Timothy Findley

Timothy Findley, O.C., O. Ont., écrivain, acteur, dramaturge (né le 30 octobre 1930 à Toronto; décédé le 20 juin 2002 à Brignoles en France).

Timothy Findley
Les \u00e9crits de Timothy Findley pr\u00e9sentent une grande diversit\u00e9 de sujets, toujours trait\u00e9s avec imagination (photo de Sussi).

Timothy Findley, O.C., O. Ont., écrivain, acteur, dramaturge (né le 30 octobre 1930 à Toronto; décédé le 20 juin 2002 à Brignoles en France). Officier de l’Ordre du Canada et deux fois vainqueur du Prix du Gouverneur général, Timothy Findley a eu une carrière accomplie aussi bien en tant qu’acteur que romancier et que dramaturge et a été l’un des talents les plus singuliers et les plus influents de sa génération.

Début de carrière au théâtre

Findley est membre fondateur, en 1953 en tant qu’acteur, du Festival Shakespeare de Stratford. Comme acteur, il apparaît dans la première production de Thornton Wilder, The Matchmaker, en 1954, lors de l’Edinburgh Festival à Édimbourg en Écosse. Il joue Peter Pupkin dans Sunshine Sketches, une adaptation télévisée du roman de 1912 de Stephen Leacock, Sunshine Sketches of a Little Town, diffusée sur CBC en 1952.

Bien qu’il se sache homosexuel depuis son jeune âge, Findley épouse en 1959 Janet Reid qui exerce comme actrice et comme photographe, une union qui se terminera par un divorce deux ans plus tard. En 1963, il rencontre l’écrivain William Whitehead qui devient son partenaire de vie; ils resteront unis jusqu’à la mort de Findley. Findley et Whitehead collaborent sur de nombreux projets, notamment, en 1974, sur une dramatique documentaire pour CBC intitulée The National Dream, adaptée des ouvrages de Pierre BertonThe National Dream: Building the Impossible Railway, publié en 1970, et The Last Spike, publié en 1971, ainsi que sur un documentaire, Dieppe 1942, en 1979. Whitehead gère également la carrière de Findley.

Œuvres de fiction

Inspiré par l’actrice Ruth Gordon, une amie proche travaillant également comme scénariste et dramaturge qui l’encourage dans cette voie, Findley s’essaye à l’écriture. Il publie sa première nouvelle, « About Effie », dans la revue Tamarack Review en 1956 et, à la fin des années soixante, il a totalement abandonné son métier d’acteur pour se consacrer à l’écriture à temps plein. En 2002, Findley explique : « Mon principal atout, lorsque j’ai commencé à écrire sérieusement, a été d’avoir préalablement exercé le métier d’acteur. Il s’agit là de la meilleure école pour devenir un écrivain. En effet, en jouant, on apprend à maîtriser les questions de langue, de structure, de cadence, de rythme ainsi que la façon d’établir une tension dramatique. »

Il publie son premier roman The Last of the Crazy People, traduit en français sous le titre Le dernier des fous, en 1967 et le deuxième, The Butterfly Plague, en 1969. Toutefois, c’est avec The Wars, traduit en français sous le titre Guerres, que Findley effectue une véritable percée sur la scène romanesque canadienne. Publié en 1977 – une adaptation cinématographique sera réalisée à l’Office national du film du Canada en 1983 à partir d’un scénario de l’auteur –, Guerres remporte un Prix littéraire du Gouverneur général et vaut à Findley une réputation internationale.

Guerres décrit les expériences d’un jeune ontarien durant la Première Guerre mondiale. Dans son introduction à l’édition 2005 de l’ouvrage dans la collection Penguin Modern Classic, le romancier canadien Guy Vanderhaeghe affirme qu’il s’agit du meilleur roman historique jamais écrit par un Canadien. Guerres, avec à peine plus de deux cents pages selon les éditions, s’avère remarquablement concis pour un roman historique (si on le compare, par exemple, aux quatre cents pages du roman de Jane Urquart, The Stone Carvers) et Findley fait preuve, dans un aussi court roman, d’un maximum d’efficacité littéraire. Selon Vanderhaeghe, « Findley atteint cette impressionnante économie de mots en rassemblant, sous forme de collages, une grande variété d’images saisissantes et de courtes scènes narratives, le tout s’avérant non seulement cohérent dans le cadre d’une narration qui ne cesse de maintenir le lecteur en haleine, mais constituant également, d’un point de vue formel, une métaphore de la vie fragmentée des soldats et des civils pendant la guerre. »

Le roman suivant de Findley, Famous Last Words, qui paraît en 1981 et qui sera traduit en français sous le titre Le Grand Elysium Hôtel, traite de la vie d’un homme de lettres imaginaire durant la montée du fascisme et pendant la Deuxième Guerre mondiale. Not Wanted on the Voyage, publié en 1984 et traduit en français sous le titre Passagers clandestins, s’attaque avec beaucoup de verve et d’inventivité au mythe de Noé. The Telling of Lies qui paraît en 1989 est un roman policier. Headhunter, qui sort en 1993 et qui sera traduit en français sous le titre Le Chasseur de têtes, décrit la ville de Toronto regorgeant de la violence et de la méchanceté de la classe supérieure. L’action du roman The Piano Man’s Daughter, qui paraît en 1995 et qui sera traduit en français sous le titre La Fille de l’homme au piano, prend place en 1939; son personnage principal est un jeune accordeur de piano contraint de faire face à un questionnement sur l’identité de son père et sur la folie de sa mère. Dans Pilgrim, qui sort en 1999 et qui sera traduit en français sous le même titre, un immortel perturbé, héros éponyme de l’ouvrage, est amené à la clinique du psychanalyste Carl Young à Zurich à la suite d’une tentative de suicide ratée afin de redonner un nouveau souffle à sa vie. Dans son dernier roman, Spadework, qui paraît en 2001 et qui sera traduit en français sous le titre Les Robes bleues, Findley effectue un retour à la scène théâtrale de sa jeunesse à Stratford en Ontario.

Inside Memory : Pages from a Writer’s Workbook, publié en 1991, constitue un recueil de passages de son journal intime et de réflexions autobiographiques. From Stone Orchard, qui paraît en 2001 et qui sera traduit en français sous le titre Le Verger de pierres, évoque les souvenirs de l’auteur liés à ses moments passés avec William Whitehead à Stone Orchard, la ferme qu’ils partageaient près de Cannington en Ontario.

Pièces de théâtre

Les pièces de Findley sont régulièrement jouées sur différentes scènes, notamment Can You See Me Yet? en 1976, The Stillborn Lover en 1993, Shadows en 2001 et sa dernière pièce, Elizabeth Rex, en 2002, une œuvre qui lui vaut le Prix du Gouverneur général et qui sera traduite et montée à Montréal en français sous le titre Élizabeth, roi d’Angleterre. Findley écrit également des scénarios pour la télévision, notamment The National Dream, en 1974, en collaboration avec William Whitehead, et The Whiteoaks of Jalna, en 1971–1972. The Trials of Ezra Pound est présentée en première au Festival de Stratford en 2001 et Shadows est montée en août 2002 au Studio Theatre du Toronto Centre for the Arts. Juste avant son décès en 2002, Findley travaille à une version des Troyennes d’Euripide pour le festival de Stratford.

Récompenses

Findley a reçu de nombreux prix pour son œuvre. Outre deux Prix du Gouverneur général, il a été fait Officier de l’Ordre du Canada en 1986 et Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres par le gouvernement français en 1996. Parmi les récompenses qui lui ont été accordées, on trouve notamment un City of Toronto Book Award, un Trillium Award (Ontario), un « Edgar » des Mystery Writers of America, deux prix de la Canadian Authors Association, un Toronto Arts Award in Writing and Publishing et plusieurs doctorats honorifiques. En 1986–1987, Findley préside la section canadienne du PEN club international. Il milite contre la censure et pour plusieurs autres causes et est nommé à l’Ordre de l’Ontario en 1991.

Les oeuvres sélectionnées de
Timothy Findley