Saint-Pierre et Miquelon

Ces îles sont probablement découvertes (vers 1520) par le navigateur portugais FAGUNDES, et elles sont officiellement revendiquées par Jacques CARTIER au nom de la France quatorze ans plus tard.

Saint-Pierre (sc\u00e8ne de rue)
\u00cele Saint-Pierre (photo de Sherman Hines/Masterfile).

Saint-Pierre et Miquelon

Les îles Saint-Pierre et Miquelon sont des îles françaises situées dans le golfe du SAINT-LAURENT, à 20 km au sud-ouest de la péninsule Burin (Terre-Neuve-et-Labrador). À l'origine, l'île de Miquelon (110 km2) est séparée en deux. Au milieu du XVIIIe siècle, un isthme se forme à Langlade (91 km2), dans le sud, avec le sable s'amassant dans les épaves des navires échoués sur les récifs et les barres de sable entre les îles. Les eaux dangereuses entre Langlade et Saint-Pierre (26 km) sont appelées, jusqu'à 1900, la Gueule de l'enfer. Depuis 1800 seulement, on recense plus de 600 naufrages. Sur les 6000 habitants, près de 5500 personnes vivent sur l'île de Saint-Pierre, la plus petite des deux îles, où se trouve la capitale du même nom.

Ces îles sont probablement découvertes (vers 1520) par le navigateur portugais FAGUNDES, et elles sont officiellement revendiquées par Jacques CARTIER au nom de la France quatorze ans plus tard. Les premiers colons de l'île, en 1604, sont 30 pêcheurs BASQUES et normands, mais elles ne sont pas habitées en 1713, lorsque l'Angleterre en prend possession après la signature du TRAITÉ D'UTRECHT.

Les îles sont ensuite rétrocédées à la France avec la signature du TRAITÉ DE PARIS en 1763, qui les peuple avec 350 ACADIENS auparavant déportés vers la France. L'Angleterre attaque les îles et en prend possession pendant la GUERRE DE L'INDÉPENDANCE AMÉRICAINE, et de nouveau en 1793. Les îles redeviennent, définitivement cette fois, un département français par le second Traité de Paris en 1815 et sont de nouveau peuplées en 1816.

Ces îles rocheuses sont désertiques, sauf pour quelques broussailles d'if commun et de genévrier, qui poussent sur un mince sol d'origine volcanique sur de la terre provenant des ballasts de bateaux. Cependant, elles donnent à la France un accès aux lieux de pêche les plus riches en Amérique du Nord. Déjà en 1866, chaque année, plus de 4000 pêcheurs français viennent de Saint-Malo pêcher avec une flotte de 200 goélettes. La flotte est dévastée en 1904, lorsque la France perd ses droits d'accès à la CÔTE FRANÇAISE. Durant la PROHIBITION, Saint-Pierre sert de base de stockage aux producteurs d'alcool canadiens et de centre d'échanges illégaux vers les États-Unis.

Aujourd'hui, la France maintient sa présence sur l'île et y dépense près de 80 millions de dollars par année. La pêche y est toujours une industrie importante mais, comme pour l'industrie de la pêche canadienne, les quotas de pêche sont sérieusement réduits depuis le début des années 1990 à la suite de l'effondrement de la population de MORUE qui ne connaît encore aucun accroissement. L'industrie de la transformation du poisson et l'aquaculture commerciale, en plein développement, fournissent quelques emplois. L'industrie du tourisme prend une place de plus en plus importante dans l'économie de l'île et on y pratique un peu l'agriculture. Saint-Pierre et Miquelon tentent aussi de tirer profit de l'expansion de l'exploitation des sources d'hydrocarbures au large de leurs côtes.

Un litige sérieux s'installe entre la France et le Canada lorsque ce dernier étend sa zone de pêche exclusive à 15 km (1964), puis à 322 km (1977). Les revendications de la France totalisent 14 500 miles nautiques carrés tandis que le Canada souhaiterait restreindre la zone de pêche française à 1 070 miles nautiques carrés. En 1992, la Cour internationale d'arbitrage octroie à la France la juridiction économique exclusive sur une zone d'une largeur de 38,6 km autour des îles ainsi qu'un corridor d'une largeur de 16,9 km vers les eaux internationales, pour une zone totale de 2537 miles nautiques carrés.