Festival international de Vancouver

Le festival international de Vancouver (connu aussi sous le nom du festival de Vancouver) a lieu chaque été de 1958 à 1968.

Le festival international de Vancouver (connu aussi sous le nom du festival de Vancouver) a lieu chaque été de 1958 à 1968. Inspiré des festivals d’Edinburgh et de Salzburg, il présente des artistes d’opéras et des concertistes d’Europe et des États-Unis. Ses politiques financières et artistiques sont constamment critiquées. À partir du début des années 1960, le festival tente, de façon maladroite et incohérente, de laisser de côté le modèle savant d’Edinburgh et d’être plus local, plus populaire et moins cher. La saison finale du festival a du succès, mais les dettes écrasantes le forcent à mettre un terme à ses activités.

Origines

C’est en 1949 qu’Iby Koerner, Mary Roaf et Elena Arkell Wait, les membres de la direction du Community Arts Council of Vancouver, discutent pour la première fois de la possibilité d’organiser un festival d’été avec la participation des gens provenant des cercles académiques, artistiques et des milieux d’affaires de Vancouver. Avec le succès de l’école des beaux-arts d’été à l’Université de la Colombie-Britannique, on révise les plans pour un tel festival en 1954. Ensuite, le festival international de Vancouver est créé en 1955. Le Conseil des arts du Canada et la Koerner Foundation financent le festival, mais il y a aussi des donateurs privés.

1958

Le premier festival fondé et dirigé par Nicholas Goldschmidt a lieu à l’été 1958 dans l’Orpheum Theatre, dans le Georgia Auditorium et dans la salle de bal de l’Hotel Vancouver. Dans la programmation du festival, on trouve des concerts orchestraux, des récitals musicaux de chambre, une grande œuvre chorale (le Requiem, de Verdi), un opéra (Don Giovanni),un drame théâtral (la première deThe World of the Wonderful Dark,de Lister Sinclair, qui est considéré comme un événement de première importance) et un festival international de films. Les artistes présentés sont les chanteurs Pierrette Alarie, Maureen Forrester, George London, Lois Marshall, Aksel Schiøtz, Léopold Simoneau et Joan Sutherland; le pianiste Glenn Gould; les chefs d’orchestre André Previn et William Steinberg; le mime Marcel Marceau et le trio d’Oscar Peterson.

Le BMI Canada et la CAPAC offrent 2 prix de 1 000 $ chacun aux compositeurs canadiens dont les œuvres populaires sont présentées pour la première fois au public lors du festival. Il n’y a qu’un seul gagnant, Paul McIntyre, à qui le prix pour sa cantate Judith est attribué uniquement par la CAPAC.

1959

La ville de Vancouver et les gouvernements fédéral et provincial financent le deuxième festival, qui est encore plus ambitieux que le premier. Le Queen Elizabeth Theatre, qui vient de s’ouvrir, est utilisé pour aider à accueillir le festival, dont la programmation est beaucoup plus chargée. Trois œuvres sont commandées. Ce sont String Quartet No 3, par Harry Somers, présenté par un quatuor à cordes hongrois; Tryptique, une œuvre d’orchestre par Pierre Mercure; Four Songs, pour voix élevée et orchestrepar Robert Turner. D’autres attractions du festival sont Harry Belafonte, les Cassenti Players, la Chorale de Bach de Montréal, Anna Russell, le Takarazuka Dance Theatre et les chefs d’orchestre Herbert von Karajan et Bruno Walter, qui accompagnent l’orchestre du festival en tant qu’invités.

1960

Pour réduire les dépenses financières, le troisième festival est plus court et la programmation est plus générale. Les grandes attractions sont l’opéra de Pékin, les concerts symphoniques dirigés par William Steinberg et Carlos Chávez, deux concerts avec la participation du New York Philharmonic (dirigé par Leonard Bernstein), du Trio de Kingston, de Glenn Gould et de Kerstin Meyer.

1961

La quatrième saison du festival comprend les présentations par les Disciples de Massenet, le New York City Ballet, le chœur de l’Armée rouge et le soprano Irmgard Seefried. On présente une première nord-américaine d’opéra Midsummer Night’s Dream,de Britten, avec la participation de Russell Oberlin et de Mary Costa. On constate aussi une augmentation du contenu populaire dans la programmation. Toutefois, le festival n’attire pas un nombre suffisant de spectateurs, et la critique n’est pas favorable. Le journaliste Kenneth Winters, de Canadian Music Journal (le numéro d’automne 1961), l’appelle « une semaine de festival pendant un mois de médiocrité ». Il considère l’augmentation du contenu populaire dans la programmation comme « la défaite de la patience, de la clairvoyance et du courage devant les circonstances économiques vulgaires ».

1962

C’est seulement en 1962 que les fonds suffisants donnés par des individus, la ville et la province, partiellement ramassés à l’aide de la radio de la CHQM, assurent le lancement du cinquième festival. Dans la programmation du festival, on trouve la Comédie Française, le Chœur du Tabernacle Mormon et la mise en scène du festival de Stratford, The Pirates of Penzance, par Gilbert et Sullivan. De plus, l’Opéra de Vancouver présente La flûte magique. Il y a aussi des concerts et des récitals présentés par l’Orchestre de chambre de la SRC, par le Quatuor Juilliard et par un duo des pianistes Vronsky et Babin.

C’est la dernière fois que le festival international du film fait partie de la programmation. À cause du manque du profit qu’on observe à nouveau, on décide de suspendre le festival de 1963 et d’adopter une nouvelle politique. On décide que les prochains festivals seront organisés sur les thèmes qui reflètent la vie des pays dont l’héritage canadien provient. Cette fois, le gouvernement provincial donne plus d’argent selon le principe du financement de contrepartie, et les concerts de collecte de fonds sont donnés durant l’hiver 1962-1963.

1963

Le sixième festival, dont le thème est l’origine britannique, présente quelques pièces de théâtre et The Best of Spring Thaw. À l’hiver 1963, le festival amène le cirque de Moscou à Vancouver pour ramasser des fonds pour le festival de 1964.

1964

Le sujet de la programmation de 1964 est l’origine française. Elle comprend le ballet de l’Opéra de Paris, Zizi Jeanmaire, Les Ballets de Paris et Charles Munch dirigeant l’Orchestre symphonique de Vancouver. C’est la première fois que l’orchestre donne un concert sous son nom.

1965

En 1965, le festival international de Vancouver change son nom pour le festival de Vancouver et abandonne l’idée de présenter un pays particulier. Le huitième festival est connu par la participation du chef d’orchestre Igor Stravinsky et par le spectacle de Margot Fonteyn et Rudolf Nureyev.

1966

La décision est prise que la Vancouver Opera Association, le Playhouse Theatre et l’Orchestre symphonique de Vancouver vont préparer tous au moins un spectacle pour le festival de 1966. La Vancouver Opera Association présente Hansel et Gretel. Le spectacle préparé spécialement pour le festival est Oliver. Le Playhouse Theatre présente Big Soft Nellie et The Threepenny Opera. L’Orchestre symphonique de Vancouver sous la direction de Meredith Davies fait deux concerts, l’un est pour célébrer le centenaire de la naissance de Cyprien Busolini. Le Ballet du Bolchoï et la présentation de l’Office national du film du Canada sont aussi dans la programmation.

1967

Le festival de 1967 s’ouvre avec un concert dirigé par sir Arthur Bliss. La Vancouver Opera Association présente The Girl of the Golden West,de Giacomo Puccini. Van Cliburn et George Malcolm donnent des récitals.

1968

Malgré les succès de City Centre Ballet, de Robert Joffrey, du spectacle avant Broadway And Now, Noel Coward et du concert symphonique qui attirent 8 000 personnes au nouveau Pacific Coliseum, le déficit atteint 322 000 $, et on met fin au festival.

Administration

Les présidents du festival sont W. C. Mainwaring (1958-1959), General sir Ouvry Roberts (1960-1961), T. N. Beaupre (1962-1963), David S. Catton (1964), Martin A. Linsley (1965) et R.A.C. Douglas (1966-1968). Les directeurs artistiques sont Nicholas Goldschmidt (1955-1962), Dino Yannopoulos (1962-1964) et Gordon Hilker, suivi par William Crawford en 1964. De 1965 à 1967, à cause de l’absence du directeur artistique, le festival est dirigé par Hugh Pickett, Dora McQuade et Julia Switzer. Gordon Hilker prend la direction à nouveau en 1968, la dernière année du festival. Les reportages sur le festival peuvent être trouvés dans les numéros d’automne du Canadian Music Journal (volumes 3 à 6, 1958-1961).

Voir aussi Musique à Vancouver.