Souffleuse à neige

Une souffleuse à neige est un dispositif mécanique qui permet d’évacuer la neige accumulée sur une surface, en la collectant et en la projetant avec force vers un autre endroit. Elle a été inventée au Québec par Arthur Sicard, en 1925. Les souffleuses à neige utilisent généralement une tarière — une lame en forme de vis sans fin en métal, en caoutchouc ou en plastique — pour collecter, puis distribuer la neige. Certaines souffleuses à neige, connues sous le nom de souffleuses à neige à deux étapes, comportent également une enceinte de collecte et une hélice pour faciliter le déblaiement des volumes de neige importants. Ces machines puissantes contribuent à garder les rues, les trottoirs et les allées dégagés pendant l’hiver.



Souffleuse à neige Sicard

Arthur Sicard, de Saint‑Léonard‑de‑Port‑Maurice, Québec, a inventé la première souffleuse à neige en 1925.

Premiers modèles

Le chasse‑neige rotatif est le premier système ressemblant à un chasse‑neige moderne. Il est destiné à être utilisé sur les voies ferrées lorsque la neige est trop profonde pour être dégagée par un chasse‑neige habituel. J.W. Elliott, un dentiste de Toronto, brevette le premier chasse‑neige rotatif en 1869; toutefois, aucune machine ne sera jamais construite sur la base du système qu’il a conçu. En 1870, Robert Carr Harris, de Dalhousie, au Nouveau‑Brunswick, brevette une « excavatrice à neige à vis pour chemin de fer » similaire à l’engin de J.W. Elliott. On ne sait pas avec certitude si ce modèle a été ultérieurement produit. En 1884, Orange Jull, d’Orangeville, en Ontario, dépose le brevet d’une version améliorée du chasse‑neige rotatif de J.W. Elliott. Son système comporte deux grandes lames de ventilateur rotatives qui malaxent et expulsent la neige à travers une ouverture latérale; une version ultérieure ne sera dotée que d’une seule lame. Orange Jull vend le brevet de son engin aux frères Leslie, Edward et Sam, du comté de Dufferin. La machine est commercialisée dans les années 1890.

Arthur Sicard invente la souffleuse à neige

En 1894, Arthur Sicard (né le 17 décembre 1876 à Saint‑Léonard‑de‑Port‑Maurice, Québec) observe une batteuse à grains en fonctionnement dans un champ de blé, ce qui l’amène à se demander si un système similaire pourrait être utilisé pour déneiger. L’objectif initial d’Arthur Sicard, qui travaille pour son père, un producteur laitier, consiste à faciliter les livraisons de lait pendant l’hiver. Il va s’investir sur la mise au point de son engin pendant plus de 30 ans. En 1925, il achève sa première machine et l’appelle « la déneigeuse et souffleuse à neige Sicard » (« Sicard Snow Remover Snow Blower » en anglais). Attachée à l’avant d’un camion, la souffleuse à neige Sicard est dotée d’une pelle, d’un dispositif semblable à une tarière et d’un ventilateur capable de souffler la neige à environ 27 m.

Arthur Sicard vend ses premières souffleuses à neige aux villes d’Outremont et de Montréal en 1927. Son modèle s’avère efficace et est largement adopté, en particulier dans un contexte où la croissance de la circulation automobile exige des méthodes plus performantes de déneigement. À sa mort, le 13 septembre 1946, il est salué comme un génie qui a changé le rapport des villes à l’hiver. À Montréal, la rue Sicard, nommée en son honneur, est située deux rues au nord de l’endroit où se trouvait l’usine où il fabriquait ses souffleuses à neige.

Souffleuses à neige modernes

La première souffleuse à neige à propulsion humaine est conçue par William P. Murphy Jr., un étudiant au secondaire de Boston. Il fabrique ensuite une version plus petite d’une souffleuse à neige rotative montée sur une locomotive. Il vend le système qu’il a conçu à une entreprise de tondeuses à gazon pour 1 500 $; toutefois, le produit ne connaîtra pas de réel succès commercial. (Par la suite, il conçoit des équipements médicaux, notamment un type de stimulateur cardiaque et un rein artificiel.)

Les premières souffleuses à neige pour particuliers à remporter un succès commercial sont introduites, en 1952, par Toro, une société américaine fabricant des machines pour l’entretien des pelouses. Appelées « Snowhound », elles ressemblent à une version beaucoup plus petite de la souffleuse Sicard. Attachées à un camion, elles peuvent déneiger une accumulation de neige pouvant atteindre 30 cm. Bien que les souffleuses à neige commerciales aient, au fil du temps, utilisé différents matériaux et soient devenues plus puissantes, leur conception de base est restée largement inchangée.

Au début des années 1960, certaines compagnies de chemin de fer commencent à expérimenter des souffleuses à neige propulsées par un turboréacteur, qui font fondre la neige avant de la rejeter au loin. Dans certains endroits, comme l’Union soviétique, on utilise des moteurs d’avions militaires mis hors service, tandis que la New York Central Railroad Company et les Chemins de fer nationaux du Canada construisent spécialement des turboréacteurs pour être fixés au moteur d’une locomotive. Bien que les moteurs à réaction soient trop chers pour être utilisés dans les rues ou sur les trottoirs, on y a encore fréquemment recours, un peu partout dans le monde, pour dégager les voies ferrées et les pistes d’aéroport.


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