Armée du Salut

L'Armée du Salut (parfois appelé Sally Ann) est lancée officiellement au Canada, à London, en Ontario, le 1er juin 1882. Elle est introduite au Canada par d'ardents propagandistes, William Freer et sa femme (à Toronto) ainsi que Jack Addie et Joe Ludgate (à London).


Armée du Salut

 « Soupe et salut », telle est la réponse donnée, en 1865, aux « cris d'amertume des pauvres de Londres » par le prédicateur méthodiste dissident William Booth (voir MÉTHODISME).Telle est l'origine de l'Armée du Salut, vouée à la réforme physique et spirituelle des déshérités : la « soupe » comprend des centres d'hébergement pour hommes, des refuges pour femmes, des colonies agricoles et d'autres établissements du genre. Quant au « salut », il est prêché dans le style méthodiste par une armée d'officiers qui, avec drapeaux, fanfares et chants militaires, partent en quête de leurs ouailles dans les quartiers pauvres. À la fin du siècle, l'Armée du Salut est solidement ancrée dans la société britannique et s'est propagée dans beaucoup d'autres pays.

L'Armée du Salut (parfois appelé Sally Ann) est lancée officiellement au Canada, à London, en Ontario, le 1er juin 1882. Elle est introduite au Canada par d'ardents propagandistes, William Freer et sa femme (à Toronto) ainsi que Jack Addie et Joe Ludgate (à London). Des bataillons de l'Armée sont formés dans toutes les grandes villes de l'Ontario. En 1886, on trouve déjà des « salutistes » de St. John's à Victoria, quoique leurs formes inusitées d'expression religieuse (notamment les chants d'action de grâce sur des airs connus, les réunions sans façon et les bruyantes assemblées en plein air) soulèvent beaucoup de colère et occasionnent des batailles juridiques. Par son travail tenace d'aide sociale, l'Armée finit par gagner le respect dans tout le pays.

Un premier refuge pour filles « déchues » ouvre ses portes à Toronto, en 1886, suivi par d'autres à Winnipeg, Montréal et Victoria. En 1891, l'Armée ouvre son premier foyer d'accueil pour la réadaptation de ceux qui sortent de prison et pour les aider à réintégrer la société. Des maisons de refuge pour enfants, des prisons agricoles et des centres d'hébergement pour hommes ont également été ouverts, puis, en 1904, le premier Hôpital de la Grâce ouvre ses portes à Winnipeg. L'année suivante, un officier de l'Armée du Salut devient le premier agent de libération conditionnelle du pays et les premiers immigrants d'Angleterre parrainés par l'Armée arrivent la même année. Dès 1914, le nombre total des immigrants établis au Canada grâce à ce parrainage dépasse 150 000. Les officiers de l'Armée du Salut agissent en tant que chapelains pour les soldats canadiens au cours de la Première et de la Deuxième Guerre mondiale. Ils se chargent de la gestion de programmes visant à apporter confort et soutien aux troupes à l'étranger.

Activités actuelles
Aujourd'hui, l'Armée continue d'oeuvrer en tant qu'église chrétienne se préoccupant grandement des problèmes sociaux. L'Armée du Salut se donne aujourd'hui pour mission « Un don d'espoir pour la vie ». Représentant le plus important fournisseur direct de service d'aide sociale non gouvernemental, l'Armée dessert annuellement près de 1,5 million de personnes au Canada par l'entremise de divers programmes. Les 100 000 membres au Canada embrassent toujours la théologie méthodiste en prohibant l'alcool avec ferveur et en partageant leurs croyances par le culte et le service à la communauté.

Ses membres, son culte et sa diffusion de l'Évangile font de l'Armée une église suburbaine communautaire. Certains groupes de membres évangélistes se nomment toujours salutistes, comme auparavant, et évangélisent les défavorisés, comme l'Armée le faisait par la passé.

En général, la plupart des membres maintiennent les valeurs de la classe moyenne et pratiquent un culte très semblable à celui des autres églises évangéliques modernes. Les salutistes se distinguent par leur uniforme (obligatoire pour les offices et porté moins fréquemment par les soldats), leur fanfare au cours des réunions, leur abstinence et leur non-respect des sacrements et leur nombre important de femmes prédicatrices. De nos jours, le style évangélique de l'Armée est en général moins conflictuel et agressif que par le passé.

Le programme de formation des officiers sous la tutelle de l'Armée est considérablement différent et met maintenant plus d'accent sur la scolarité. L'Armée a consolidé son programme de formation des collèges de St. John's et Toronto pour n'avoir qu'un programme à Winnipeg. Les cadets participent aux cours offerts par l'établissement d'arts libéraux de l'Armée, William and Catherine Booth College (1982). Les futurs officiers de l'Armée sont incités à combler les attentes de l'organisation en obtenant un baccalauréat.

L'aile sociale de l'Armée a grandement été influencée par les coupures gouvernementales et l'attitude sociale changeante. La fermeture des services sociaux pour femmes dans la plupart des hôpitaux de la Grâce est l'un des changements les plus importants. La diminution des subventions gouvernementales fédérales et provinciales aux oeuvres charitables force l'Armée a éliminer plusieurs services offerts à l'Hôpital de la Grâce de Halifax, Labrador City, Calgary, Ottawa, Windsor et St John's, ne laissant que deux hôpitaux gérés entièrement par l'Armée du Salut : Winnipeg Grace et Scarborough Grace. L'Armée offrir des soins continuels et de réadaptation au Toronto Grace Health Centre et la Catherine Booth Hospital à Montréal ainsi que quatre hospices à Calgary, Regina, Richmond et Winnipeg. Elle se charge également de quatre centres pour adultes accusant un retard de développement, de seize résidences de soins à long terme pour personnes âgées, de six centres multiservices pour femmes et pour mères célibataires et de deux établissements de traitement pour enfants.

Mis à part ces programmes, les principaux domaines de services sociaux de l'Armée sont les programmes d'addiction et de réhabilitation pour les gens aux prises avec les drogues ou l'alcool, les services résidentiels fournissant des foyers et des abris d'urgence aux hommes et femmes dans plus de 40 villes canadiennes, les services communautaires et familiaux dans environ 175 villages et villes distribuant nourriture, vêtements et meubles aux familles dans le besoin dans les situations d'urgences et les services correctionnels et juridiques, notamment les centres de programmes communautaires et résidentiels pour les jeunes.

L'Armée offre également des camps pour les enfants défavorisés et pourvoit en personnel des centres de prévention du suicide. La campagne Red Shield, la campagne des marmites de Noël et les milliers de bénévoles civils de l'Armée contribuent grandement à plusieurs communautés canadiennes.


Lecture supplémentaire

  • R.G. Moyles, The Blood and Fire in Canada (1977).

Liens externes