Accidents et prévention

Environ 2 000 Canadiens âgés de 1 à 19 ans meurent chaque année à cause de divers accidents et plus de 85 000 personnes sont hospitalisées pour les mêmes raisons.

Accidents et prévention

Environ 2 000 Canadiens âgés de 1 à 19 ans meurent chaque année à cause de divers accidents et plus de 85 000 personnes sont hospitalisées pour les mêmes raisons. Un bon nombre de maladies infectieuses ayant été enrayées, les accidents sont devenus la première cause de décès et d'invalidité chez les enfants et les adolescents canadiens. Les causes accidentelles de décès les plus fréquentes sont les accidents de la route, la noyade, les brûlures, l'asphyxie, les chutes et l'empoisonnement. Chez les enfants, 95 p. 100 des accidents sont dus à des objets en mouvement (p. ex. véhicules, bâtons de hockey) ou encore à un impact de la victime contre une surface fixe (p. ex. le pare-brise d'une automobile).

Les brûlures représentent 3 p. 100 des lésions, et l'électrocution, l'empoisonnement et les rayonnements 2 p. 100. La tête et le visage sont les sièges les plus souvent touchés dans les accidents de voiture et ceux qui surviennent au foyer (les chutes par exemple). Étant donné la fréquence des lésions cérébrales, la forte détérioration neurologique entraînée par les traumatismes crâniens, qu'ils soient modérés ou graves, et les indices qui portent à croire que les blessures bénignes peuvent avoir des effets nocifs sérieux, ces accidents constituent un problème important dans le domaine de la santé publique.

Avec le régime d'assurance-maladie, les frais médicaux découlant d'une blessure sont minimes pour la famille et se calculent surtout en journées de travail ou d'école manquées. Toutefois, les coûts engagés par la société pour les accidentés sont impressionnants. En 1985, 16 milliards de dollars ont été consacrés au traitement des blessures et lésions diverses au Canada.

Accidents et développement de l'enfant

De nombreux accidents sont liés de près à l'âge et sont attribuables au stade de développement. Ainsi, les enfants en bas âge sont très sujets aux chutes. Environ 85 p. 100 des lésions qui surviennent, le plus souvent à la tête et chez les bébés de sexe masculin, entre la naissance et l'âge d'un an sont attribuables aux chutes. Les brûlures dues aux bains trop chauds ou aux boissons bouillantes représentent 10 p. 100 des accidents qui frappent les nourrissons et l'empoisonnement 5 p. 100. Le jeune enfant moyen parcourt annuellement quelque 8000 km en voiture. S'il n'est pas protégé par un siège de sécurité ou des sacs gonflables, le risque de blessure grave ou de décès est important. Les règlements relatifs à la grosseur des sucettes et des jouets ont fait diminuer le nombre de décès par suffocation.

Les jeunes enfants capables de marcher et d'explorer leur environnement sont particulièrement sujets aux accidents. C'est même la période où les bébés de sexe féminin sont les plus vulnérables. Dans l'ensemble, un enfant d'âge préscolaire sur 10 est traité chaque année aux urgences pour traumatisme ou empoisonnement, cette dernière catégorie représentant 12 p. 100 des cas d'accident. Les brûlures sont monnaie courante, mais les blessures imputables aux chutes sont les plus fréquentes. Les accidents qui concernent les piétons et les automobiles représentent 1a principale cause de mortalité à cet âge. De même, le taux de mortalité par noyade est plus élevé à ce stade qu'à tout autre âge.

Entre l'âge de trois et six ans, l'enfant voit son milieu s'agrandir et s'étendre du foyer au quartier. Les accidents de la rue sont alors la cause la plus répandue de mortalité et de blessures graves. Tricycles et bicyclettes entraînent plus de blessures que tout autre objet. De 7 à 18 ans, l'enfant entre dans le monde du sport, du jeu et de la circulation routière; 98 p. 100 des blessures sont causées par des engins mécaniques et sont, jusqu'à 1'adolescence, surtout attribuables aux dangers qui règnent sur les terrains de jeux et aux accidents de vélo. L'Institut canadien d'hygiène infantile élabore des normes de sécurité pour les terrains de jeux du Canada. En grandissant, les enfants deviennent capables de reconnaître les dangers et de s'en protéger, ce qui explique le faible taux de mortalité, tous accidents confondus, chez les enfants de 10 ans.

Au Canada, les données recueillies sur les lésions d'origine sportive sont insuffisantes. La diminution de lésions oculaires enregistrée depuis que le port du masque protecteur est devenu obligatoire pour le hockey au Canada est digne de mention. Les fixations à libération automatique ont réduit la fréquence des fractures de la jambe chez les skieurs. En 1986, la Société royale de sauvetage a effectué une étude nationale sur les accidents de plongée. La même année, le Dr Charles Tater, neurochirurgien en chef à l'U. de Toronto, a étudié 115 lésions de la moelle épinière chez des joueurs de hockey de tous les niveaux.

À l'adolescence, le taux de blessures de la route atteint des proportions dramatiques. Plus de 50 p. 100 des décès et blessures graves sont liés aux accidents de la route et touchent principalement les jeunes conducteurs ou les passagers de véhicules automobiles. Ces accidents sont la cause principale des lésions cérébrales (48 p. 100) et sont responsables de plus de cas de tétraplégie et de paraplégie que toutes les autres causes réunies. Les lésions cérébrales représentent aussi la principale cause de l'épilepsie et des handicaps chez les gens de 1 à 19 ans.

Prévention des accidents

La prévention des accidents retient assez peu l'intérêt du monde scientifique. On croit généralement que ce sont la chance et la malchance qui entraînent les accidents et que le destin en est le principal facteur. Pour infléchir les politiques publiques, il faudrait que la population dans son ensemble se rende compte que les accidents sont rarement dus au hasard et qu'il est souvent possible de les prévenir. Il faut également qu'elle prenne conscience que les frais médicaux, les coûts sociaux et les pertes de vie justifient un investissement de taille dans la prévention.

Certaines mesures préventives nécessitent la coopération d'un assez petit nombre de personnes mais peuvent contribuer à sauver la vie de bien des gens. Ainsi, la réduction de l'espace entre les barreaux des lits d'enfant a mis un terme aux décès des nourrissons par strangulation. Par contre, les mesures préventives visant à modifier le comportement humain demandent le concours de nombreuses personnes. Par exemple, les parents doivent boucler la ceinture de leurs enfants dans le siège d'auto à chaque promenade en voiture.

Les stratégies de prévention (qui consistent, par exemple, à empêcher le danger de se présenter, à isoler le risque par des barrières spatiales, temporelles et matérielles, à parer aux dommages déjà accomplis) représentent déjà, sur le plan conceptuel, une importante contribution à la prévention des accidents. Si on les appliquait solidairement à tous les types d'accidents, elles pourraient réduire énormément la fréquence de ces derniers au Canada.

Accidents du travail

Chaque année, un travailleur canadien sur dix (plus d'un million de personnes) sont victimes d'accidents du travail. Environ la moitié peuvent reprendre le travail après avoir reçu les premiers soins. Les autres doivent prendre des journées de congé (554 793 jours en 1985) ou meurent des suites de leurs blessures. En 1985, il y a eu environ 844 accidents du travail ayant entraîné la mort, au Canada.

En 1985, plus de 15 millions de journées de travail ont été perdues en raison des accidents du travail et des MALADIES PROFESSIONNELLES, ce qui représente un coût de plus de trois milliards de dollars à l'échelle nationale. D'après le CONSEIL ÉCONOMIQUE DU CANADA, le coût indirect des accidents du travail et des maladies professionnelles (incapacité de répondre aux demandes des clients, diminution du rendement, baisse du moral des employés, etc.) pourrait être de deux à dix fois plus grand que leur coût direct (aide médicale, indemnisation et gestion des demandes d'indemnité). Le coût total des accidents du travail et des maladies professionnelles au Canada pourrait donc se situer entre 6 et 30 milliards de dollars en 1985.

C'est chez les jeunes adultes de sexe masculin et les travailleurs des industries de la pêche, de la foresterie, des mines et de la construction que le nombre d'accidents est le plus élevé. Les blessures et lésions les plus fréquentes par accidents du travail sont les entorses ou les foulures, les ecchymoses, les coupures ou les lacérations et les fractures ou les dislocations. Les parties du corps les plus souvent touchées sont le dos, les mains, les pieds et les yeux. Les accidents du travail résultent la plupart du temps d'un trop grand effort physique des travailleurs lorsqu'ils soulèvent, poussent, tirent ou transportent des objets. Ils se produisent également lorsque les travailleurs sont heurtés par des objets, quand ils tombent, demeurent coincés dans un engrenage de machine ou entre deux objets.

La sécurité au travail peut être améliorée par une conception, une garde et un entretien appropriés des outils et des machines ainsi que par la bonne conception des méthodes de travail. Les travailleurs peuvent souvent se protéger à l'aide d'un équipement protecteur : casque de chantier, chaussures de sécurité, lunettes de protection et appareils respiratoires.

Il est important aussi que les travailleurs reçoivent des directives ainsi qu'une formation concernant les pratiques de travail sécuritaires et les bonnes méthodes de manipulation des produits chimiques et des autres substances dangereuses. Les organismes provinciaux et fédéraux responsables de la sécurité et de la santé au travail, les organisations syndicales et patronales, les associations nationales et provinciales de prévention des accidents et le Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail offrent des programmes d'information et d'éducation en matière de sécurité au travail.


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