réseau de radio de la NBC (1935) et il fut à la tête d'orchestres à New York, Washington et Detroit. En mai 1936, il dirigea l'orchestre de l'Opera Guild de Toronto dans des représentations de Tosca, Cavalleria Rusticana et I Pagliacci. Il fit ses débuts au Town Hall de New York le 6 mars 1937, effectua des tournées au Canada et aux États-Unis comme pianiste de concert et fut soliste avec l'OS de Chicago et l'Orchestre philharmonique de New York. Chef d'orchestre de l'OS de Baltimore (1942-52) et dir. du Peabody Cons. de la même ville (1941-58), il quitta le conservatoire pour effectuer d'importantes tournées de récitals et diriger des orchestres en Europe et en Amérique du Sud (1958-60). De passage au Canada durant ces années, il assura la création de Five Songs for Dark Voice de Somers avec Maureen Forrester, le 11 août 1956, au Festival de Stratford, et il fut chef invité de l'Orchestre symphonique de la SRC à deux reprises au cours de la saison 1955-56 et une fois en 1959-60 et en 1960-61. Il fut aussi responsable d'une école d'été à Oakville, Ont., en 1961. Il devint artiste résident de la Music Academy of the West à Santa Barbara, Cal., en 1962, et plus tard fut nommé dir. du dépt de piano. Glen Morley, Stanley Saint John, Albert Steinberg et John Weinzweig furent parmi ses élèves. Stewart fut le sujet d'un documentaire, An Evening with Reginald Stewart, présenté au réseau PBS le 28 septembre 1983.

Voir aussi George Stewart, son père.

Discographie

Direction

Boccherini, Vivaldi : Concertos pour violoncelle et orchestre; Baltimore Cons. O, Parisot vc; v. 1954; Counterpoint 555.

Ives Symphonie no 3, Donovan Suite pour hautbois et orchestre : Baltimore Little Symphony, Genovese ht; v. 1954; Vanguard 468.

Piano

Bach Jesu, Joy of man's Desiring, Partita no 1 et autres; v. 1964; Educo 3018.

Beethoven Sonates nos 8 et 14, Bagatelles op. 126 nos 1 et 2, Rondo op. 51 no 1; v. 1964; Educo 3019.

Debussy, Ravel : v. 1964; Educo 3024.

Favorite Pieces by Chopin : v. 1964; Educo 3051.

Masterpieces of the 17th and 18th Centuries : v. 1964; Educo 3053.

More Favorite Pieces by Chopin : v. 1964; Educo 3052.

Schumann Carnaval, Toccate op. 7 et autres : v. 1964; Educo 3023.

Enregistrements d'oeuvres de Chabrier, Godowsky, Rubinstein et Schumann chez Victor, 1938.


Lecture supplémentaire

  • Hamilton, H.C. 'Reginald Stewart,' MCan, vol 10, Dec 1929

    Mullens, Raymond. 'A Stewart conquers London,' Maclean's, 15 Aug 1930

    Brusque, M. 'Conductio ad absurdum; Reginald Stewart's resignation as conductor of the Promenade Concerts,' Canadian Forum, vol 21, Sep 1941

    Withrow, John B. 'Reprise,' Bravo, May-Jun 1984