Daniel Bélanger

Daniel Bélanger, auteur-compositeur-interprète, écrivain (né le 26 décembre 1961 à Montréal, Québec). Parolier contemporain à l’esprit rêveur, il devient dans les années 1990 une figure incontournable du monde francophone de la musique. Depuis, il poursuit sa quête d’exquisité en composant des textes et des mélodies qui se distinguent par leur richesse et leur profondeur.

Daniel Bélanger
Daniel Bélanger lors de la F\u00eate nationale du Québec \u00e0 Montréal, place des Festivals, \t23 juin 2015

Enfance et formation

Issu d’un milieu modeste où sa mère s’adonne au piano et son père à la guitare et au violon, Daniel Bélanger se souvient des fêtes familiales animées par la musique. Multi-instrumentiste, il s’intéresse à cette discipline de façon autodidacte dès l’enfance, affichant une préférence pour les artistes qui se démarquent en français, comme Jacques Brel, Robert Charlebois et Charlélie Couture.

À l’âge de 21 ans, il forme le groupe Humphrey Salade, avec lequel il offre des spectacles sur quelques scènes montréalaises. En 1986, il participe en solo au concours Rock Envol de la Société Radio-Canada, au Club Soda, et se classe deuxième parmi les finalistes.

Premiers succès

Trois ans plus tard, il obtient une bourse qui lui permet d’enregistrer son premier album, Les insomniaques s’amusent. C’est avec le réputé guitariste et arrangeur Rick Haworth qu’il peaufine cette réalisation musicale parue en juin 1992. Avec son vidéoclip de la pièce « Opium », un véritable chef-d’œuvre de minutie qui remporte d’ailleurs un prix Félix au gala de l’ADISQ, il séduit un public de tous les âges. Rapidement, Les insomniaques s’amusent est certifié platine pour avoir dépassé les 175 000 exemplaires vendus (voir Music Canada). Se distinguant aussi grâce à des titres comme « Ensorcelée », « La folie en quatre » et « Sèche tes pleurs », l’album vaut à l’artiste le prix Félix Album de l’année – Pop/Rock au gala de l’ADISQ 1993 et quatre autres Félix en 1994 : Album de l’année – Meilleur vendeur, Interprète masculin de l’année, Spectacle de l’année – Auteur-compositeur-interprète et Vidéoclip de l’année.

Daniel Bélanger participe ensuite aux Francofolies de La Rochelle, en France. Il revient au Québec avec un prestigieux prix SACEM (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique).

Pendant trois ans, il travaille à l’élaboration d’un deuxième projet musical intitulé Quatre saisons dans le désordre. Quelques mois après sa sortie en 1996, cet album est lui aussi certifié platine. Les extraits « Les deux printemps », « Les temps fous », « Sortez-moi de moi » et « Je fais de moi un homme » occupent une place importante sur les ondes de la radio francophone. Bélanger remporte deux prix Félix au gala de l’ADISQ, dont l’Album de l’année – Pop/Rock et l’Auteur ou compositeur de l’année.

En février 1998, en tournée solo sur les routes du Québec, l’artiste rédige et publie sur le Web une chronique hebdomadaire intitulée Seul dans l’espace. Ce carnet de voyage renforce, durant toute sa tournée, le lien qu’il entretient avec son public. Par la suite, en 1999, il publie l’album triple Tricycle, qui propose des enregistrements réalisés en direct durant ses tournées Les insomniaques s’amusent, Quatre saisons dans le désordre et Seul dans l’espace.

Par la suite, Bélanger compose pour le film Le dernier souffle (1999), de Robert Ciupka, une pièce musicale qui récolte une nomination au prix Génie de la Meilleure chanson originale en 2000. Six ans plus tard, la pièce qu’il produit pour la trame sonore du film L’audition, de Luc Picard, lui vaut le prix Jutra de la Meilleure musique de film pour l’année 2006.

Explorations

Tenté par l’aventure littéraire, Daniel Bélanger fonde la maison d’édition Coronet Liv en 1996. Puis, en 2000, il publie Erreur d’impression, un recueil de 150 courts textes qui fait le bonheur de ses fans. Par ailleurs, il participe à des spectacles marquants, notamment en compagnie de Michel Rivard et Jean-Pierre Ferland à l’occasion de l’ouverture des 12e FrancoFolies de Montréal. Son public le retrouve aussi avec le bassiste Marc Déry et le percussionniste Mino Cinelu dans le cadre des FrancoFolies sur la route, une tournée de spectacles présentés dans dix localités du Québec et mettant en vedette à chaque endroit un artiste invité différent.

C’est en octobre 2001 que l’auteur-compositeur lance son quatrième album, Rêver mieux. Avec celui-ci, on entre dans un monde plus rythmé. On sent toute la profondeur de la démarche de l’artiste en vue de donner des sonorités, des couleurs nouvelles à sa musique et à ses textes d’une grande authenticité. Une fois de plus, c’est le succès. Bélanger remporte sept prix Félix à l’ADISQ en 2002 (incluant les prix à l’industrie) et l’année suivante, il obtient plusieurs autres distinctions, dont le prix Juno de l’Album francophone de l’année.

À la fin de l’automne 2003, Daniel Bélanger étonne son public avec Déflaboxe, un album concept de musique électronique. Il récidive en avril 2007 avec L’échec du matériel, dans lequel il chante une vision un peu obscure du monde et aborde des thèmes comme la dépersonnalisation de l’individu et les enjeux environnementaux. Cet album lui permet de décrocher le prix Félix Auteur ou compositeur de l’année (2007). Puis, en novembre 2008, il lance l’album double Joli chaos, offrant à la fois une compilation de ses chansons les plus populaires et 10 pièces inédites. Il s’ensuit une tournée estivale en 2009.

Adaptations musicales

Parmi ses multiples projets, Bélanger collabore en 2009 avec le metteur en scène René Richard Cyr à une adaptation musicale de la pièce Les Belles-sœurs de Michel Tremblay. Pour composer ces pièces musicales, l’artiste s’inspire du style motown des années 1960. Il voit une similitude entre le blues des Afro-Américains et la douleur, différente mais bien présente, des personnages de Tremblay. La nouvelle mouture de la pièce, jouée au Théâtre d’Aujourd’hui à partir de mars 2010 puis en tournée à travers le Québec et la France, récolte d’innombrables éloges.

Également en 2009, Bélanger crée les airs du spectacle écolo-musical de Dominic Champagne et Jean Lemire, Paradis perdu. L’auteur-compositeur passe ensuite à un son plus soul, rhythm’n blues et même funky avec un nouvel album intitulé Nous (2009) qu’il coréalise avec le bassiste JF Lemieux et pour lequel il remporte en 2010 le prix Félix Album de l’année – Pop/Rock.

Après l’écriture d’un roman-chanson intitulé Auto-stop, publié aux éditions Les Allusifs en 2011, il collabore à nouveau avec Michel Tremblay et René Richard Cyr en signant la musique de la pièce Le chant de Sainte Carmen de la Main.

Tournant mélodique

En 2013, Bélanger surprend à nouveau ses fans en leur offrant un album au style « rockabilly ». Cette fois, l’artiste se laisse prendre au jeu lorsque lui vient en tête une musique lui rappelant celle qu’écoutait son père. Il plonge librement dans cet univers country, et l’inspiration l’amène à composer d’autres pièces dans ce style. L’album qui en découle, Chic de ville, est enregistré en partie au Blackbird Studio de Nashville, au Tennessee. Les cordes sont arrangées et dirigées par l’Américain Carl Marsh, qui a également travaillé avec d’autres artistes canadiens tels que Jim Corcoran, Diane Tell, Shania Twain et le Cirque du Soleil. Les musiciens Ben Caissie (batterie), Richard Gélineau et Eddy Blake (contrebasses), Alex McMahon (piano), Guillaume Ozoux et Noël Thibault (guitares) viennent ajouter leur charme et leur caractère à cette œuvre maîtresse.

En juillet 2014, Daniel Bélanger reçoit, pour son apport exceptionnel et original à la culture francophone, le prix Miroir de la Renommée remis par le Festival d’été de Québec. Pour Bélanger, l’engagement social passe par le fait de chanter en français

En novembre 2016, l'auteur-compositeur propose Paloma, un tout nouvel album dont le mixage a été fait à Los Angeles et Montréal. Succès critique, l'album récolte huit nominations au gala de l'ADISQ de 2017. Il est récipiendaire des ​prix Félix de l’Album de l’année ― Pop, Spectacle de l’année ― Auteur-compositeur-interprète et Sonorisateur de l’année. Pour une deuxième fois en carrière, Bélanger reçoit le prix Juno (2018) de l’album francophone de l’année. Le public québécois peut donc compter, parmi ses artistes, un poète intègre doublé d’un musicien ingénieux et innovant.


Liens externes