Bigot, François

Après la prise de Louisbourg en 1745 par les Britanniques, Bigot est réaffecté au Canada en 1748, contre son gré, pour prendre la tête du gouvernement civil de la Nouvelle-France.

Bigot, François

François Bigot, Commissaire ordonnateur de l'Île Royale de 1739 à 1745, intendant de la Nouvelle-France de 1748 à 1760 (bapt. à Bordeaux, France, 30 janv. 1703 -- Neufchâtel, Suisse, 12 janv. 1778). On se souvient surtout de Bigot pour ses fraudes, d'une telle ampleur qu'elles ont mené à la CONQUÊTE de la Nouvelle-France par les Britanniques pendant la GUERRE DE SEPT ANS.

Après la prise de Louisbourg en 1745 par les Britanniques, Bigot est réaffecté au Canada en 1748, contre son gré, pour prendre la tête du gouvernement civil de la Nouvelle-France. Les commerçants ont tôt fait de se plaindre que seuls les amis de Bigot se voient accorder les contrats d'approvisionnement du gouvernement. Il est rappelé en France en 1754 pour répondre à ces accusations. Ses explications semblent satisfaisantes puisqu'il est envoyé de nouveau au Canada en 1755.

Les dépenses du gouvernement pour le Canada pendant la guerre de Sept Ans passent d'un peu plus de 6 millions de livres en 1755 à plus de 30 millions en 1759. Le gouvernement français croit que Bigot et ses associés (voirGRANDE SOCIÉTÉ) ont volé une grande partie de cet argent. À la suite d'un des grands procès de Paris, connu sous le nom de l'« Affaire du Canada », Bigot est condamné à « rembourser » 1,5 millions de livres à la Couronne française en 1763. La confiscation de quelques-unes de ses propriétés permet de payer une partie de la somme. Exilé en Suisse, Bigot finit ses jours dans la disgrâce et une pauvreté relative.

Depuis, les historiens ne s'entendent pas sur la nature criminelle de ses agissements. Selon le plus récent consensus, son comportement était propre à son époque et les dépenses exorbitantes ont été générées par la guerre et le blocus britannique. En fait, Bigot était un administrateur extrêmement doué. Cependant, il présidait aussi des banquets et des bals somptueux qui scandalisaient le clergé du Canada, et sa passion pour le jeu était notoire.