Origine

Créé à l'Université Laurentienne à Sudbury en 1975 par l'historien Gaétan Gervais et l'étudiant Michel Dupuis, le drapeau franco-ontarien a été le deuxième symbole adopté par les Francophones hors Québec après celui de l'Acadie en 1884. On y voit une fleur de lys blanche sur fond vert et un trille blanc à bordure verte sur fond blanc. Le lys symbolise la francophonie et le trille, l'Ontario, tandis que le vert représente l'été et le blanc, l'hiver.

Contexte

Cocréateur du drapeau, M. Gervais a participé à la fondation de plusieurs organismes ayant marqué l'identité ontaroise : l'Institut franco-ontarien, le Centre franco-ontarien de folklore et la Société historique du Nouvel-Ontario. En juin 2013, il recevait l'Ordre du Canada. On lui attribue la reconnaissance des études franco-ontariennes comme champ distinct de la recherche historique, alors qu'auparavant, les travaux de recherche sur les Francophones de l'Ontario ne comptaient que pour une infime portion des études francophones, lesquelles étaient surtout centrées sur le Québec.

C'est dans ce contexte qu'est né le drapeau comme emblème de l'identité ontaroise. Gaétan Gervais a fait partie de cette effervescence culturelle franco-ontarienne qui a donné naissance aux Éditions Prise de parole, au Théâtre du Nouvel-Ontario, à la Galerie du Nouvel-Ontario et à la Nuit sur l'étang. Ses écrits sur l'identité franco-ontarienne font état du besoin d'un cheminement unique face au refoulement des nationalistes québécois et à leur rejet des Francophones hors Québec comme étant soit inéluctablement sur la voie de l'assimilation, soit fédéralistes hostiles à la souveraineté.

Adoption populaire

Deux ans après sa création, le drapeau s'est implanté dans le milieu culturel franco-ontarien. Les écoles hissent bientôt le drapeau franco-ontarien à côté des drapeaux canadien et ontarien.

Symbole d'affirmation culturelle, le drapeau a flotté à l'École secondaire de la Huronie à Penetanguishene, lors de la lutte pour le financement d'une école secondaire francophone. On l'a retrouvé surtout lors de la campagne SOS Montfort à Ottawa, laquelle visait la préservation du seul hôpital francophone à l'ouest du Québec.

On voit aujourd'hui flotter le drapeau en toute occasion célébrant le fait francophone ontarien, notamment durant les festivités de la Franco-Fête entourant la Saint-Jean-Baptiste (24 juin), lors de la Journée internationale de la francophonie (20 mars), pendant les festivals de musique, les défilés et les manifestations.

Reconnaissance officielle

Il a fallu des décennies avant que l'emblème franco-ontarien n'obtienne la reconnaissance officielle du gouvernement provincial.

Grâce à la motion du député de Glengarry-Prescott-Russell, Jean-Marc Lalonde, Queen's Park a reconnu le drapeau officiellement le 21 juin 2001.

En 2003, à la suite du dépôt d’une pétition demandant de hisser le drapeau à l'hôtel de ville de Sudbury, le maire de l'époque, Jim Gordon, a fait voter les conseillers municipaux sur la question. Ils ont refusé d'accéder à la demande. En 2006, le nouveau maire de la ville, John Rodriguez, invalidait la décision et faisait flotter le drapeau franco-ontarien.

L'acceptation de l'emblème ne s’est pas faite sans susciter d’autre réaction. En septembre 2008, le député conservateur de Thornhill à Queen's Park, Peter Shurman, qualifiait le drapeau de symbole « divisif ».

Pourtant, en 2010, parce qu'on avait hissé le drapeau pour la première fois le 25 septembre à l'Université de Sudbury, la législature provinciale a proclamé cette date la Journée des Franco-Ontariens.