​Tremblement de terre

Un tremblement de terre se définit comme un mouvement vibratoire causé par le mouvement du roc le long d'une faille sous la surface de la Terre.

Un tremblement de terre se définit comme un mouvement vibratoire causé par le mouvement du roc le long d'une faille sous la surface de la Terre. Chaque année, il se produit plus de 4 000 tremblements de terre au Canada, dont la plupart ne sont pas ressentis. Au Canada, les principales régions d'activité sismique sont la côte de la Colombie-Britannique, la région de la Cordillère, l'Arctique, et, dans une moindre mesure, les provinces de l'Est et le littoral de l'Atlantique.

Description

La rupture des roches souterraines qui déclenche un tremblement de terre provoque des ondes sismiques émises à partir de son point d'origine, aussi appelé foyer. À la surface, l'épicentre, soit la région située directement au-dessus du foyer, ressent les secousses les plus intenses. À de grandes distances, le mouvement sismique de la Terre ne peut être détecté que par des instruments sensibles comme des sismographes.

Le foyer d'un séisme peut être situé tout près de la surface ou jusqu'à 700 km de profondeur. La plupart des séismes continentaux se produisent dans la croûte à des profondeurs de moins de 40 km. Les séismes à foyer profond (plus de 300 km) ne se produisent que dans les régions où l'activité sismique est très importante.

Échelle

Il existe de nombreuses façons de mesurer les tremblements de terre, dont la plus connue est celle inventée par Charles Richter en 1935. Devant la nécessité de quantifier la force des tremblements de terre, Charles Richter crée une échelle calibrée à partir des enregistrements sismographiques qui tient compte de la diminution de l'amplitude des ondes sismiques plus on s'éloigne du foyer.

Sur l'échelle de Richter, qui mesure la magnitude (M), les tremblements de terre dont la magnitude est inférieure à 2 ne sont généralement pas ressentis, même s'ils se produisent à de faibles profondeurs. Des secousses peu profondes de magnitude 5 (M5) causent des dommages seulement quand l'épicentre est situé sous des structures construites sur des sédiments ou des sols meubles. Les tremblements de terre de magnitude 6 (M6) qui se produisent dans les régions populeuses causent souvent des dommages considérables. Les séismes les plus violents du présent siècle ont atteint des magnitudes avoisinant 8,5. Chaque année, il se produit environ une centaine de secousse de magnitude 6 ou plus élevée. Heureusement, la plupart d'entre elles se produisent en mer ou dans des régions non habitées.

La sévérité du tremblement de terre en surface, à une distance donnée du foyer, est déterminée par l'intensité à cet endroit. L'échelle modifiée d'intensité de Mercalli (MM), utilisée en Amérique du Nord pour quantifier le degré d'effet de surface, varie de MMI, mouvement presque imperceptible, à MMXII, destruction totale. Les dommages surviennent à partir de MMVI.

Zones sismiques canadiennes

Au Canada, les séismes se produisent le long de la côte Ouest, dans la Cordillère, dans l'Extrême-Arctique, dans l'est du Canada et le long du littoral de l'Atlantique. Dans le reste du Canada, les tremblements de terre sont rares et leur magnitude est peu élevée.

Dans la Cordillère, des tremblements de terre d'intensité moyenne se produisent dans la croûte. Le long de la côte Ouest, sous l'île de Vancouver et le détroit de Georgia, les tremblements de terre sont causés par la subduction d'une plaque active, c'est-à-dire le glissement de la croûte océanique sous un continent. (Voir Tectonique des plaques; Régions géologiques; Évolution géologique). La petite plaque Juan de Fuca est en train de disparaître sous les monts Olympic et le sud de l'île de Vancouver. Cela produit une zone de tremblements de terre sous Puget Sound, ville située dans l'État de Washington, aux États-Unis. Ces séismes se produisent à une profondeur de 70 km à 100 km. Au-dessus de cette zone se trouve une zone de secousses peu profondes et d'intensité généralement faible. Le régime se poursuit au nord en territoire canadien et dans le sud du détroit de Georgia.

Dans cette région, des séismes se produisent aussi en raison d'un glissement entre la plaque Juan de Fuca et la plaque nord-américaine, qui sont pressées l'une contre l'autre. Un mouvement soudain entre ces deux plaques peut provoquer d'importants tremblements de terre.

Il y a aussi des zones d'activité sismique dans les montagnes Mackenzie et Richardson au Yukon et une zone sismique relativement limitée dans la mer de Beaufort. De nombreuses zones de séismes sont situées dans les îles arctiques, dont une s'étend vers le sud et passe par la péninsule Boothia, l'embouchure de la baie d'Hudson et le nord du Québec, jusqu'à la mer du Labrador.

Dans l'est du Canada, l'activité sismique est dispersée dans tout le nord des Appalaches. Par exemple, une série de secousses de magnitude 5 (M5) s'est produite dans la région de Miramichi au Nouveau-Brunswick en 1982. Des zones plus concentrées sont situées à l'embouchure du fleuve Saint-Laurent, dans la vallée du Saint-Laurent, près de La Malbaie dans le comté de Charlevoix et dans l'ouest du Québec. La zone de Charlevoix est l'endroit où se produisent la plupart des secousses importantes dans l'est du Canada.

Surveillance

Au Canada, le Réseau national de sismographes, dirigé par la Commission géologique du Canada du ministère des Ressources naturelles, surveille l'activité sismique. Une centaine de sismographes sont répartis de St-John's à l'île de Vancouver et d'Alert, dans l'Extrême-Arctique, jusqu'à la péninsule du Niagara. Le réseau détecte tout séisme d'une magnitude supérieure à 3,5 partout au Canada, et ceux d'une magnitude supérieure à 2 dans les régions très peuplées. Chaque année, on détecte environ 300 séismes d'une magnitude supérieure à 3. Le Code national du bâtiment du Canada tient compte des probabilités liées à l'intensité des secousses sismiques en sol canadien. Les structures conformes au Code résistent aux tremblements de terre d'intensité moyenne sans dommages importants et aux tremblements de terre violents sans s'effondrer.

Séismes historiques

Parmi les nombreux tremblements de terre qui se produisent chaque année au Canada, certains marquent l'histoire pour différentes raisons, notamment la magnitude, l'étendue des dommages causés, ou, dans certains cas, le nombre de morts. En tenant compte de ces critères, le texte qui suit décrit dix des pires séismes de l'histoire canadienne.

Le premier tremblement de terre à être enregistré au Canada a lieu le 5 février 1663. D'une magnitude qui atteint probablement 7, le séisme, dont l'épicentre se situe dans la région de Charlevoix-Kamouraska, au Québec, est ressenti dans une grande partie de l'est de l'Amérique du Nord. Il provoque aussi des glissements de terrain le long de la rivière Saint-Maurice, de la rivière Batiscan et du fleuve Saint-Laurent.

Tout porte à croire qu'un violent séisme ayant provoqué un énorme tsunami le long de la côte Ouest s'est produit le 26 janvier 1700. L'histoire orale des Premières Nations décrit comment le tremblement de terre, qui aurait été d'une magnitude de 9, et le tsunami ont détruit un village de la baie de Pachena, sur la côte ouest de l'île de Vancouver.

Le 4 septembre 1899, un tremblement de terre d'une magnitude de 8 ébranle la frontière entre le Yukon et l'Alaska. Le séisme est ressenti dans le nord de la Colombie-Britannique et au sud du Yukon, tout comme les nombreuses répliquent survenues dans les jours qui suivent.

Le 28 février 1925, un séisme de magnitude 6,2 est ressenti dans l'est du Canada et le nord-est des États-Unis. L'épicentre se situe dans la région de Charlevoix-Kamouraska, au Québec. Dans des collectivités situées le long du fleuve Saint-Laurent, des maisons sont endommagées, tout comme de nombreux édifices importants, notamment la Gare du Palais (gare ferroviaire de Québec).

Bien que la côte du Pacifique et certaines parties du centre et de l'est du Canada aient été secouées par des tremblements de terre, le seul à avoir entraîné de nombreuses pertes humaines survient le 18 novembre 1929. L'épicentre du séisme d'une magnitude de 7,2 se situe à 250 km au sud de la péninsule de Burin, à Terre-Neuve. Un tsunami frappe la région, emportant des habitations, des bateaux et des chafauds. Les dommages sont estimés à 1 million de dollars et 27 personnes perdent la vie.

Le 20 novembre 1933, un tremblement de terre d'une magnitude de 7,3 se produit dans la baie de Baffin. Il s'agit de l'un des plus puissants séismes jamais enregistrés dans le cercle arctique. En raison de son épicentre situé au large des côtes et dans une région éloignée, on ne rapporte aucun dommage.

Le plus important séisme à survenir sur l'île de Vancouver a lieu de 23 juin 1946. Il s'agit aussi du plus puissant séisme côtier enregistré au Canada. D'une magnitude de 7,3, le tremblement de terre occasionne des dégâts considérables, notamment l'effondrement de 75 % des cheminées dans les collectivités situées près de l'épicentre, à savoir Cumberland, Union Bay et Courtenay. Une vague provoquée par le séisme fait chavirer un bateau, tuant un Canadien. Une autre personne meurt d'une crise cardiaque à Seattle.

Le 22 août 1949, un séisme de magnitude 8,1 survient au large des îles de la Reine-Charlotte (aujourd'hui Haida Gwaii), en Colombie-Britannique, et provoque un tsunami. Sur les îles, les gens sont incapables de se tenir debout, alors que sur la partie continentale, les voitures rebondissent. On rapporte que les lustres ont tremblé aussi loin qu'à Jasper, en Alberta.

Le 23 décembre 1985, un tremblement de terre d'une magnitude de 6,9 ébranle la région de Nahanni, dans les Territoires du Nord-Ouest. Il provoque des glissements de terrain, des chutes de pierre et une avalanche de pierre. Le séisme est ressenti dans l'ouest des Territoires du Nord-Ouest, dans le sud-est du Yukon et dans le nord de l'Alberta et de la Colombie-Britannique.

Bien que peu de dégâts aient été rapportés, un séisme majeur s'est produit au large de la côte de Haida Gwaii le 28 octobre 2012. D'une magnitude de 7,7, il est ressenti à Prince-Rupert, Quesnel et Houston, en Colombie-Britannique.


En savoir plus

Lecture supplémentaire

  • Bruce A. Bolt, Earthquakes: A Primer (1978).

Liens externes