Théâtre de La Licorne et Théâtre de la Manufacture

L'histoire du Théâtre de La Licorne est indissociable de celle du Théâtre de La Manufacture. Tout débute en 1975.

Théâtre de La Licorne et Théâtre de la Manufacture

L'histoire du Théâtre de La Licorne est indissociable de celle du Théâtre de La Manufacture. Tout débute en 1975. Autour des comédiens Claude Maher, Christiane Raymon, Louise Gamache et Jean-Denis Leduc se regroupent d'autres comédiens qui souhaitent offrir au public québécois une dramaturgie québécoise contemporaine. Ainsi naît le théâtre de La Manufacture qui doit son nom au local qui a failli être le leur et qui s'avérait être une ancienne manufacture d'olives.

À ses débuts, le théâtre de la Manufacture est itinérant. Sa première pièce (Jeudi soir, en pleine face de Michel Beaulieu) a été jouée au Théâtre de Quat’Sous puis la troupe se promène entre le Centre d'essai de l'Université de Montréal, le Cinéma parallèle et le Centaur. Cinq ans plus tard, le Théâtre de La Manufacture se retrouve toujours sans local fixe. Comme il existe peu de lieux de diffusion, La Manufacture avec, à sa tête, Jean-Denis Leduc, décide d'ouvrir son propre espace afin d'y présenter ses pièces; à cette époque, nombreux sont les cafés-théâtres où les gens peuvent venir manger puis écouter un spectacle. C'est ainsi que naît le Théâtre de la Licorne, dans un petit café-resto, sur le boulevard St-Laurent à Montréal.

C'est l'actrice Louisette Dussault qui inaugure cette mini-salle de 95 places en septembre 1981. Elle y jouera Moman en solo. Défileront ensuite des pièces comme Addolorata de Marco Micone, Quelques curiosités sexuelles rue St-Denis de David Mamet et Ne blâmez jamais les bédouins de René-Daniel Dubois. Non seulement on y présente des pièces de théâtre, mais La Licorne fait aussi place à des chansonniers . Le succès est immédiat et le Théâtre La Licorne réalise que l'espace dont il dispose est trop restreint. Il fallait agrandir.

La direction artistique est alors assurée par Jean-Denis Leduc auquel se sont joints Daniel Valcourt et Daniel Simard. Cette équipe désire garder le caractère intimiste de La Licorne et c'est ainsi qu'en 1989, le théâtre emménage dans un ancien magasin de sport rue Papineau. On y maintient la formule de resto-théâtre et on continue d'y présenter non seulement des pièces de théâtre mais aussi des poètes (Gaston Miron) et des chansonniers (Richard Desjardins, Gildor Roy, Dan Bigras etc.)

Le hall d'entrée appelé La Petite Licorne, est une microsalle où la relève peut faire ses preuves. Pendant plusieurs années, celle-ci sera un tremplin pour de nouvelles troupes et permettra différentes expérimentations.

En 1995, on décide de ne plus présenter de spectacles de chansons et faisant ainsi plus de place au théâtre, particulièrement aux traductions venues d'Écosse et d'Irlande.

C'est à partir de 1997 que le Théâtre de La Manufacture, désireuse de soutenir la dramaturgie québécoise, deviendra codiffuseur à La Licorne, tout en continuant de produire ses propres spectacles.. Cette même année et ce jusqu'en 2009, Jean-Denis Leduc assumera seul les destinées de La Licorne. Dès la saison 1999-2000, La Licorne monte les productions de La Manufacture. Désireux de faire voir ses productions à un maximum de personnes le Théâtre de La Manufacture part en tournée. Sa pièce La société des loisirs de François Archambault, présentée plus de 200 fois, donnera le ton à la nouvelle façon de faire de La Licorne.

Le taux de fréquentation est si élevé (entre 96% et 100%) qu'un agrandissement s'impose. Il faudra attendre 2010 pour que soit rasé La Licorne pour faire place au nouveau théâtre qui a ouvert ses portes en août 2011. Depuis 2009, c'est Denis Bernard qui est à la barre du Théâtre de La Manufacture et du Théâtre La Licorne, Jean-Denis Leduc lui ayant cédé les rênes après 35 ans à la direction, agissant maintenant comme directeur fondateur pour La Manufacture.

En août 2011, à temps pour la saison 2011-2012, on a assisté à l'inauguration du nouveau bâtiment de la rue Papineau. Le nouveau Théâtre de la Licorne a des lignes plus épurées et est plus vaste; on y retrouve maintenant 175 places dans la salle principale et 90 dans la Petite Licorne.

Fidèle à sa mission, le Théâtre de la Manufacture continue d'y offrir des pièces contemporaines dans lesquelles on ne craint pas de parler, avec des mots percutants, de la politique et de discourir sur les enjeux de la société. Non seulement on y présente des auteurs québécois, mais Jean-Denis Leduc ayant établi des liens culturels avec l'Écosse, l'échange qui en résulte est bilatéral; on présente donc des pièces écossaises jouées par des acteurs québécois avec metteur en scène écossais. On continue aussi d'accueillir des auteurs en résidence dont particulièrement une habituée : Fanny Britt.

La programmation continue à refléter la mission des débuts soit « offrir aux québécois un théâtre qui leur ressemble en faisant place à la parole théâtrale contemporaine d'ici et à la dramaturgie étrangère ».

La scène théâtrale québécoise trouve en La Licorne un partenaire important qui sait parler d'un ton juste de l'identité québécoise et stimule l'intellect de son public.