Sue Goyette

​Susan (Sue) Goyette, poète, romancière (née le 4 avril 1964 à Sherbrooke au Québec).

Susan (Sue) Goyette, poète, romancière (née le 4 avril 1964 à Sherbrooke au Québec). Sue Goyette est convaincue que chacun d’entre nous entretient une relation avec les immenses espaces sauvages présents sur la planète depuis des temps immémoriaux — océan, forêts, plaines et prairies — dont elle a fait un certain nombre des thèmes majeurs qu’elle explore dans sa poésie. Finaliste du Prix du Gouverneur général en poésie, vainqueur du prix Pat Lowther et du prix Atlantic Poetry et finaliste du prix Griffin Poetry, Sue Goyette fait partie des voix les plus originales de la poésie canadienne contemporaine.

Œuvres de jeunesse

Le premier recueil de poésie de Goyette, The True Names of Birds, paru en 1998, présente des scènes profondément enracinées dans la vie domestique. Parlant des enfants et des parents, Goyette décrit les moments de leur vie durant lesquels, bien que souvent pressés par l’urgence du quotidien et soumis à la routine, ils s’avèrent, au bout du compte, profondément marqués par le sens du merveilleux qui naît en eux lorsqu’ils contemplent la nature :

With my daughter came promises and vows
that unfolded through time like a roadmap and led me
to myself as a child, filled with wonder for my father
who could make sound from a wide blade of grass

The True Names of Birdsa été finaliste du Prix du Gouverneur général pour la poésie en 1999, du prix Pat Lowther et du Prix Gerald Lampert.

Lures, paru en 2002, est l’unique roman de Goyette. Situé à Beaumont au Québec, il raconte l’histoire de deux filles nées dans des familles dysfonctionnelles et peu conventionnelles — une mère obsessionnelle obnubilée par la propreté, un père qui file les jeunes garçons et un frère drogué complètement perdu — qui souffrent sous la pression d’une douleur qui ne s’estompe jamais et d’un amour qu’elles n’arrivent pas à exprimer. Les deux filles arrivent à atteindre, chacune à sa propre manière, une certaine forme de réconfort, mais ce n’est que lorsque le suicide du frère fait s’écrouler leur monde que la rédemption devient réellement possible. Acclamé par la critique, Lures est finaliste du Thomas Head Raddall Atlantic Fiction Award en 1999.

Milieu de carrière

Le recueil de poésie de Goyette, paru en 2004 sous le nom de Undone, est composé de trois parties : « Forgotten » traite des suites de la rupture d’un mariage, « Kindred » rend un hommage à d’autres artistes et « Apprentice » célèbre la possibilité de recommencer sa vie à zéro. Le poème « A Version of Courage » décrit de façon poignante la nature sismique de la douleur humaine :

Heartbreak is a geological occurrence. It takes years. Seams, faults
have slowly broken our days apart, their history dates all the way back to the ocean floor.

Undonefait partie des finalistes du prix Atlantic Poetry, du Dartmouth Book Award et de l’Acorn-Plantos Award for People’s Poetry.

Dans un autre style, Outskirts, publié par Goyette en 2011, combine la prose et des poèmes en vers et décrit la vie domestique en exploitant des métaphores extraites du monde naturel. Par exemple, dans le poème « New Mothers », la poétesse envisage les pressions paradoxales subies par les mères avec une ironie caustique :

The whole planet is at the window peering in
while the new mothers sit on the side of the bed.

They have to be wolves; they have to be golden-winged
warblers. Reminders, reminders.

Un nouveau type de récit

Finaliste du Prix Griffin pour la poésie, le quatrième recueil de Sue Goyette, Ocean, paru en 2013, présente une nouvelle forme de récit. Comme les enfants qui comptent les vagues avant de plonger et de se laisser porter par le mouvement de la marée, les poèmes ont ici des chiffres comme titre, permettant au lecteur de s’immerger dans l’expérience de chaque poème comme s’il était relié, dans une suite logique et thématique, avec celui qui le précède. Dans « Eight », Goyette exploite de façon particulièrement puissante la personnification pour lancer un avertissement relatif à la menace que représente la réaction de l’océan vis-à-vis de nos comportements destructifs :

The ocean’s culinary taste

was growing more sophisticated and occasionally
its appetite was unwieldy. It ate boats and children,

the occasional shoe. Pants. A diamond ring.
Hammers. It ate promises and rants.

Goyette est convaincu que l’océan est en mesure, dans toute son immensité, de nous ramener à notre petitesse et de nous enseigner notre juste place dans ce monde.

L’enseignement

Sue Goyette a enseigné la Sage Hill Experience au Banff Centre for the Arts et enseigne actuellement dans le cadre du programme d’écriture créative de l’Université Dalhousie.

Prix

Bliss Carman Poetry Award (2011, pour Outskirts)

Pat Lowther Award (2012, pour Outskirts)

Atlantic Poetry Prize (2012, pour Outskirts)