Victor Feldbrill

Victor Feldbrill. Chef d'orchestre, violoniste (Toronto, 4 avril 1924). Artist Diploma (Toronto) 1949, F.R.H.C.M. h.c. 1978, LL.D. h.c. (Brock) 1991.

Victor Feldbrill

Victor Feldbrill. Chef d'orchestre, violoniste (Toronto, 4 avril 1924). Artist Diploma (Toronto) 1949, F.R.H.C.M. h.c. 1978, LL.D. h.c. (Brock) 1991. Fils d'immigrants juifs polonais, il étudie le violon en cours privés avec Sigmund Steinberg (1936-1943), les matières théoriques avec John Weinzweig (1939) et la direction d'orchestre avec Ettore Mazzoleni au Toronto Conservatory of Music (Conservatoire royal de musique, RCMT) en 1942-1943. Chef d'orchestre de l'Orchestre symphonique de l'Université de Toronto (1942-1943), il fait ses débuts à la tête du Toronto Symphony (TS) le 30 mars 1943 dans une exécution de la valse Vie d'artiste de Strauss. Pendant son service dans la Marine royale du Canada (1943-1945), comme violoniste de Meet the Navy alors qu'il est stationné à Londres, il étudie l'harmonie et la composition avec Herbert Howells au Royal Conservatory of Music et la direction d'orchestre avec Ernest Read à la Royal Academy of Music, sur les conseils de sir Adrian Boult. De retour au Canada, il occupe les postes de violon solo et chef adjoint de l'orchestre symphonique et de la compagnie d'opéra du RCMT (1945-1949), tout en étudiant le violon avec Kathleen Parlow (1946-1949). À cette époque, il poursuit également des études de direction d'orchestre, à Tanglewood (été 1947) et dans le Maine avec Pierre Monteux (étés 1949 et 1950). Il est l'un des premiers violons du TS (1949-1956) et de l'Orchestre symphonique de la SRC (1952-1956), ensemble qu'il dirige également 19 fois à titre de chef invité. En 1952, il fonde les Canadian Chamber Players qui demeurent sous sa direction pendant plusieurs saisons, donnant des concerts le dimanche à la Hart House notamment. Durant les années 1950, il dirige également des émissions éducatives pour l'Ontario (« Music for Young Folk », v. 1952-1957) et des émissions éducatives nationales (« Music in the Making », 1953) en plus d'être violoniste et chef d'orchestre indépendant, participant à plusieurs autres émissions à la radio et à la télévision de la SRC.

Orchestre symphonique de Winnipeg de 1958 à 1968
Feldbrill étudie la direction à Hilversum avec Willem van Otterloo et, durant l'été 1956, à Salzbourg avec Meinhard von Zallinger. Il est chef d'orchestre adjoint du TS en 1956-1957. En 1958, il dirige l'Orchestre Hart House à l'Exposition universelle de Bruxelles et devient chef de l'Orchestre symphonique de Winnipeg, poste qu'il occupe jusqu'en 1968. Au cours de ses années à la tête de cet orchestre, il en élargit les séries régulières, ajoute des concerts populaires et des concerts pour la jeunesse, et inaugure des visites de l'orchestre à des localités manitobaines comme Brandon, Dauphin et Virden et à des villes frontalières du nord des États-Unis. En 1964, l'orchestre et son chef reçoivent un prix de la Concert Artists Guild des États-Unis pour l'aide et les conseils qu'ils apportent aux jeunes musiciens.

La BBC et l'Orchestre national des jeunes
Feldbrill est au pupitre lors de la Conférence internationale des compositeurs à Stratford en 1960 et au Festival international de Vancouver en 1961. Il est également le chef d'orchestre résident des sessions de l'Orchestre national des jeunes du Canada de 1960 à 1962 et en 1964, 1969 et 1975. En 1963, il se rend en Union soviétique dans le cadre d'un programme d'échanges et dirige des orchestres en Ukraine, à Lvov, Kiev, Odessa et Zaporojié. Invité de nouveau en 1966-1967, il dirige dans les villes de Bakou, Minsk et Tbilisi. À partir de 1957, il se produit aussi annuellement comme chef invité de la BBC et, en 1972, il est chef invité en Italie.

Postes au Canada de 1968 à 1981
Feldbrill est membre de la faculté de l'Université de Toronto (1968-1982) où il assume les tâches de chef de l'orchestre symphonique en 1968, de chargé de cours spécial en 1969 et de chef d'orchestre résident en 1972, en plus de contribuer à la mise sur pied d'un atelier de direction d'orchestre en 1969. Il est directeur des activités pour les jeunes du TS (1968-1978), chef résident de cet orchestre (1973-1977) et, à sa fondation, chef et directeur musical du Toronto Symphony Youth Orchestra (1974-1978). Cet orchestre offre d'ailleurs une bourse d'études en son nom. En 1975, il commence à travailler avec les orchestres de jeunes à la Banff School of Fine Arts (Centre d'arts de Banff), dirigeant l'Orchestre de chambre du Canada et des sessions du Festival canadien des orchestres de jeunes de façon régulière. Il est directeur musical intérimaire de l'Orchestre symphonique de London (Orchestra London Canada) de 1979 à 1981.

Chef d'orchestre invité
Feldbrill passe trois mois à Tokyo en 1979, comme chef invité de l'Université nationale des arts et de la musique. Premier Canadien à être ainsi honoré, il commence une collaboration annuelle qui va déboucher sur sa nomination comme professeur, en 1981, et comme chef principal de l'orchestre philharmonique Geidai, à cette même université, en 1982. Il dirige des orchestres dans tout le Japon à titre de chef invité et est nommé professeur émérite à sa retraite en 1987. Feldbrill est le premier Canadien invité à diriger l'Orchestre philharmonique des Philippines, à Manille en 1984, et à être invité en Chine comme chef invité et conférencier, à Pékin et à Shenyang en 1987. De 1993 à 2003, il enseigne et dirige à titre d'invité en République Tchèque. Il est nommé directeur musical et chef principal de l'Orchestre philharmonique de Hamilton en 1990, postes qu'il conserve jusqu'en 1996.

À titre de chef invité, il dirige des orchestres de la SRC à Vancouver, Edmonton, Winnipeg et Montréal, et des productions d'opéra à la télévision de la SRC dont La Serva Padrona de Pergolèse, The Bear de Walton et The Lost Child de Ridout. Il se produit également avec l'Orchestre symphonique de l'Atlantique, l'Orchestre philharmonique de Calgary, l'Orchestre symphonique d'Edmonton, l'Orchestre symphonique de Montréal, l'Orchestre symphonique de Québec, l'Orchestre symphonique de Regina, l'Orchestre symphonique de Saskatoon et l'Orchestre symphonique de Vancouver et l'Orchestre du Centre national des Arts (OCNA). Il dirige souvent la Canadian Opera Company, notamment la création de Louis Riel de Somers en 1967 et chacune des exécutions subséquentes de l'opéra et la création de Heloise and Abelard de Wilson en 1973. Il dirige aussi Hamlet de Humphrey Searle, production de la Royal Conservatory Opera School (University of Toronto Opera Division) en 1969. À l'occasion du 125e anniversaire du Canada, en 1992, Feldbrill dirige l'OCNA lors d'une tournée dans 32 villes. À sa 50e année de direction du TS, il dirige la première de The Reawakening de Srul Irving Glick.

Honneurs et appréciation
Reconnu comme un ardent promoteur de la musique canadienne, Feldbrill se fait un point d'honneur, tout au long de sa carrière, de faire son possible pour inclure au moins une oeuvre canadienne à chacun des concerts qu'il dirige. William Littler, dans le Toronto Star du 12 mars 1973, écrit : « Si Victor Feldbrill n'existait pas, il est fort possible que la communauté musicale de Toronto aurait eu à l'inventer... Il s'est lui-même attribué un rôle indispensable dans la mécanique musicale de la ville, et il est temps que l'on reconnaisse que sans lui, la machine fonctionnerait beaucoup moins efficacement ». En 1967, la Ligue canadienne des compositeurs lui accorde la première Canada Music Citation et, en 1978, la ville de Tokyo lui présente une médaille de reconnaissance pour services rendus à la musique et à la jeunesse. Il est le premier récipiendaire du Roy Thomson Hall Award en 1985 et est nommé officier de l'Ordre du Canada la même année. En 1999, Feldbrill est nommé à l'Ordre de l'Ontario et reçoit le Distinguished Visitor Award de l'Université de Toronto. En reconnaissance de son extraordinaire contribution à la nouvelle scène musicale du Canada, Victor Feldbrill est nommé ambassadeur du Centre de musique canadienne en 2009.

Créations canadiennes dirigées par Victor Fledbrill (Sélection)

Par compositeur A-K

Adaskin, Grant, Warden of the Plains, 1967.

Archer, Concerto no 1 pour piano et orchestre, 1958.

Bales, Concerto pour orgue et orchestre, 1959.

Beckwith, Music for Dancing (version d'orchestre), 1950

- All the Bees and All the Keys, 1973.

Davies, Variations, 1967.

- From harmony, 1968.

Dolin, Drakhar, 1973.

- Concerto pour piano et orchestre, 1975.

Eckhardt-Gramatté, Concerto pour orchestre, 1961.

Fiala, Eulogy, 1966.

Freedman, Five Pieces pour quatuor à cordes, 1949 (Feldbrill, 2e violon)

- Divertimento pour hautbois et cordes, 1949.

- Tableau, 1952 (première britannique, 1960).

- Five Pieces pour orchestre à cordes, 1953.

- Chaconne, 1964.

- March?, 1971.

- Preludes pour orchestre, 1971.

Glick, The Reawakening, 1992.

Lionel Greenberg, Prelude and Fugue, 1965.

Richard Henninger, Catena, 1re exécution canadienne, 1971.

Hétu, Concerto pour flûte, 1992.

Karam, Poem pour cordes, 1949.

Klein, Fanfares pour orchestre, 1978.

Par compositeur L-Z

Morawetz, Concertopour quintette de cuivres et orchestre, 1968.

- A Child's Garden of Verses, 1973.

Naylor, Variations pour petit orchestre, 1961.

Pentland, Concerto pour piano et orchestre, 1958.

- Symphonie no 4, 1960.

- Ciné-Scene I, 1974.

Pépin, Nombres pour deux pianos et orchestre, 1963.

Prévost, Chorégraphie I, 1975.

Ridout, The Ascension (Cantiones Mysticae n<sup>o</sup> 2), 1962.

- In Memoriam Anne Frank, 1965.

- Suite de La Prima Ballerina, 1971.

- The Lost Child, 1975.

Schafer, Canzoni for Prisoners, 1963.

-No Longer than 10 Minutes, 1971.

- Divan i Shams i Tabriz, 1972.

Norman Sherman, Sinfonia Concertante pour basson et cordes, 1961.

Somers, Symphonie no 1, 1953. The Homeless Ones, 1956.

-The Homeless Ones, 1956.

- Concerto no 2 pour piano, 1956 (aussi première exécution en concert, 1978).

- Faces of Canada, 1956.

- The Fool, 1956.

- Symphonie pour bois, cuivres et percussion, 1967.

- Louis Riel, 1967.

- Improvisation, 1968.

- Enkidu, 1977.

- The Garden and the Cage, 1979.

- Serinette, 1990.

Surdin, Eine Kleine Hammer-Klapper Musik, 1976.

Symonds, Concerto grosso pour quintette de jazz et orchestre symphonique, 1957.

- Nameless Hour, 1966.

- Democratic Concerto, 1967.

Weinzweig, Rhapsody pour orchestre, 1957.

- Concerto pour piano et orchestre, 1966.

- Dummiyah / Silence, 1969.

- Divertimento no 8 pour tuba et orchestre, 1983.

- Divertimento no 9 pour orchestre, 1982.

Wilson, Heloise and Abelard, 1973.

Discographie
Heritage : Compositions inspirées de thèmes canadiens : Jones, Champagne, Chotem, MacMillan, Cable, Adaskin; Toronto Philharmonia; 1967; Dom S-1372, Dom LPS-21024 et (sélections) Citadel CT-6011.

Somers Symphonie pour vents, cuivres et percussion : CBC Wind Symphony; 1967; CBC SM-134.

Spohr Overture to « Faust », Bruch Concerto op. 58 : CBC Festival O, Pratz vn; 1976; CBC SM-329.

Straughan Enfilony : O de Radio Luxembourg; 1977; Sun-Owl Productions SN-001.

Voir aussi DISCOGRAPHIES de l'Orchestre symphonique de la SRC, The Fool, Louis Riel, le TS et l'Orchestre symphonique de Winnipeg.

Écrits
Victor Feldbrill, « The Widow's irresistable [sic] appeal », OpCan, XIV (aut. 1973).

« Victor Feldbrill at the Tokyo University of the Arts », University of Toronto News, XVI (aut. 1979).

« Commissions and composers », programme du TS (sept.-oct. 1982).

Bibliographie
« Bow or baton - Feldbrill now has the final answer », CBC Times (4-10 mai 1958).

« The Winnipeg Symphony Orchestra and conductor Victor Feldbrill », Sharps and Flats, V (avril 1965).

« Plus d'oeuvres canadiennes que tous les autres mis ensemble », CompCan, V (janv. 1966).

William LITTLER, « He's a conductor without an orchestra but still Victor Feldbrill's a happy man », Toronto Star (25 avril 1970).

Marc SAMSON, « Deux priorités : la musique contemporaine et les jeunes », Le Soleil (Québec, 3 avril 1971).

John FRASER, « Feldbrill : another fade-out in store for the TS's prophet without honor? », Globe and Mail (Toronto, 3 mai 1975).

« Victor Feldbrill to assume new post », University of Toronto News, XXI (print.-été 1982).

Arthur KAPTAINIS, « En mission au Japon », CompCan, 189 (mars 1984).

Jeff BATEMAN, « La Musique canadienne a son ambassadeur », ScM, 341 (janv.-févr. 1985).

Michael SCHULMAN, « Canada's concert music ambassadors », Words and Music(mai 1994).

New Grove Dictionary of Music

Canadian Who's Who


Lecture supplémentaire

  • 'Bow or baton - Feldbrill now has the final answer,' CBC Times, 4-10 May 1958

    'The Winnipeg Symphony Orchestra and conductor Victor Feldbrill,' Sharps and Flats, vol 5, Apr 1965

    'More Canadian works than all others together,' CanComp, 5, Jan 1966

    Littler, William. 'He's a conductor without an orchestra but still Victor Feldbrill's a happy man,' Toronto Daily Star, 25 Apr 1970

    Samson, Marc. 'Deux priorités: la musique contemporaine et les jeunes,' Quebec City Le Soleil, 3 Apr 1971

    Fraser, John. 'Feldbrill: another fade-out in store for the TS's prophet without honor?' Toronto Globe and Mail, 3 May 1975

    'Victor Feldbrill to assume new post,' University of Toronto News, vol 21, Spring-Summer 1982

    Kaptainis, Arthur. 'Canadian music: far east!' CanComp, 189, Mar 1984

    Bateman, Jeff. 'Feldbrill's crusade: an ambassador for Canadian music,' MSc, 341, Jan-Feb 1985

    Schulman, Michael. 'Canada's concert music ambassadors,' Words and Music, May 1994

    New Grove Dictionary of Music

    Canadian Who's Who