Tzincoca, Rémus

Rémus (Pétru) Tzincoca. Chef d'orchestre, chef de choeur, compositeur, professeur, administrateur (Iassy, Roumanie, 15 septembre 1915, naturalisé canadien 1965). Diplôme direction d'orchestre, écriture et pédagogie (Cons. de Iassy) 1938, premier prix direction d'orchestre (Cons. de Paris) 1948.

Tzincoca, Rémus

Rémus (Pétru) Tzincoca. Chef d'orchestre, chef de choeur, compositeur, professeur, administrateur (Iassy, Roumanie, 15 septembre 1915, naturalisé canadien 1965). Diplôme direction d'orchestre, écriture et pédagogie (Cons. de Iassy) 1938, premier prix direction d'orchestre (Cons. de Paris) 1948. Il eut comme professeurs au Cons. de Iassy (1933-38) Antonin Ciolan (direction d'orchestre), Alexandre Zirra et Constantin Georgesco (écriture). Il enseigna à Iassy (1937-40, 1943-44) et à Bucarest (1940-42). Secr. des études musicales à l'Opéra de Bucarest et dir. mus. à la cathédrale patriarcale de la même ville (1940-42), il fut ensuite chef d'orchestre à l'Opéra de Iassy (1943). Au Cons. de Paris, il reprit en 1945 ses études de direction d'orchestre avec Louis Fourestier et Eugène Bigot. Il suivit également des cours particuliers avec les frères Jean et Noël Gallon (1945-50) et reçut des conseils de Georges Enesco,tout en étant dir. de la Société philharmonique de Laval, France (1946-50). Il devint assistant d'Enesco en vue d'une tournée aux É.-U. où il arriva. en 1950. Il fut invité au Festival d'Ipswich, Mass. (1952), et fonda le Newport Music Festival, R.I., dont il dirigea l'orchestre (1953-55) formé de membres de l'Orchestre philharmonique de New York. Avec les premiers pupitres de cet orchestre, il fonda à New York l'Orchestra da Camera (1954-56).

À l'invitation de Wilfrid Pelletier, il s'établit à Montréal et enseigna au CMM (1959-77), chargé des classes d'orchestre, de direction d'orchestre et d'ensemble. Il fonda un deuxième Orchestra da Camera (1959) cette fois avec des chefs de pupitre de l'OSM. Durant son unique saison de trois concerts au théâtre Orpheum - deux incluant des pages de Bach et un troisième de la musique canadienne - il créa la Symphonie pour cordes de Jacques Hétu. Entre 1960 et 1965, Tzincoca enseigna aussi à l'École Vincent-d'Indy (chorale et direction chorale). En 1962, la chorale de cette école remporta le premier prix des Festivals de musique du Québec, et participa avec l'orchestre de la SRC à Montréal au concert gala en l'honneur de la visite de la reine mère, alors que furent exécutés le « Pater Noster » et la Ballade no 1 de Tzincoca à la Comédie-Canadienne; elle participa aussi à l'inauguration de la salle Claude-Champagne de Montréal en 1964 et interpréta la même année son oratorio Sur la montagne.En 1964, Tzincoca créa La Chèvre de M. Séguin, conte musical d'Henri Tomasi, avec l'orchestre de chambre et la maîtrise de l'ORTF. Au Palais de Chaillot à Paris, il dirigea l'Orchestre Pasdeloup dans la création européenne d' Altitude de Claude Champagne, en présence du compositeur. La même année, il dirigea Cordes en mouvement de Jean Vallerand à l'ORTF. Invité régulièrement en Roumanie, il y a dirigé les plus importantes formations symphoniques, ainsi que l'Opéra de Bucarest, particulièrement dans le répertoire wagnérien (La Walkyrie, Tannhäuser, etc.). Il a dirigé plusieurs autres orchestres comme chef invité, dont l'Orchestre Lamoureux de Paris, l'Orchestre philharmonique de Londres, celui du Tonhalle de Zurich, l'Orchestre de Cleveland, l'OS de Bordeaux, etc. Il fut membre du jury aux concours du Cons. de Paris (1962, 1964, 1971). Il s'est fait entendre à la radio de la SRC et a dirigé l'Orchestre de chambre de la SRC à Québec dans sa Ballade no 2 (1977) et dans sa Symphonie no 1 (1985). En 1984, à la tête de l'Orchestre philharmonique de Bucarest, il a dirigé la première mondiale de la Cantata profana de Bartók dans sa version originale en langue roumaine. La partition originale de cette version a été reconstituée par Tzincoca et sa femme, la pianiste Anisia Campos, sur la base de documents olographes trouvés à New York.

Parmi ses compositions, mentionnons 20 mélodies pour voix et piano sur des textes de Valéry, Musset, Pillat et Moriglioni-Dragan; Sur la montagne (1963) pour choeur, solistes et piano, révisé en 1969 pour choeur, solistes et orchestre sous le titre Béatitudes, oratorio dont la thématique est issue de la musique byzantine; Ballade no 1 pour orchestre et choeur et no 2 pour orchestre de chambre; deux Symphonies; une Liturgie orthodoxe pour choeur a cappella; une Danse pour violon et piano; trois Chorals byzantins pour piano. Après avoir entendu Sur la montagne, Jean Vallerand écrivit dans La Presse : « ... page fort bien écrite pour les voix et d'un lyrisme très intérieur » (15 mai 1964). Tzincoca est membre fondateur et membre d'honneur de l'Assn des professeurs du Cons. de musique du Québec.Après de études à Paris et à Salzbourg, Anisia Campos enseigna le piano à l'École Vincent-d'Indy (1966-71), à l'Université d'Ottawa (1972-76) et au CMM (1967 -). À titre de concertiste, elle a joué avec l'OS de Bucarest et les orchestres philharmoniques de Timisoara, de Cluj et d'Oradea. Elle prit part au Festival International de Brasov-Roumanie en 1981, consacré au centenaire de la naissance d'Enesco et de Bartók, où elle joua le Quatuor en do mineur de Fauré avec le Quatuor classique de la radio-télévision de Bucarest.


Lecture supplémentaire

  • Laurier, Andrée. 'A composer emerges from the cocoon,' CanComp, 204, Oct 1985